Se connecter« J'ai réservé un après-midi spa, » annonça Maya en entrant dans le bureau d'Avalina, un sourire déjà chargé de sous-entendus. « Rien que nous deux. »« Ça sonne suspect, formulé comme ça. »« Pourquoi ce serait suspect ? »« Parce que la dernière fois que tu as dit "rien que nous deux", on a fini par toute une équipe de team-building improvisée par Lucas. »Maya leva les mains en signe d'innocence totale. « Cette fois, c'est vraiment juste nous. Promis. »Ce ne fut, bien entendu, pas tout à fait le cas.…À peine arrivées au spa, installées dans les peignoirs moelleux fournis par l'établissement, Avalina et Maya furent interrompues par l'arrivée bruyante de Leslie, suivie de près par Isabella, visiblement résignée depuis le début à cette intrusion.« Nous ne dérangeons pas, j'espère, » lança Leslie, sans la moindre trace de sincérité dans la question, en s'installant directement sur le fauteuil massant voisin.« Grand-mère, » soupira une voix depuis l'entrée. C'était Alexander, venu
L'invitation était arrivée sous une forme presque anodine : un déjeuner, au siège du Groupe Carter, avec Victor et Adrian. Rien qui, sur le papier, aurait dû inquiéter Alexander.Il comprit son erreur dès qu'il franchit la porte du salon privé et découvrit qu'aucune place n'était prévue pour Avalina.« Elle ne sait pas que tu es ici, » précisa Adrian, s'installant sans grande cérémonie, un sourire qui n'avait rien de rassurant aux lèvres.« Je m'en doutais un peu, en effet. »Victor, en bout de table, désigna simplement la chaise face à lui. « Asseyez-vous. »Alexander s'exécuta, gardant un calme qu'il ne ressentait qu'à moitié. Il avait affronté des conseils d'administration hostiles, des négociations à plusieurs milliards, des journalistes retors. Rien, pourtant, ne ressemblait tout à fait à ce regard de Victor, qui semblait déjà tout savoir avant même d'avoir posé une question.« Vous savez pourquoi vous êtes ici, » commença Victor.« J'imagine que oui. »« Dites-le. »Alexander so
Le dimanche matin s'annonça aussi lumineux que le reste du week-end.« J'ai un programme, » annonça Lucas au petit-déjeuner, un plan griffonné à la main.« Ça commence mal, » soupira Noah, la bouche pleine de céréales.« Road trip le long de la côte ce matin. Quads l'après-midi. Et pour ce soir... » Il marqua une pause théâtrale. « Une surprise. »« Tu ne sais pas garder un secret plus de dix minutes, Lucas. »Alexander, en train de préparer le café pour tout le monde, glissa une tasse vers Avalina sans un mot, un geste devenu presque automatique entre eux. « Tu es partante pour tout ça ? »« Si tu conduis le quad avec moi, oui. »« Je pensais que tu voudrais le tien. »« Je préfère te regarder essayer de suivre le rythme. »Il sourit, amusé par le défi à peine voilé. « On verra qui suit qui. »---Le road trip du matin les mena le long de la côte, la voiture de Lucas transformée en haut-parleur ambulant malgré les protestations générales. Alexander et Avalina, installés à l'arrière,
« J’ai une proposition, » annonça Maya un lundi matin, s’invitant dans le bureau d’Avalina avec un enthousiasme qu’elle ne cherchait pas à cacher.« Si ça vient de Lucas, la réponse est non par principe. »« Ça vient de moi, pour une fois. » Maya s’assit, un sourire large aux lèvres. « Un week-end. Tous ensemble. Une maison au bord d’un lac, à deux heures d’ici. J’ai déjà réservé, en fait. »Avalina leva un sourcil, amusée. « Tu as réservé avant de me demander mon avis ? »« Je te connais. Si je demandais, tu trouverais une excuse liée au travail. Alors j’ai supprimé l’option. »Avalina éclata de rire, incapable de contredire cette logique. « Qui d’autre est au courant ? »« Adrian, évidemment. Lucas et Noah, qui ont déjà commencé à se disputer sur qui apporterait la nourriture. Et j’ai pris la liberté d’inviter Alexander. »« Maya. »« Quoi ? C’est un week-end détente entre gens qui comptent les uns pour les autres. Il compte, non ? »Avalina n’eut pas de réponse à opposer à ça, et s
