LOGINLe dernier défi du Play-boy Noah Hayes est le play-boy le plus convoité de la ville. Arrogant, insupportable et incapable d'aimer, il pense qu'aucune femme ne peut lui résister. Puis il croise Amélia, une jeune femme discrète qui l'ignore complètement. Déterminé à la faire tomber amoureuse, il se lance dans un jeu dangereux. Il croyait jouer avec son cœur. Il n'avait pas prévu d'y perdre le sien.
View MoreChapitre 1
Noah
Le cristal des flûtes capture la lumière comme autant d'étoiles prisonnières, et je les regarde danser entre les doigts manucurés des invités. La Fondation Whitmore a transformé sa salle de bal en écrin de velours pourpre et d'or, chaque détail calculé pour rappeler à chacun l'étendue de sa fortune. Les lustres déversent une lumière miel qui flatte les visages liftés. Je me tiens près de la baie vitrée, une main glissée dans la poche de mon smoking, l'autre faisant tourner lentement un verre de Macallan cinquante ans d'âge. Le parfum tourbé du whisky se mêle aux effluves des roses blanches disposées en cascades, créant une atmosphère entêtante.
Elles sont là, comme toujours. Elles tournent autour de moi dans des robes qui valent plus que ce que la plupart des gens gagnent en une année, leurs bouches peintes de rouges profonds, leurs regards s'attardant sur ma mâchoire, mes mains, ma bouche avec une insistance qui frôle l'indécence. Je leur offre ce qu'elles attendent : un sourire en coin qui creuse la fossette de ma joue gauche, un regard appuyé qui promet ce qu'il ne donnera jamais. Le jeu est rodé, mécanique, aussi naturel pour moi que respirer. J'ai vingt-sept ans et l'arrogance de ceux qui n'ont jamais rien désiré sans l'obtenir.
Victoria Ashford pose sa main sur mon avant-bras en riant à une plaisanterie que je ne pensais même pas en la prononçant. Sa robe vert émeraude épouse ses formes, le saphir qui orne son décolleté pèse quinze carats. Elle est belle, et terriblement ennuyeuse.
Je sens le regard de Marcus dans mon dos avant qu'il ne pose sa main sur mon épaule. Il a vingt-neuf ans, une fortune bâtie sur des expulsions massives, et cette familiarité rugueuse qui lui donne l'illusion d'être mon égal. Alexander se tient en retrait, trente et un ans, avocat redouté, son éternel carnet à la main.
— Regarde-les, murmure Marcus en désignant le groupe de femmes qui s'éloigne. On dirait des lionnes affamées. C'en est presque pathétique.
— Presque ? Le liquide ambré brûle doucement mon palais. C'est pathétique. Elles savent que je ne leur offrirai rien, et pourtant elles reviennent.
— Ce qui est fascinant, corrige Alexander sans lever les yeux de ses notes, c'est ton incapacité totale à t'attacher. Vingt-sept ans, une fortune personnelle qui dépasse celle de certains États, et pas une seule relation qui ait duré plus de trois semaines.
— Tu as fait des statistiques sur ma vie amoureuse ?
— Je suis rigoureux. Ton célibat n'est pas le fruit du hasard. La question est : pourquoi ?
Je sens la morsure du Király dans ma poche intérieure, cette montre à gousset qui appartenait à mon père. Le métal est froid contre mes doigts. Le tic-tac régulier bat contre ma poitrine, scandant une vérité que je ne partagerai jamais. L'amour est un poison lent. J'ai vu ma mère se faner dans le manoir familial, ses yeux s'éteindre à mesure que mon père dilapidait leur mariage en liaisons humiliantes. J'ai tenu sa main froide à l'hôpital, j'ai senti son pouls s'arrêter sous mes doigts alors qu'elle murmurait encore son prénom. Depuis ce jour, l'amour est pour moi une faiblesse que je me suis juré de ne jamais connaître.
— Peut-être que je n'ai simplement pas encore trouvé la femme qui mérite que je m'attarde, dis-je avec une nonchalance étudiée.
Marcus éclate de rire, un rire qui fait se retourner quelques invités.
— Aucune femme ne te résiste, c'est un fait établi. Mais ce n'est pas à elles de mériter ton attention. C'est à toi de décider.
— Il y a une solution simple, intervient Alexander en relevant les yeux. Un test. Si aucune femme ne te résiste, prouve-le. Choisissons une femme réputée inaccessible, et voyons combien de temps elle tient avant de tomber.
Mon intérêt s'éveille malgré moi. L'idée est absurde, mais quelque chose dans la perspective d'un défi fait battre mon sang avec une vigueur que je n'ai plus ressentie depuis des années.
— Tu proposes quoi ?
Alexander tourne son téléphone vers moi. La photo me frappe avec la violence d'un coup de poing dans le sternum. Une jeune femme brune aux yeux d'une clarté saisissante. Elle porte une blouse tachée de peinture, les cheveux relevés en chignon approximatif. Son visage est dénué de maquillage, ses lèvres gercées, ses joues rougies. Elle n'est pas belle au sens conventionnel. Elle est réelle. Elle est vivante. Elle a vingt-deux ans.
— Amélia Deschamps, lit Alexander. Vingt-deux ans. Travaille dans une fondation d'aide aux enfants défavorisés. A refusé les avances de trois hommes d'affaires importants, dont Julian Hawke. A déclaré publiquement qu'elle préférerait épouser un arbre plutôt qu'un homme riche.
Marcus émet un sifflement admiratif.
— Julian Hawke, rien que ça. Si elle l'a envoyé promener, c'est qu'elle est soit folle, soit immunisée contre le pouvoir de l'argent.
