登入Cet enthousiasme. L'attitude de David. Les événements de la veille. Et ce prénom qui résonnait au plus profond de moi.
Stella. Je me tournai face à David qui avait le regard baissé. Ma gorge était nouée ; les mots peinaient à sortir. Une sensation de brûlure inondait ma poitrine. J'étais spectatrice de ma vie. Tout s'effondrait. Je le fixai un moment, mon cœur hurlait. Je voulais en savoir plus, mais je n'avais pas la force de demander davantage. Sans rien comprendre de tout ce qui m'arrivait, au fond de moi j'étais brisée. Il se leva tout doucement. Moi, je ne le quittais pas des yeux. Et il me parla sur ce ton qui avait toujours subsisté après chaque résultat de fertilité négatif, cette voix qui se voulait rassurante mais qui, en même temps, était chargée de désespoir et de tristesse. Je me revoyais dans ces situations où, chaque soir, en larmes, il essayait de me réconforter, mais avec une peine qu'il gardait au fond de lui et que je ressentais. C'était la même tonalité. La même voix, le même désespoir. Il avança vers moi. Je voulus faire marche arrière, mais on aurait dit que mes membres ne m'obéissaient plus. J'étais raide. Seul le mouvement de ma poitrine reflétait la colère, la tristesse, la désillusion qui avaient pris possession de moi. À mesure qu'il avançait, je regardais autour de moi. Mes valises. Sa mère les avait faites. Et pourquoi ? Pour que je m'en aille… Étais-je dans un cauchemar où je demeurais tout de même éveillée ? Il me prit la main. Je me retenais de ne pas pleurer. — Je… je suis désolé, déclara-t-il en s'essuyant les yeux. Je ne bougeais pas. — Je voulais te le dire plus tôt, mais je ne savais pas comment te l'avouer, ajouta-t-il en figeant ses yeux dans les miens. Je sentis mon cœur bondir dans ma poitrine. Mes mains se mirent à trembler. Je ne disais rien, mais mon cœur criait… j'attendais qu'il me dise tout. — Rebecca… murmura-t-il cette fois-ci, le regard baissé. — Avec Stella, je… ce n'était pas… Il soupira brusquement, poussant un cri étouffé qui, pour moi, signifiait : « Je suis allé bien trop loin. » Des questions fusaient dans ma tête… j'avais beaucoup trop à demander… mais je savais que j'allais encore plus souffrir. Je me retrouvais clouée sur place. Je pensais que notre couple était devenu plus fort à chaque « négatif » à l'hôpital, mais là c'était comme si mon monde venait de s'arrêter. Ma bulle éclatait ; tout se volatilisa en fumée, et le pire, je ne pouvais rien faire pour changer les choses. Je ne pouvais que le vivre, écouter, voir de mes propres yeux. Subir. Ah ! J'en avais gros sur le cœur. Tout à coup, il me prit cette fois-ci les deux mains. Il me regardait droit dans les yeux… j'y voyais une lueur intense. — Pardonne-moi ! C'était… c'était dans un moment de faiblesse ! Ne t'en fais pas, je… La porte s'ouvrit brusquement. Face à moi, une femme entra comme si elle était la propriétaire des lieux… elle me fixait et un sourire se dessinait sur ses lèvres. C'était donc elle qui m'envoyait ces messages, qui me riait au nez. Je l'avais en face de moi. Mon corps bouillonnait de colère à sa vue. Je n'avais jamais éprouvé un tel sentiment de ma vie. Mais la voir face à moi faisait ressurgir le pire de ma personne. Je ne sus à quel moment mes mains avaient quitté celles de David. Une vive colère monta. Je le bousculai, et je n'avais qu'une hâte en tête : la mettre à la porte. Je me ruai jusqu'à elle, le regard de marbre. — Sors d'ici !! dis-je d'un ton modéré. Elle ne bougea pas. — SORS D'ICI ! C'EST CHEZ MOI ICI !! m'exclamai-je en l'empoignant par le bras. Et là, je sentis la main ferme de David m'attraper le bras. — David… murmurai-je. — Rebecca, réglons ça d'une meilleure façon, s'il te plaît ! déclara-t-il. Mon cœur se brisa une nouvelle fois et je fondis en larmes. — Com… comment peux-tu me demander une chose pareille, David ? Comment ? — Rebecca, écoute-moi ! insista-t-il. — Comment, David ? — C'EST LA MÈRE DE MON ENFANT ! Cette phrase me transperça