登入Point de vue de GisèleUn an plus tardLe lac Léman scintillait sous le soleil de septembre, cette même lumière dorée qui avait accompagné notre installation, un an auparavant, dans cette ville qui était progressivement devenue notre foyer véritable. Assise sur notre terrasse, un café fumant entre les mains, je repensais avec une tendresse amusée à cette étudiante terrifiée qui avait franchi, un matin de rentrée, les portes d'un amphithéâtre sans se douter le moins du monde de ce qui l'attendait.— Tu rêvasses encore, remarqua William en sortant sur la terrasse, déposant un baiser léger sur ma tempe avant de s'asseoir face à moi, ses cheveux encore humides de la douche.— Je pensais à notre première rencontre, avouai-je avec un sourire nostalgique. À quel point tout cela semble loin, désormais.— Et pourtant si proche, à la fois, répondit-il, sa main venant chercher la mienne sur la table avec cette évidence tranquille qui caractérisait désormais chacun de nos gestes.Mon master en li
*Point de vue de Gisèle*Les deux dernières semaines de l'année universitaire filèrent avec une rapidité déconcertante, comme si le temps lui-même avait décidé de rattraper tous ces mois où chaque heure m'avait semblé s'étirer douloureusement sous le poids de l'angoisse.Mes derniers examens se déroulèrent dans un état d'esprit radicalement différent de celui qui m'avait habitée jusque-là : plus de crainte sourde tapie en arrière-plan, plus de vigilance constante face au moindre regard suspicieux. Je pouvais enfin me concentrer pleinement sur mes révisions, portée par cette légèreté nouvelle qui décuplait, paradoxalement, ma motivation académique.— Tu as l'air épanouie, remarqua Sarah alors que nous quittions notre dernier examen, un sourire radieux illuminant nos deux visages malgré l'épuisement des semaines précédentes. Ça fait plaisir à voir, après tout ce que tu as traversé cette année.— C'est grâce à toi aussi, répondis-je sincèrement, passant un bras affectueux autour de ses é
*Point de vue de Gisèle*Je me précipitai hors du bâtiment administratif, mon cœur battant d'une joie que je peinais encore à contenir, et composai immédiatement le numéro de William, mes doigts tremblant d'excitation plutôt que d'angoisse, pour la première fois depuis des mois.— Gisèle ? répondit-il presque instantanément, une inquiétude perceptible dans sa voix face à cet appel en pleine journée, alors que nous évitions habituellement tout contact téléphonique durant les heures de cours.— C'est fini, William, dis-je d'une traite, incapable de contenir plus longtemps cette joie débordante. L'appel de Camille a été rejeté. Elle a mentionné mon nom, mais Madame Fontaine elle-même m'a confirmé que l'accusation avait été jugée sans fondement, par manque de preuves.Un silence suivit mes paroles, suffisamment long pour que je perçoive, même à travers le téléphone, l'émotion intense qui semblait le submerger à son tour.— Tu es sûre ? demanda-t-il finalement, sa voix empreinte d'une incr
*Point de vue de Gisèle*Je me précipitai hors du bâtiment administratif, mon cœur battant d'une joie que je peinais encore à contenir, et composai immédiatement le numéro de William, mes doigts tremblant d'excitation plutôt que d'angoisse, pour la première fois depuis des mois.— Gisèle ? répondit-il presque instantanément, une inquiétude perceptible dans sa voix face à cet appel en pleine journée, alors que nous évitions habituellement tout contact téléphonique durant les heures de cours.— C'est fini, William, dis-je d'une traite, incapable de contenir plus longtemps cette joie débordante. L'appel de Camille a été rejeté. Elle a mentionné mon nom, mais Madame Fontaine elle-même m'a confirmé que l'accusation avait été jugée sans fondement, par manque de preuves.Un silence suivit mes paroles, suffisamment long pour que je perçoive, même à travers le téléphone, l'émotion intense qui semblait le submerger à son tour.— Tu es sûre ? demanda-t-il finalement, sa voix empreinte d'une incr
*Point de vue de Gisèle*Ce fut lors de la dernière semaine de mai, alors que je terminais mon avant-dernier examen de l'année, que Madame Fontaine me convoqua directement dans son bureau, une convocation qui me glaça instantanément le sang tant elle sortait de l'ordinaire.Je me présentai à l'heure indiquée, le cœur battant, incapable d'imaginer la moindre raison légitime pour laquelle la directrice adjointe souhaiterait s'entretenir directement avec moi, une simple étudiante parmi des milliers d'autres.— Mademoiselle Lambert, merci d'être venue, dit-elle en m'invitant à m'asseoir, son visage impénétrable ne trahissant absolument rien de la teneur de cet entretien à venir.— Bonjour, madame, répondis-je prudemment, m'installant sur la chaise qu'elle m'indiquait, mes mains se crispant nerveusement sur mes genoux.— Je vais aller droit au but, dit-elle, croisant ses mains sur son bureau avec une gravité qui accéléra instantanément les battements de mon cœur. L'appel déposé par Mademoi
*Point de vue de Gisèle*Les jours qui suivirent cette découverte furent teintés d'une vigilance renouvelée, chaque bruit de couloir, chaque regard un peu trop appuyé ravivant instantanément cette angoisse que nous avions crue pourtant apaisée. William, fidèle à sa promesse, entreprit discrètement de se renseigner sur l'avancement de cette procédure d'appel, sollicitant avec prudence certains contacts au sein de l'administration.— J'ai obtenu quelques informations, m'annonça-t-il un mercredi soir, alors que nous étions installés dans son appartement, le dîner refroidissant lentement devant nous tant la gravité de la conversation nous accaparait entièrement. Camille a effectivement déposé une demande d'appel, mais elle porte exclusivement sur les motifs liés au plagiat, pas sur l'accusation de chantage.Un soulagement partiel me traversa, aussitôt tempéré par une prudence persistante.— Pourquoi seulement le plagiat ? demandai-je, cherchant à comprendre cette stratégie qui, en apparen
CHAPITRE 6 [ 1 H PLUTÔT _PENDANT QUE LYSANDER ÉTAIT AVEC JULIETTE] LE POINT DE VUE DE SALOMÉJe commence à sombrer quand la porte d’entrée claque en bas.Je sursaute. Mes yeux s’ouvrent dans le noir. Un instant, je crois à un cambriolage — mais qui cambriolerait une maison aussi sécurisée ? Puis
CHAPITRE 5 LE POINT DE VUE DE LYSANDER Le bois du cadre du lit craqua sous mes jointures, un avertissement que j'ignorai délibérément. Je regardais Juliette sous moi, offerte et tremblante, ses genoux enfoncés dans le drap à fleurs fanées. Sa position, ce dos cambré et cette chatte ouverte qui m'
CHAPITRE 4 LE POINT DE VUE DE LYSANDER Je compose le numéro sans réfléchir.C’est une habitude. Un réflexe. Quand le vide devient trop grand, quand la maison est trop silencieuse, quand je sens que je vais perdre pied, j’appelle Juliette. Elle vient. Elle ne demande rien. Elle repart. C’est propr
CHAPITRE 3LE POINT DE VUE DE SALOMÉDans ma chambre, je me sens étrangement légère. Et étrangement pleine.Je ne sais pas si j’ai avancé aujourd’hui. Je ne sais pas si Élise parlera un jour. Mais j’ai fait quelque chose. J’ai été là. Je me suis assise par terre, j’ai parlé, j’ai chanté, j’ai atten







