تسجيل الدخولAurore rit. Sa main se resserre sur mon entrejambe. Elle palpe mon érection à travers le tissu. Je sens la chaleur de sa paume à travers deux épaisseurs de tissu.— Il n’ose pas bander devant nous, dit-elle. C’est trop tard, mon chou. On a déjà vu.Camille pose sa fourchette. Le bruit de l’argent contre la porcelaine résonne dans le silence. Elle se penche vers moi. Sa main se pose sur mon genou. Puis remonte. Elle rejoint celle de sa sœur. Les deux mains sur ma braguette. Les doigts d’Aurore sont brûlants. Ceux de Camille sont froids.— Tu sens, dit Camille. Il est dur comme du bois.— Laissez-le, dit Hélène. Vous allez le faire exploser.— Justement, dit Aurore. J’ai envie de voir.Elles ne lâchent pas. Leurs doigts s’agitent, remuent, pressent. La braguette de mon pantalon se tend. Le bouton menace de sauter. Je vais jouir dans mon slip, comme un gamin de quinze ans. Je sens la vague monter au fond de mon ventre. La chale
GabrielJe descends pour le dîner. J’ai mis une chemise propre. Blanche, à manches longues, que j’ai repassée dans la salle de bain avec un fer trouvé dans le placard. J’ai tenté de me coiffer. Mes cheveux sont trop longs, ils retombent sur mon front. J’ai passé de l’eau, j’ai plaqué, ça ne tient pas. Rien n’y fait. J’ai l’air d’un gamin perdu dans une maison de grands.Le couloir est sombre. Les portes sont fermées. J’entends des voix, des rires, des bruits de verres qui s’entrechoquent. Le salon est immense, éclairé par des bougies posées sur la cheminée et sur la table. Une vingtaine de bougies, peut-être plus. La lumière vacille, danse sur les murs, fait bouger les ombres. Ça sent la cire chaude et le bois précieux.Mon oncle Sébastien est déjà là, un verre de whisky à la main. Il est debout devant la cheminée, les épaules larges, le ventre un peu rond. Il a une barbe grisonnante, des sourcils épais, des yeux clairs. Il me toise de haut en ba
Son sourire est trop large. Elle sait. Elle sait que je regarde ses fesses. Elle a tout prévu. La robe de chambre, la culotte invisible, l’escalier juste assez étroit pour que je ne puisse pas détourner la tête sans me tordre le cou. Je me sens nu, alors que je suis habillé. Je me sentir plus habillé de ma vie.Ma chambre est au fond du couloir. Le couloir est long, sombre, tapissé d’un papier peint à fleurs fanées. Des portes de chaque côté. Certaines sont fermées. D’autres entrouvertes. J’entends un bruit de radio quelque part, une voix d’homme qui parle de la météo. Hélène ouvre la porte de ma chambre, s’efface. Je pose ma valise sur le lit. Le lit est grand, recouvert d’un drap blanc, avec des oreillers trop moelleux. Une fenêtre donne sur le jardin. Je vois la piscine, l’eau bleue qui miroite au soleil.Elle reste sur le seuil, un bras contre le chambranle, la robe qui s’entrouvre un peu plus. Je vois le haut de son sein gauche. L’aréole est brune, large.
À 19 ans, Gabriel débarque chez son oncle Sébastien, notaire cossu d’une ville portuaire, pour fuir sa campagne morose. Dans la grande maison bourgeoise, il est aussitôt happé par un tourbillon de désirs contraires : sa tante, Hélène, quarantenaire énigmatique au regard de braise, irradie une sensualité glaciale. Il y a aussi Aurore, l’aînée, solaire et audacieuse, et Camille, la cadette, mystérieuse et mélancolique. Très vite, Gabriel sent que chaque femme le manipule à sa façon. Hélène avive sa passion par des rejets calculés, jouant de son interdit (l’épouse de l’oncle) pour mieux l’humilier puis le reconquérir. Aurore, elle, excelle dans l’art de provoquer la jalousie : elle l’attire, le brûle de baisers volés, puis se retire en riant de sa détresse. Camille, enfin, feint la fragilité pour qu’il la protège, tout en savourant de le voir tiraillé entre les trois femmes. Sébastien, l’oncle, semble d’abord aveugle, puis se révèle le plus
Tout cela défile dans ma mémoire comme un roman dont je tournerais les pages, un roman que j'ai vécu, un roman que j'ai failli ne pas terminer. Et je mesure le chemin parcouru, l'immense chemin qui m'a menée de la petite orpheline misérable à la femme que je suis aujourd'hui : une épouse aimante, une mère comblée, une médecin respectée. Une survivante. Une vainqueure.Hadrien repose Claire, qui repart en courant vers le fond du jardin avec Ulysse sur ses talons. Il se rassied à côté de moi, il reprend ma main dans la sienne, et nous restons silencieux, à contempler notre fille, notre jardin, notre vie.— Tu sais à quoi je pense ? dit-il soudain.— Dis-moi.— Je pense à mon père. Je pense au fait qu'il n'a jamais connu cela. Qu'il n'a jamais connu la joie simple de regarder son enfant jouer dans un jardin. Qu'il n'a jamais connu la paix, la sérénité, le bonheur tranquille. Il a passé sa vie à accumuler de l'argent, du pouvoir, des secrets
IsadoraDes années ont passé. Combien exactement ? Six, sept, huit peut-être. Le temps n'a plus la même signification qu'autrefois. Autrefois, chaque journée était un combat, chaque heure une épreuve, chaque minute une menace. Aujourd'hui, le temps coule doucement, paisiblement, comme la rivière qui serpente derrière notre maison. Aujourd'hui, le temps est un ami.C'est un après-midi de printemps, un de ces après-midi où l'air est si doux qu'il caresse la peau, où le ciel est d'un bleu tendre semé de petits nuages blancs qui glissent paresseusement vers l'horizon. Le cerisier du jardin est en fleurs, comme chaque année à cette saison, et ses pétales blancs et roses tourbillonnent dans la brise avant de se poser délicatement sur l'herbe. Les roses trémières le long du mur sont plus hautes que jamais, leurs hampes chargées de fleurs écarlates et roses qui attirent les abeilles et les papillons.Je suis assise sur le banc de pierre, à l'ombre du cer
IsadoraLa convocation arrive sur un plateau d'argent, portée par une domestique au visage impassible. Un simple carton blanc, gravé aux armes de la famille, avec ces quelques mots tracés d'une écriture fine et acérée : "Mademoiselle Moreau est attendue dans le bureau de M. Hadrien Delacroix à dix-
IsadoraLe jardin d'hiver est une serre immense, adossée à la façade arrière de la maison, que l'on rejoint par un couloir vitré. C'est un lieu magique, un paradis de verdure et de lumière, où poussent des plantes exotiques venues des quatre coins du monde. Des palmiers nains, des fougères arboresc
IsadoraLe lendemain, le soleil brille sur la ville comme si la nuit précédente n'avait été qu'un rêve. Le vent est tombé, les nuages se sont dispersés, et un ciel d'un bleu limpide s'étend au-dessus des toits. C'est une journée magnifique, une journée d'automne comme on en voit rarement, chaude et
IsadoraÀ vingt heures précises, je descends l'escalier, vêtue de ma plus belle robe , une robe en velours bleu nuit que ma mère m'a offerte pour mes dix-huit ans, trop élégante pour la campagne, trop modeste pour la ville. Mes cheveux sont relevés en un chignon lâche, mes joues sont légèrement pou