le cœur. La plaie était déjà bien profonde, mais elle s'élargissait, et mon mari, mon David, y participait pleinement. — Enfin !! s'écria sa mère. — Tu as fini par m'écouter, David. — Rebecca, il est temps de partir d'ici parce que dorénavant cette belle femme ici présente devra vivre ici parce qu'elle, contrairement à toi, nous a donné le cadeau le plus précieux. Malheureusement, toi tu n'en seras jamais capable, donc à quoi bon ? Sa voix résonnait ; ses paroles me poignardaient encore plus. Je fixais mon mari qui ne disait rien. — David, l'appelai-je dans un souffle, le cœur tremblant. Il gardait la tête baissée. — Dis quelque chose, murmurai-je, le cœur lourd. — David, mon chéri… Tu sais que je t'aime. Elle ne peut pas rester ici, dis-je, la voix emplie de larmes. David ne disait rien. — David ! Ma voix devint plus pressante. — Rebecca !! Une voix féminine surgit à l'arrière. C'était la voix de cette femme. Mon cœur se serra. — Rebecca, comprends-le une bonne fois pour toutes. Tu ne pourras jamais lui donner d'enfant. Pourquoi l'emprisonner dans ce mariage qui n'a pas de sens ? — STELLA ! hurla David. Mes yeux tournèrent ; je perdis presque mes forces. J'étais figée sur David. Je me sentais humiliée. Les larmes ruisselaient. J'étais désarmée, vulnérable, sans défense. — DAVID ! hurla sa mère à son tour. — Qu'est-ce qu'elle a dit de mal ? C'est vrai ! Rebecca ne sera jamais capable de te donner un enfant. C'est une femme stérile. Et qu'elle le veuille ou pas, Stella, elle, t'en donnera un, et c'est tout ce qui compte !! — MAMAN ! s'exclama-t-il. — David, écoute-moi ! J'en ai marre ! Rebecca, ton mari et moi nous sommes connus bien avant et nous nous aimions de tout notre cœur… Par le fruit du hasard, nous nous sommes revus et j'ai su lui apporter ce réconfort que tu ne parvenais plus à combler. Et cet enfant est arrivé. David était avec moi hier. Et on a passé l'une de nos plus belles soirées ensemble, hormis celle où nous l'avons conçu. Et crois-moi, le premier amour ne s'oublie pas aussi facilement. — FERME-LA !! hurlai-je de colère. — J'ai passé la soirée à t'attendre et j'apprends que tu étais avec elle. C'est ça, aimer, David ? Le jour de mon anniversaire en plus ! — Tu m'aimes, c'est ça ? Et après tu m'es infidèle, c'est ça ? lui lançai-je, anéantie. — Rebecca… murmura-t-il en s'avançant vers moi. — David, je suis tellement déçue !! Un rire amer sortit malgré moi. — Elle te donnera l'enfant que tu veux puisque j'en suis incapable, pas vrai ?! Puis je me tournai vers ces deux femmes dont le regard méprisant me laissait totalement indifférente. — Maman ! Vous êtes une mère. Je peux comprendre que vous vouliez le bien de votre fils. Mais détruire une femme pour cela est la pire des bassesses, surtout lorsqu'on est soi-même une mère. Elle est meilleure que moi ? Parce que je ne peux pas porter un enfant ? Les larmes coulaient à mesure que je parlais, mais je m'en fichais… ça devait sortir. — Je ne vous en veux même pas. Ce n'est pas vous que j'ai épousée. Si j'avais eu le soutien de mon mari, on n'en serait pas là. Je ne vais pas forcer. Il y a un enfant… et seulement pour cet enfant… Je me retournai vers David. Cette fois-ci, j'essuyai mes larmes, et ma rage aussi vive se figea dans mon regard. — Je décide de mettre fin à toute cette mascarade. Je n'ai pas ma place ici, encore moins dans cette famille sur le point d'accueillir leur propre enfant. — Rebecca… murmura-t-il en se rapprochant. Je me reculai instantanément. C'en était terminé. À quoi bon se battre alors qu'un bébé ne mérite pas ça ? J'ouvris une valise, en retirai un blouson, puis je la refermai. Et je regardai cette Stella droit dans les yeux. — Ne répète pas la même erreur avec cet enfant. Au moins, donnez-lui une bonne éducation. Je pris mon sac et ma valise et je descendis sans regarder en arrière. Était-ce à cela qu'une femme est confrontée lorsqu'elle n'est pas en mesure d'enfanter ? Je venais d'en payer le prix fort.David :Je l’ai vite reconnue de dos alors que je suis sorti un instant. Elle se tenait face à moi. Mon regard en resta captivé, croyant rêver. Après autant de mois, je ne pensais pas pouvoir la retrouver juste ici, en face de moi. Des souvenirs me sont revenus à l’esprit et ce sentiment d’impuissance que je ressentais lorsqu’elle a appris pour la grossesse de mon ex m’est revenu en puissance. Elle était là, à quelques pas, et je me demandais si j’étais vraiment légitime d’aller vers elle.Tout semblait s’être figé autour de nous. Plus rien n’existait pour moi. J’ai commencé à avancer, un pas après l’autre, jusqu’à elle. Et plus qu’à un toucher d’elle, son parfum, le même, m’a envahi d’un seul coup. Je nous ai tout de suite revus tous les deux, heureux et amoureux.Je ne pouvais plus faire marche arrière. J’ai déjà été lâche une fois et, cette fois-ci, après tant de temps loin d’elle, je me suis rendu compte que j’aurais dû la retenir, faire les choses différemment.Un silence s’empar
La robe était magnifique. Les détails encore plus.Ma vie avait pris un tournant inattendu. D’abord la tristesse de voir mon mariage brisé par mon incapacité à donner naissance, comme on me l’avait bien fait savoir. Puis vint cette confiance qu’Eli avait placée en moi. Cette force qu’elle avait eue pour nous deux m’avait permis de faire éclore ce rêve que j’avais déjà bien enfoui au plus profond de moi. Aujourd’hui, je me retrouvais invitée à des soirées de lancement et j’avais eu la grande opportunité, grâce à M. Ralph qui n’avait pas hésité à me laisser ma chance.Maman. Un autre miracle de Dieu dans ma vie. Et créatrice de mode. Tout ce dont j’avais toujours rêvé. Mes vœux avaient été exaucés ; j’étais prête à vivre intensément ma vie, à regarder droit devant moi, à profiter de tous les fruits de mon travail acharné.Elara m’aida à me préparer pour la soirée. À quelques minutes de notre départ, je descendis et M. Ralph était déjà en bas à m’attendre.Cette lueur dans ses yeux me fi
Le lendemain matin, Elara rentra dans ma chambre en hurlant, les yeux rivés sur son portable. J'étais loin de m'attendre à toute cette déferlante de réactions.— Rea, tu ne vas pas le croire ! s'exclama-t-elle d'une voix stridente d'enthousiasme.Elle se jeta contre le lit près de moi, alors que j'essayais encore de bercer la petite qui venait de terminer sa tétée.— Mais Eli, doucement, tu vas réveiller la petite ! m'exclamai-je à mon tour.— Tiens ! Regarde ! C'est énorme ce qui se passe.Elle me tendit le téléphone et là, je vis les vidéos republiées de la collection, les réactions de gens qui l'aimaient, donnaient leurs avis, et surtout notre site avait doublé de visites. Les gens en redemandaient encore et encore. Des commandes étaient faites.J'avais le cœur qui battait la chamade. Je n'arrivais pas à le croire.— C'est incroyable !— OUIII ! hurla Eli à son tour.— Tu te rends compte, Eli ! Déjà qu'hier je n'en croyais pas mes yeux, ce matin encore j'y crois toujours pas. Je vi
Tout me semblait tellement irréel. J’avais l’impression de rêver tant je ne m’étais jamais permis de rêver aussi grand.J’entrais dans la salle ; les regards braqués sur moi. Je ressentais toute cette vague d’amour qui m’inondait d’un seul coup. Je me suis retournée et mon regard a croisé celui d’Eli qui avait déjà un large sourire avec ses yeux luisants d’émotion.Elle me l’avait dit. Elle avait cru en moi alors que moi je ne voulais pas me permettre d’y croire. Elle a été mon roc. Et ensemble, on a réalisé ce rêve pourtant si loin de nous.Je fis face au public ; j’avais enfin trouvé le courage de les regarder dans les yeux et d’apprécier chaque instant de ce moment.À un moment de la soirée, émerveillée déjà par ces applaudissements auxquels j’essayais encore de m’habituer, à ma gauche la première ligne de femmes se leva et toutes m’acclamèrent encore une fois et cette fois-ci, des rires expressifs et des « félicitations » s’entendaient encore plus fort.— Est-ce pour moi tout ça ?
