LOGINJe n'arrivais plus à respirer.
Tout mon corps s'était figé.
Mes jambes refusaient d'avancer, comme si elles ne m'appartenaient plus. Je restai debout sur le seuil, incapable de détourner les yeux de la scène qui se jouait devant moi.
Au milieu de la pièce, Maxime Kev embrassait Sarah Rutch.
Sarah...
Ma meilleure amie.
La personne en qui j'avais une confiance aveugle. Celle qui connaissait chacun de mes secrets, chacune de mes peurs. Celle qui m'avait accompagnée quelques jours plus tôt pour choisir la robe que je portais encore.
Mes doigts se mirent à trembler.
Je sentis mon cœur cogner si fort contre ma poitrine qu'il me faisait presque mal.
— M... Maxime...
Ma voix était si faible que je faillis ne pas l'entendre moi-même.
Ils se séparèrent brusquement.
Maxime tourna la tête vers moi. Son sourire s'effaça d'un coup.
Sarah, elle, devint livide.
— Élina...
Je secouai lentement la tête, incapable d'accepter ce que mes yeux voyaient.
— Dites-moi que ce n'est pas vrai...
Je les regardais tour à tour, attendant qu'un de leurs visages laisse apparaître un sourire, qu'ils me disent que tout ça n'était qu'une mauvaise plaisanterie.
Rien.
Le silence me transperça plus violemment que n'importe quel mensonge.
Mes yeux commencèrent à brûler.
Les larmes montaient sans que je puisse les retenir.
— Depuis quand... ?
Sarah baissa immédiatement les yeux, incapable de soutenir mon regard.
Maxime passa nerveusement une main dans ses cheveux avant de souffler longuement.
— Élina... ce n'est pas comme tu l'imagines.
Un rire sans joie m'échappa.
— Ah oui ?
Je désignai la pièce d'un geste tremblant.
— Parce que ce que je viens de voir me paraît pourtant très clair.
Sans quitter Maxime des yeux, je retirai lentement la bague de fiançailles de mon doigt.
Le diamant brillait encore sous les lumières de la salle.
Quelques heures plus tôt, cette bague représentait notre avenir.
À présent, elle ne signifiait plus rien.
Je pris la main de Maxime et y déposai l'anneau.
— C'est fini.
Son visage se crispa.
— Attends...
Il attrapa mon poignet.
— S'il te plaît, laisse-moi t'expliquer.
Je retirai aussitôt ma main avec une telle brusquerie qu'il en recula d'un pas.
— Ne me touche plus.
Ma voix était calme.
Trop calme.
Sarah fit quelques pas dans ma direction. Ses épaules tremblaient et les larmes coulaient sur ses joues.
— Élina... je suis tellement désolée...
Je la regardai droit dans les yeux.
Je cherchais la femme que je connaissais.
Je ne voyais plus qu'une étrangère.
— Tu étais comme une sœur pour moi...
Ma gorge se serra.
J'eus du mal à terminer ma phrase.
— Tu ne m'as pas seulement pris l'homme que j'aimais... tu as détruit tout ce qu'il restait de notre amitié.
Elle éclata en sanglots.
Autrefois, je me serais précipitée pour la prendre dans mes bras.
Cette fois, je ne ressentais rien.
Plus de colère.
Plus de compassion.
Seulement un vide immense.
Maxime fit encore un pas vers moi.
Ses yeux étaient rouges.
— Je t'aime, Élina.
Je le fixai quelques secondes.
Puis un sourire amer étira mes lèvres.
— Non.
Je secouai doucement la tête.
— Quand on aime vraiment quelqu'un, on ne lui fait pas ça.
Je n'attendis pas sa réponse.
Je tournai les talons.
Derrière moi, j'entendais encore Maxime m'appeler.
Il répétait mon prénom.
Il me demandait d'attendre.
Je continuai d'avancer sans me retourner.
Chaque pas me semblait plus lourd que le précédent.
