LOGINLe soir de notre septième anniversaire, je surprends mon compagnon, l'Alpha Lorenzo, marquant ma demi-sœur Bianca , la vraie marque, celle qu'il ne m'a jamais donnée. La trahison éveille en moi un sang ancien : je suis la dernière héritière d'une lignée de vampires royaux. Aucun loup ne pouvait me marquer. Lorenzo le savait. Tous m'ont menti. Je ne crie pas. Je souris. Et j'écris à l'ennemi juré de Lorenzo, Matteo Draegon, l'Alpha hybride. Il me répond : Je t'attendais, fille des cendres. Sept ans de secrets volés me servent d'armes. Je démonte son empire de l'intérieur pendant que Matteo frappe de l'extérieur. Les alliés tombent, les caisses se vident, Bianca hurle. Le jour où Lorenzo s'effondre, il rampe à mes pieds. — Tu ne m'as jamais marquée, lui dis-je en montrant ma gorge où brillent deux morsures entrelacées. Il n'y a jamais eu que ton mensonge et ma patience. Mes crocs descendent. Mes yeux flamboient. — Et maintenant, il n'y a plus que moi.
View MoreGiuliaLes deux jours qui suivent sont les plus longs de ma vie et pourtant, je n'ai jamais tant travaillé.Il faut comprendre : je ne peux rien changer. Rien. Pas un pli de ma robe, pas une horaire de mon bain, pas une inflexion de ma voix. La Luna que j'étais avant le soir de l'anniversaire doit continuer à exister, exactement, sous les yeux d'Lorenzo et d'Bianca, sinon tout est perdu. Le moindre écart et la meute pose des questions. La moindre absence à un conseil et Bianca se glisse à ma place. Le moindre soupçon d'Lorenzo et je meurs, tout simplement, parce qu'un Alpha ne pardonne pas à une Luna qui doute.Je me lève chaque matin à la même heure. Je m'habille de la même manière. Je descends déjeuner avec Lorenzo, quand il est là, ce qui est le cas le lendemain de l'anniversaire, parce qu'il fait semblant, lui aussi, de croire que rien ne s'est passé. Il m'embrasse le front. Il commente le pain. Il se plaint des impôts du sud. Bianca apparaît, en robe simple, avec, autour du cou,
Il salue à nouveau, très bref, et il glisse hors de l'office par une porte que je ne connaissais pas, une petite porte basse qui donne, je le comprends alors, sur les jardins d'herbes. Il devait s'être renseigné avant, exactement, sur les issues de ma maison. Cela aussi me dit quelque chose de son Alpha. C'est un homme qui prépare. C'est un homme qui sait entrer et sortir des châteaux sans faire trembler les gonds.Je reste seule dans l'office. Les pots me regardent. Le beurre refroidit sur la table. La cuisinière ronfle plus fort.Je porte la main à mon corsage. J'y sens le jeton. Toujours tiède. Presque brûlant. Comme si Riccardo, en partant, y avait laissé un peu de sa présence.Je monte à ma chambre. Je passe devant celle d'Lorenzo. Sa porte est ouverte. Il n'y est pas. Miren, ma servante d'étage, y range vainement les draps. Je détourne les yeux. Je continue.Dans mon boudoir, Lucia a fait ce que j'avais dit. Le feu ronfle bas. Une bassine fume sur les braises. Les rideaux sont t
Je ferme les yeux. Une image, très ancienne, remonte : ma mère dans un jardin, un jardin de nuit, avec une lanterne à la main. Elle pleure. Un homme lui parle bas. Un homme grand, sombre, plus âgé. Je devais avoir cinq ans. On m'a fait rentrer très vite. On m'a dit c'est ton oncle. Je n'ai jamais eu d'oncle. Personne, dans la maison de mon père, n'était mon oncle. Cette scène-là a séjourné dans ma tête tout ce temps, dans un coin où je ne l'ouvrais jamais, parce que je savais confusément qu'en l'ouvrant je casserais quelque chose.Je viens de la casser.— Riccardo, dis-je.— Ma dame.— Que veut Matteo Draegon de moi.Il sourit très légèrement. C'est un sourire économe. C'est un sourire qui n'exige rien de son visage.— Il veut vous rencontrer, ma dame. Une seule fois. Une seule nuit. En terrain neutre. Après cela, vous ferez ce que vous voudrez. S'il vous plaît, vous parlerez. S'il vous déplaît, vous partirez.— Où.— Au Pont de Verlac. Dans trois nuits.Le Pont de Verlac. C'est à la
Il s'en va. Il fait ses adieux aux Anciens. Bianca, à quelques pas, joue avec le rebord de sa coupe. Elle attendra, elle. Elle attendra que la Luna soit couchée pour se glisser dans les couloirs. Elle ne se doute pas que la Luna, ce soir, ne va pas se coucher.Les invités s'en vont, un à un, par petits groupes, avec des rires trop forts et des chapeaux mal remis. La salle se vide. Les musiciens rangent leurs instruments. Les serviteurs commencent à empiler les coupes. Bianca feint un bâillement, s'excuse gracieusement, monte à l'étage. Je la regarde monter. Elle se retourne à mi-escalier, me fait un signe, murmure un bonne nuit, grande sœur. Je lui rends son signe.Lucia apparaît à mon coude.— L'office, madame.Je hoche la tête.— Fais monter du bois dans ma chambre. Ferme les rideaux. Que Miren croie que j'y suis rentrée. Qu'elle mette une bassine d'eau chaude sur le feu.— Bien, ma dame.Je longe la salle. Je passe la porte de service. Le couloir des cuisines est bas de plafond, ch






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