LOGINChapitre 106
Isabelle
La porte de la cave s'ouvre à nouveau, et cette fois, c'est Sophia qui descend les marches. Elle a troqué son manteau noir contre une robe plus légère, un fourreau de soie pourpre qui épouse son corps amaigri et souligne la pâleur cadavérique de sa peau. Ses cheveux sont relevés en un chignon sophistiqué, maintenu par des épingles en argent, et ses lèvres
Chapitre 117EliotLa carcasse du fourgon gît au fond de la carrière comme une bête morte, les pneus crevés, les vitres brisées, la tôle maculée de boue et de rouille. Mes hommes ont établi un périmètre de sécurité, et les techniciens de la police scientifique s'affairent autour du véhicule, prélevant des échantillons, photographiant les traces. L'air est glacé, chargé d'une humidité qui pénètre les os, et le vent soulève des tourbillons de poussière qui dansent au soleil pâle du matin.Je suis accroupi près de la portière ouverte, les coudes sur les genoux, et je scrute l'intérieur du fourgon. Des cordes coupées, des traces de sang séché sur le plancher métallique, un bâillon souillé, une bo
Chapitre 116HubertLe bureau de ma demeure est une pièce que j'aime pour son silence, ses boiseries sombres, l'odeur du cuir et du papier ancien qui imprègne les murs. Mais aujourd'hui, ce silence m'oppresse. Il est lourd de l'absence de mes filles, de l'absence d'Isabelle, de l'absence de Lucas. Chaque minute qui passe est un coup de poignard supplémentaire dans ma poitrine de père et de beau-père. Je suis assis derrière mon bureau, les mains croisées sur le sous-main en cuir, et je fixe le téléphone comme s'il allait sonner, comme si la police allait m'annoncer qu'ils les ont retrouvés, sains et saufs.Mais le téléphone reste muet.Agatha est dans le salon, prostrée. Elle ne mange plus, ne dort plus. Elle se consume de culpabilité, et je ne sais plus quoi lui dire pour la réconforter. Les mots
Chapitre 115LucasLe silence de l'aube est trompeur. Il enveloppe la vieille ferme d'une paix apparente, comme si les pierres elles-mêmes retenaient leur souffle, comme si la montagne tout entière attendait quelque chose. Je ne dors pas. Je n'ai pas dormi de la nuit, les yeux fixés sur la porte de la cave, les sens en alerte, le corps tendu comme un arc. Isabelle s'est enfin assoupie, épuisée par la douleur et la tension, sa tête reposant contre son bras lié. Elle a réussi à entamer sa corde, je l'ai vue, je l'ai entendue. Ma femme est une guerrière. Et sa bataille silencieuse m'a redonné une raison de me battre.La porte s'ouvre. Les gonds rouillés grincent, et Rodrigo apparaît en haut des marches, une tasse de café à la main, le visage fatigué, les yeux cernés. Il a troqué son costume de la veille
Chapitre 114IsabelleLe silence qui suit le départ de Sophia est plus lourd qu'un hurlement. Il s'installe sur ma poitrine comme une chape de plomb, oppressant, étouffant. Mes bras sont toujours liés au-dessus de ma tête, mes épaules en feu, mes poignets à vif. Les mots de ma sœur tournent dans ma tête, un manège infernal. « Intouchable. Vous êtes piégés. Personne ne viendra vous sauver. »Je ferme les yeux, tente de repousser le désespoir qui m'envahit. Lucas dort, à quelques mètres de moi, attaché à son anneau, le visage marqué par la fatigue et les coups. Sa respiration est régulière, mais son front est plissé, même dans le sommeil. Il lutte. Il lutte encore, même inconscient.Je ne dois pas abandonner. Pour lui. Pour Lucien. Pour n
Chapitre 113SophiaLa cave est mon théâtre, et Isabelle, mon public captif. Je descends les marches lentement, savourant chaque craquement du bois sous mes talons, chaque oscillation de la lampe tempête qui projette des ombres dansantes sur les murs de pierre. L'air est froid, humide, chargé de l'odeur de la terre et de la peur — sa peur, qui imprègne chaque recoin de cette prison comme un parfum entêtant. Je la hume avec délice. C'est l'odeur de ma victoire.Isabelle est agenouillée contre le mur, les bras liés au-dessus de la tête, la robe déchirée, les cheveux collés par la sueur et la poussière. Ses yeux noisette, si semblables à ceux de notre mère, lèvent vers moi un regard où la terreur le dispute à la haine. Elle ne pleure plus. Elle a épuisé ses larmes
Chapitre 112LucasLa corde est rugueuse, mais elle cède. Lentement, fibre par fibre, elle s'effiloche sous mes frottements répétés. Depuis des heures je ne sais plus combien exactement, le temps n'a plus de sens dans cette cave je travaille mes liens contre l'angle de pierre du mur, profitant de chaque absence de Rodrigo pour user le chanvre qui me retient prisonnier. Mes poignets sont en sang, la peau à vif, mais la douleur est un moteur, un rappel constant de ce qui est en jeu. Isabelle. Sa vie. Notre liberté.La porte de la cave est restée ouverte, là-haut, après le départ de Sophia. J'entends les bruits de la maison, des pas étouffés, des éclats de voix. Rodrigo et ses hommes s'affairent, préparent quelque chose, je ne sais pas quoi. Mais ils sont occupés. Distraits. C'est ma chance.Un craqu
Chapitre 52LucasJe n'ai pas dormi.Allongé sur le lit, je fixe le plafond comme s'il allait me livrer les secrets de l'univers. À côté de moi, Isabelle dort enfin, elle s'est endormie vers trois heures, &e
Chapitre 49SophiaL'appartement d'Anselme est une porcherie. Un studio minable dans un quartier populaire de Naples, au troisième étage d'un immeuble sans ascenseur, où les murs suintent l'humidité et où l
Chapitre 39Point de vue d’IsabelleLa chaleur de la douche est encore présente sur ma peau lorsque je sors lentement de la salle de bain.Une légère vapeur flotte enc
# Chapitre 38## Point de vue de LucasDepuis plusieurs semaines…Le silence d’Isabelle est devenu ma pire punition.Installé derrière l’immense bureau noir de mon en