En sortant de l'hôtel, l'air froid de la nuit frappa mon visage.
Je respirai profondément, mais cela ne calmait pas la douleur qui m'écrasait la poitrine.
J'ouvris la portière de ma voiture et m'installai derrière le volant.
À peine la porte refermée, tout ce que j'avais retenu jusque-là explosa.
Les sanglots secouèrent mon corps.
Je frappai le volant de toutes mes forces.
— Pourquoi... ?
Ma voix se brisa.
— Pourquoi moi... ?
Mes mains tremblaient tellement que j'avais du mal à tenir mon téléphone.
L'écran s'alluma.
Notre photo apparut.
Maxime me serrait dans ses bras. Nous souriions tous les deux.
J'avais l'impression de regarder deux inconnus.
Les yeux brouillés par les larmes, je supprimai l'image.
Puis une autre.
Et encore une autre.
Photo après photo, j'effaçais six années de souvenirs.
Des voyages.
Des anniversaires.
Des promesses.
Des rêves.
Mais aucune touche, aucun écran, aucun geste ne pouvait effacer la douleur qui déchirait mon cœur.
Cette nuit-là, une partie de moi mourut.
La jeune femme qui était entrée au Crystal Palace pleine d'espoir n'en ressortit jamais.
À sa place, une autre Élina allait devoir apprendre à vivre.
Seule.
Et recommencer de zéro.
Mon téléphone ne cessait de vibrer.Je restais immobile, les yeux fixés sur l'écran.Maxime Kev.Son nom fit remonter en moi des souvenirs que j'aurais préféré oublier.Depuis le soir où je l'avais surpris avec Sarah, il n'avait plus cherché à me contacter.Je laissai son appel s'éteindre.À peine quelques secondes plus tard, il recommença.Puis encore une fois.Mia, qui observait la scène en silence, posa une main sur mon épaule.— Décroche.Je tournai la tête vers elle.— Sinon, il va continuer toute la journée.Je fermai les yeux un instant pour rassembler mon courage.Puis j'acceptai enfin l'appel.— Qu'est-ce que tu veux, Maxime ?Au bout du fil, il ne répondit pas tout de suite.J'entendais simplement sa respiration.Puis sa voix résonna, plus hésitante que dans mes souvenirs.— Enfin... tu m'as répondu.Mon estomac se noua.Cette voix m'était devenue étrangère.— Réponds à ma question.Il prit une inspiration.— Je t'ai vue à la télévision.Je gardai le silence.— Alors... c'es
Le gala prit fin un peu avant minuit.Lorsque Christiano et moi quittâmes l'hôtel, je crus un instant que la foule s'était encore agrandie.Les journalistes nous attendaient derrière les barrières de sécurité.À peine avions-nous franchi les portes que les flashs éclatèrent de nouveau.— Christiano !— Un mot pour la presse !— Qui est la jeune femme qui vous accompagne ?Les voix se mélangeaient. Chacun essayait de couvrir les autres.Je baissai instinctivement les yeux.Cette agitation me mettait mal à l'aise.Sans répondre à la moindre question, Christiano m'ouvrit la portière de la voiture.— Montez.Sa voix était calme, presque rassurante.Je hochai la tête et pris place à l'intérieur.Quelques secondes plus tard, il me rejoignit et la voiture s'éloigna enfin de l'hôtel.À travers la vitre teintée, je regardai les journalistes disparaître peu à peu.Je laissai échapper un long soupir.— Je comprends mieux ce que Victor voulait dire.Christiano tourna légèrement la tête vers moi.
