LOGINDeux jours plus tard, le château se transforma.
Je ne trouvais pas d’autre mot.
Des draperies nouvelles apparurent dans les galeries. Les chandeliers furent changés, les tables déplacées, les gardes doublés. Le personnel courait d’un bout à l’autre comme si une tempête bien habillée allait frapper dans la soirée.
Ce qui, à bi
Le silence revint si doucement que personne ne sut exactement à quel moment il avait remplacé le grondement de la montagne.Les mains étaient toujours jointes lorsque la lumière commença peu à peu à s'estomper.Devant nous, la Porte n'était plus qu'une immense arche de pierre.Les fissures avaient disparu.La lueur qui, pendant si longtemps, avait semblé vouloir déchirer le monde s'était éteinte, laissant place à une roche lisse, marquée seulement par les traces du temps.Personne ne parla.Comme si chacun avait besoin de s'assurer que tout cela était bien réel.Le vent souffla à travers le cercle.Cette fois, il n'apportait ni menace, ni frisson d'inquiétude.Seulement l'odeur de la pluie qui venait de tomber sur les montagnes.Je baissai lentement les yeux vers nos mains encore liées.Une à une, elles se séparèrent.Non parce que le lien s'était rompu.Parce qu'il n'avait plus besoin d'être retenu.Il existait désormais en chacun de nous.Les représentants échangèrent de longs regar
Lorsque nous revînmes au cercle de pierre, le monde semblait avoir changé.Le ciel, autrefois limpide, était désormais recouvert d'épais nuages qui tournaient lentement au-dessus de la montagne. Des éclairs silencieux traversaient parfois cette masse sombre, éclairant brièvement les falaises avant de disparaître.La Porte était visible de très loin.Ses fissures diffusaient une lumière si intense qu'elle semblait déchirer le ciel lui-même.Autour du cercle, les représentants des différents peuples arrivaient les uns après les autres.Certains venaient escortés de gardes.D'autres avaient fait le voyage seuls.Les regards qu'ils échangeaient étaient lourds de méfiance.Des siècles de guerre ne s'effaçaient pas en une journée.Pourtant...Ils étaient venus.C'était déjà une victoire.Je reconnus plusieurs visages marqués par la fatigue, la colère ou le doute. Aucun ne semblait réellement convaincu d'être à sa place.Ils étaient là parce qu'ils acceptaient d'écouter une dernière fois.Le
Nous restâmes encore quelques minutes assis en cercle.Personne ne semblait vouloir rompre cet instant.Le vent glissait entre les rochers avec douceur, soulevant parfois quelques feuilles sèches qui venaient danser au centre des anciennes gravures.Je contemplais la phrase inscrite dans la pierre.Aucun peuple ne peut renouveler seul ce qu'ils ont créé ensemble.Depuis des siècles, tous avaient cherché un sauveur.Le Sanctuaire nous rappelait qu'il fallait, au contraire, retrouver des partenaires.Je pris une profonde inspiration.Puis je relevai lentement la tête.— Nous savons ce qu'il nous reste à faire.Le Roi me regarda sans rien dire.Il connaissait déjà la réponse.Je la lisais dans ses yeux.Alyne fut la première à rompre le silence.— Les représentants.J'acquiesçai.— Oui.Je me levai doucement.Le cercle semblait soudain plus petit qu'auparavant.Comme si les pierres elles-mêmes nous invitaient désormais à reprendre la route.— Le Pacte ne peut renaître qu'ici.Je désignai