— Mesdames et messieurs, sans plus tarder, découvrez une collection audacieuse portée par une créatrice engagée, découvrez son concept : FemmeAttitude.Point de vue de RebeccaJ'avais l'impression que mon cœur avait glissé dans mon estomac en entendant le présentateur introduire ma collection.Je ne tenais plus sur place. J'avais les mains qui tremblaient de froid. Heureusement que M. Ralph ne me lâchait pas.— Tout va bien se passer, me disait-il pour me réconforter.Mon regard resta suspendu sur la salle et là, je vis ma première tenue faire son entrée.— Awww ! murmurai-je, la poitrine serrée.Elle marchait magnifiquement bien. Je m'efforçais de rester concentrée sur la tenue mais je ne pouvais m'empêcher de voir les réactions.Coup de malchance, tout le monde restait stoïque... les regards restaient suspendus comme les miens. Et les photographes, eux, se chargeaient bien de prendre les moindres détails de la tenue.J'avais 10 tenues à mon actif et chacune avait une signification p
Point de vue de Ralph GrahamToutes les lumières sont braquées sur moi ; je revenais au-devant de la scène après un an d'absence.Plus d'inspiration ? Je ne sais pas peut-être que c'est ça ou peut-être pas. Enfin, j'ai arrêté de me poser cette question au fil du temps qui passait.Je savais que ce jour était aussi exceptionnel pour moi que pour Madame Rebecca.C'est son 1er défilé et ce clin d'œil que je lui ai fait était pour la rassurer.Moi, j'en ai connu plusieurs et je me souviens bien de mes débuts, de cette chance qu'on m'avait laissée.En découvrant ses tenues sur les réseaux, ça a été le déclic ; ce regain d'enthousiasme et d'excitation m'est revenu d'un seul coup. Ce qu'elle ignore, c'est qu'elle m'a inspiré cette toute nouvelle collection qui marque mon grand retour.Ralph quitta la scène et rentra dans les coulisses où il retrouva Rebecca clouée face à la scène. Son regard semblait figé, luisant au reflet de la lumière qui s'échappait de la salle. Elle ne clignait pas des
Elara, ma petite sœur.Après mon mariage, j'eus déménagé et m'installer à Manhattan avec David où il avait trouvé du travail. En tant que son épouse, après notre mariage, je l'ai suivie. Elara étant encore au lycée, j'eus l'inscrire dans un pensionnat.Elle ne le voulait pas. Rester loin de moi alo
Un poids semblait s'être déposé sur moi.Mes yeux s'ouvrirent progressivement dans une pièce. J'oscillai le regard entre les coins et face à moi, des murs bleus.Je tentai de me relever mais on dirait qu'un poids s'était déposé.— Où suis-je ? murmurai-je tout en essayant de me redresser sur le lit
J'avais l'impression de manquer d'air.Chaque pas que je faisais et qui me rapprochait de la porte était semblable à une charge lourde sur mes épaules qui m'enfonçait bien plus bas que terre.Je m'arrêtai un moment et, au mur, nos photos étaient encore bien là, accrochées. On était heureux.Mais es
Je perdis presque l'équilibre.Mes jambes tremblaient ; j'avais l'impression que je m'écroulerais.Les frissons s'emparèrent de mon corps tout entier.Je m'agrippai contre la porte, le cœur battant si vite que je dus me serrer fortement la poitrine.Elle, ma belle-mère, était stoïque. Je n'avais ja