Le gala battait son plein.Les conversations se mêlaient aux éclats de rire, les verres s'entrechoquaient et les serveurs circulaient discrètement entre les invités.Assise à côté de Christiano, je terminai tranquillement mon assiette. Pour la première fois depuis le début de la soirée, je me sentais presque à ma place.Une voix grave interrompit soudain notre conversation.— Christiano.Je relevai la tête.Le sourire qui éclairait son visage quelques secondes plus tôt s'effaça aussitôt.Il se leva.— Victor.Les deux hommes échangèrent une poignée de main.Le geste semblait cordial, mais quelque chose sonnait faux.Leurs sourires étaient impeccables.Leurs regards, eux, étaient glacials.Je compris immédiatement qu'ils étaient loin d'être aussi proches qu'ils voulaient le laisser croire.Victor Donald se tourna ensuite vers moi.Son sourire était parfaitement maîtrisé.Trop parfait.— Vous devez être Élina Johnson.Je me levai à mon tour.— Enchantée.— J'ai beaucoup entendu parler d
Victor Donald faisait lentement tourner son verre de whisky entre ses doigts.Son regard, lui, restait fixé sur Élina.Il ne la quittait pas une seule seconde.— Qui est cette femme ? demanda-t-il d'une voix calme, mais glaciale.Son assistant s'approcha aussitôt.— Elle s'appelle Élina Johnson.Il consulta rapidement sa tablette avant de poursuivre.— Elle a ouvert récemment Bella Glow Studio, à quelques rues du centre d'entraînement du Royal Nevada FC.Victor continua d'observer la jeune femme de l'autre côté de la salle.— Depuis quand Christiano s'intéresse-t-il à une parfaite inconnue ?— D'après ce que nous avons pu vérifier, ils se connaissent seulement depuis quelques jours.Un sourire sans chaleur effleura les lèvres de Victor.— Quelques jours...Il marqua une courte pause.— Et pourtant, il l'amène déjà à un gala officiel.Il ne fait jamais ce genre de chose.Son assistant resta silencieux.Il connaissait suffisamment son patron pour savoir que cette curiosité n'avait rien
Les flashs continuaient d'éclater sans interruption.Éblouie, je baissai instinctivement les yeux. Je n'avais jamais aimé attirer l'attention. Encore moins devant une foule de journalistes qui semblaient prêts à transformer le moindre détail en gros titre.— Christiano ! Par ici !— Regardez-nous !— Qui est cette jeune femme ?— Est-ce votre nouvelle compagne ?Les questions fusaient de tous les côtés.À côté de moi, Christiano ne ralentit pas. Il gardait les yeux fixés devant lui, comme s'il n'entendait rien.Sa main serrait toujours la mienne.Ce simple geste me rassurait plus que je ne voulais l'admettre.Dès que les portes de l'hôtel se refermèrent derrière nous, le vacarme des photographes s'éloigna enfin.Je soufflai discrètement, soulagée.Christiano tourna la tête vers moi.— Ça va ?J'acquiesçai, même si mon cœur battait encore un peu trop vite.— Oui... enfin, je crois.Je baissai les yeux avant d'ajouter, un peu gênée :— Désolée...Il fronça légèrement les sourcils.— Pou
Le jour du gala arriva plus vite que je ne l'avais imaginé.Depuis mon réveil, je n'avais que cette soirée en tête.Chaque fois que j'essayais de penser à autre chose, mon esprit revenait aussitôt aux journalistes, aux célébrités et à cette invitation que j'avais acceptée presque sur un coup de tête.Je m'arrêtai devant le miroir du salon.Qu'est-ce que je faisais vraiment là-dedans ?Bella Glow Studio venait à peine d'ouvrir. J'étais loin d'appartenir à leur monde.— Tu vas finir par user le carrelage.La voix amusée de Mia me tira de mes pensées.Je levai les yeux vers elle.— Tu fais les cent pas depuis dix minutes.Je laissai échapper un soupir.— Je ne peux pas m'en empêcher... Je suis vraiment stressée.Elle s'approcha et posa une main rassurante sur mon épaule.— Écoute-moi bien. Tu ne vas pas à cette soirée pour impressionner des stars. Tu y vas parce que tu es une excellente professionnelle. C'est pour ton talent qu'on t'a appelée.Ses mots dissipèrent une partie de mon inqui