— Ou qu'elle a des principes, dis-je sans quitter la photo des yeux.
— Alors, tu relèves le défi ? demande Alexander.
Je regarde à nouveau la photo. Ces yeux. Il y a dans ces yeux quelque chose qui éveille en moi une curiosité dont j'avais oublié le goût.
— Vous êtes sérieux ? dis-je avec un rire plus sec que je ne le voudrais. Une femme qui travaille dans une fondation caritative, qui vit probablement dans un studio minable ? C'est votre défi ultime ?
— Tu as peur ? lance Marcus avec son sourire narquois.
Je range le Király dans ma poche. Je pense à ma mère, à son visage creusé par les larmes. Je pense à la promesse que je me suis faite à seize ans, devant son cercueil. Jamais je ne laisserai une femme avoir ce pouvoir sur moi.
— Je n'ai jamais peur. Tu devrais le savoir.
— Alors c'est réglé, conclut Alexander. La chasse commence.
La musique change. Une valse lente s'infiltre dans la salle. Les couples tourbillonnent. Je les regarde sans les voir, mon esprit resté sur cette photo.
— Très bien, dis-je en saisissant une nouvelle coupe. Dans un mois, elle sera à genoux devant moi. Et quand elle y sera, je la rejetterai comme toutes les autres. Ce sera une leçon.
Je lève mon verre. Les bulles explosent sur ma langue comme des promesses légères. Je ne sais pas encore que la femme de la photo s'apprête à dynamiter toutes mes certitudes. Je ne sais pas que je viens de signer l'arrêt de mort de l'homme que j'ai passé dix ans à devenir.
Pour l'instant, je ne suis qu'un play-boy arrogant de vingt-sept ans qui accepte un pari stupide.
Le tic-tac du Király contre ma poitrine semble plus fort, comme un avertissement que j'ignore.
Amélia Deschamps. Vingt-deux ans. Dans un mois, tu m'appartiendras.
Et je te détruirai.
Chapitre 32AméliaIsabella s'est avancée vers moi, ses talons claquant sur le gravier avec une lenteur délibérée, et je me suis sentie comme un insecte épinglé sur une planche. Elle m'observait de haut en bas avec ce sourire méprisant qui me rappelait toutes les femmes riches qui m'avaient jugée sans me connaître, toutes celles qui m'avaient regardée comme si je n'étais qu'une tache sur le sol de leur monde parfait. Ses yeux sombres s'attardaient sur ma robe bleue, sur mes chaussures usées, sur mes cheveux que je n'avais pas eu le temps de coiffer après la nuit de tempête. Elle hocha la tête comme si elle venait de confirmer une hypothèse, comme si elle avait trouvé exactement ce qu'elle s'attendait à trouver.— Tu es peut-être spéciale pour lui aujourd'hui, dit-elle d'une
Chapitre 31NoahLa voir ici, devant la fondation, appuyée contre sa Ferrari rouge comme si le monde entier lui appartenait, a réveillé en moi une colère que je croyais endormie. Isabella Romano, vingt-six ans, héritière de l'empire Romano, une famille avec laquelle les Hayes entretenaient des liens depuis des générations. Des liens d'affaires, de pouvoir, de convenance. Des liens tissés dans les conseils d'administration, dans les soirées privées, dans les accords signés derrière des portes closes. Nos pères avaient envisagé une alliance, une fusion qui aurait uni deux des plus grandes fortunes du pays, et Isabella n'avait jamais accepté que je refuse ce destin tout tracé.— Que fais-tu ici, Isabella ? demandai-je d'une voix froide en m'avançant légèrement, m'interposant incon
Chapitre 30AméliaLe matin s'est levé doucement sur Westbrook, lavé par la tempête de la veille. Les rues brillaient sous le soleil pâle de décembre qui perçait enfin à travers les nuages, les flaques d'eau reflétaient le ciel dégagé comme des miroirs brisés, et une odeur de terre mouillée flottait dans l'air vif du petit matin. Les branches des platanes, encore lourdes de pluie, s'égouttaient doucement sur le bitume, et un merle chantait quelque part dans le jardin de la fondation. Nous sommes sortis ensemble, Noah et moi, les yeux encore lourds de cette nuit sans sommeil passée à nous confier l'un à l'autre, à abattre des murs que nous avions mis des années à construire. La fatigue creusait nos visages, mais il y avait dans nos regards quelque chose de nouveau, quelque chose qui n'était pas là la veille.Quelque chose avait changé entre nous pendant cette nuit de tempête. Quelque chose de profond, d'indéfinissable, qui flottait dans l'air comme une promesse silencieuse, comme un ac
Chapitre 29NoahLa tempête hurlait toujours dehors, mais à l'intérieur de la salle d'activité, le silence était presque sacré. Amélia m'avait ouvert une porte sur son passé, sur ses blessures, sur cette force qu'elle portait comme une armure forgée dans la douleur, et je sentais que c'était à mon tour de parler. De me mettre à nu, comme elle venait de le faire. De lui offrir cette même confiance qu'elle m'avait accordée.— Je n'ai jamais cru aux sentiments, dis-je soudainement, et ma voix était rauque, étrangère à mes propres oreilles. J'ai grandi en pensant que l'amour était un mensonge, une illusion que les gens se racontent pour supporter leur vie, un conte de fées inventé par ceux qui n'ont pas le courage d'affronter la réalité. Mon père était un homme froid, calculateur, un requin des affaires qui ne voyait dans les autres que des pions à manipuler. Il traitait ma mère comme un meuble, un objet dont on se sert et qu'on délaisse quand il ne sert plus. Il la trompait ouvertement,












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