William reparti, Avalina resta un long moment seule dans son bureau, les mots de cette conversation encore trop vifs pour être partagés tout de suite. Ce n’est qu’en fin de journée qu’elle se décida à frapper à la porte d’Adrian.« J’ai besoin de te parler. Vraiment te parler. »Adrian, alerté par son ton, referma aussitôt son ordinateur. « Qu’est-ce qui se passe ? »Elle lui raconta tout, sans rien omettre — la photographie, William qui l’avait reconnue dès son arrivée dans la famille Blackwood, les toiles gardées en secret pendant toutes ces années, l’aveu de ses véritables sentiments. Adrian écouta en silence, la mâchoire de plus en plus serrée, jusqu’à ce qu’elle termine.« Il savait depuis le premier jour. Et il n’a rien dit. Ni à toi, ni à moi, ni à personne. »« Il le regrette, Adrian. Sincèrement, je crois. »« Ça ne répare rien. » Il se leva, faisant les cent pas, avant de s’arrêter net. « Tu comptes faire quoi, maintenant ? »« Il veut me montrer les toiles que j’ai peintes
William n’avait pas prévenu.Il se présenta un mardi après-midi au siège du Groupe Carter, sans rendez-vous, ce qui suffit à alerter la réceptionniste, puis Maya, puis Avalina elle-même, qui le fit entrer dans son bureau avec une prudence teintée de curiosité.« Tu ne m’as jamais rendu visite ici. »« Il y a un temps pour tout. » William observa la pièce, s’arrêtant un instant sur une toile accrochée près de la fenêtre — un paysage abstrait, des teintes de bleu profond, une signature discrète dans le coin. « Celle-là, je ne la connaissais pas. »« Une des premières que j’ai faites après avoir quitté ta famille. »« Elle est magnifique. » Il se tourna vers elle, un sourire triste aux lèvres. « Comme toutes les autres. »Avalina fronça les sourcils, sentant que cette phrase portait plus de poids qu’elle n’en avait l’air.« De quoi parles-tu ? »William s’assit, sans y être invité, prenant le temps de choisir ses mots comme un homme qui savait qu’il n’aurait pas de seconde chance pour bi
La ville n’était pas exceptionnelle.Pas dans le sens où le monde l’entendait.Pas de gratte-ciel vertigineux. Pas de flux constant de véhicules haut de gamme. Pas de regards levés vers des figures connues.Et c’était précisément pour ça qu’elles étaient là.Une visite technique au départ. Étudier
La lumière froide des écrans se reflétait dans les yeux d’Avalina, immobile au centre de la pièce.Autour d’elle, le silence n’était pas vide. Il était rempli d’activité. D’informations. De décisions invisibles.Des lignes de code défilaient sur plusieurs interfaces. Des modèles en trois dimensions
La résidence Blackwood n’avait jamais été aussi silencieuse.Mais ce silence n’était pas paisible.Il était instable.Fragile.Presque… fissuré.Ethan se tenait dans son bureau, les yeux fixés sur l’écran devant lui. Les lumières de la ville se reflétaient dans la vitre derrière lui, mais il n’y pr
La porte du salon se referma derrière Avalina dans un silence presque irréel.Aucun mot ne l’avait suivie.Aucun pas ne l’avait retenue.Et pourtant… elle sentait encore leurs regards dans son dos.Le doute.L’incompréhension.Et surtout…Cette certitude erronée.Ils pensaient qu’elle reviendrait.