Nous quittâmes le village au lever du jour.Les habitants avaient insisté pour nous offrir un peu de pain, quelques fruits sauvés des flammes et des gourdes remplies à la rivière. Nous avions tenté de refuser, mais ils avaient tenu bon.« Vous en aurez plus besoin que nous », avait simplement répondu le vieil homme.Ses mots me poursuivaient tandis que nous reprenions la route.Ils n'avaient presque plus rien.Et pourtant, ils trouvaient encore la force de partager.Le silence nous accompagna pendant une bonne partie de la matinée.Chacun semblait absorbé par ses pensées.Kael marchait en tête, attentif au moindre bruit dans la forêt. L'Alpha fermait la marche, son regard parcourant sans cesse les alentours. Alyne et Kaelor échangeaient parfois quelques mots à voix basse, tandis que Valerian avançait les yeux levés vers les montagnes, comme s'il cherchait à retrouver un paysage disparu.Le Roi, lui, restait à mes côtés.Nos épaules se frôlaient parfois lorsque le sentier se rétrécissa
Nous accélérâmes le pas sans qu'aucun mot ne soit échangé.La colonne de fumée grandissait à mesure que nous descendions le versant de la montagne. Le vent nous apportait désormais une odeur âcre de bois brûlé, mêlée à celle de la terre encore chaude sous le soleil déclinant.Je sentais l'inquiétude gagner chacun d'entre nous.Personne ne savait ce qui nous attendait.Mais aucun de nous n'espérait une bonne surprise.Lorsque nous atteignîmes enfin le fond de la vallée, le silence nous frappa plus encore que les flammes.Il n'y avait ni cris.Ni affrontement.Seulement ce calme étrange qui suit les catastrophes.Le petit hameau que nous avions aperçu de loin n'était plus qu'un amas de poutres noircies et de toits effondrés. Quelques maisons brûlaient encore par endroits, laissant s'échapper des volutes de fumée qui montaient lentement vers le ciel.Je restai figée.Ce lieu avait dû être paisible quelques heures plus tôt.On distinguait encore des jardins soigneusement entretenus, des j
L'air semblait différent lorsque nous quittâmes le Sanctuaire.Il était plus frais.Plus dense.Comme si le monde extérieur avait continué de respirer sans nous pendant tout le temps où j'étais plongée dans les souvenirs des pierres.Je m'arrêtai quelques instants sur le seuil et levai les yeux vers le ciel.Les nuages avaient changé.De longues traînées argentées traversaient désormais l'horizon, dessinant des lignes irrégulières qui semblaient converger vers la montagne où se dressait la Porte.Je ne les avais jamais remarquées auparavant.Kaelor les observait lui aussi.Son visage se ferma légèrement.— Elle accélère.Le silence retomba aussitôt.Je suivis son regard.Même de cette distance, je pouvais sentir cette étrange vibration qui parcourait désormais le monde. Elle était discrète, presque imperceptible, mais elle semblait battre au même rythme que les fissures de la Porte.Le temps nous échappait.Le Roi s'avança de quelques pas avant de se tourner vers le groupe.Son autori
Je restai immobile, incapable de détourner les yeux de lui.Le lien qui venait de s’allumer entre nous vibrait encore au fond de ma poitrine, chaud, violent, insupportablement vivant. J’aurais voulu l’arracher. Le déchirer de mes propres mains. Le piétiner jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien.Mais
Quand je repris connaissance, la première chose que je sentis fut le froid.Un froid lourd, ancien, incrusté dans la pierre elle-même.J’ouvris les yeux lentement.Au-dessus de moi, un plafond voûté disparaissait dans l’ombre. Des torches brûlaient le long de murs de pierre sombre, projetant une lu
Je n’avais rien emporté.Ni vêtements de rechange. Ni couverture. Ni souvenir.Juste cette douleur insupportable que je traînais avec moi comme une seconde peau.Je marchais depuis des heures. Peut-être des jours. La forêt se refermait autour de moi et la nuit tombait lentement, froide, humide, ind
Je savais que quelque chose n’allait pas.Toute la meute était rassemblée sur la grande place, mais personne ne parlait. Même le vent semblait s’être arrêté. Les regards glissaient sur moi, lourds, étranges, presque gênés.Mon cœur battait trop vite.Aujourd’hui aurait dû être le plus beau jour de







