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CHAPITRE 81 : La rage

Author: L'encre
last update publish date: 2026-05-12 05:55:53

Thomas continua, encouragé par le silence de Julien.

– Tu sais, Léa, elle n’a jamais compté pour moi. C’était une bonne poire. Une fille qu’on épouse parce qu’elle est gentille, parce qu’elle cuisine bien, parce qu’elle ne pose pas de questions. Mais elle ne m’a jamais fait vibrer. Jamais.

– Ce ne sont pas mes affaires, dit Julien froidement.

– Si, ce sont tes affaires. Parce que toi, tu es en train de tomber dans le même piège. Elle t’endort avec ses sourires, ses petits plats, ses nuits au co
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    – Celle-ci, je la tiendrai.– Comment ?– En restant. En aimant. En ne partant pas.– C’est la même chose.– Non. C’est différent.Il sourit. Je souris.Nous rentrâmes. La maison était chaude, accueillante, pleine de souvenirs. Nous nous préparâmes pour la nuit.– Tu veux qu’on fasse l’amour ? demanda-t-il.– On est fatigués.– On est amoureux. C’est plus fort.– C’est plus fatiguant.– C’est plus beau.– C’est la même chose.– Non. C’est différent.– Pourquoi ?– Parce que la fatigue, c’est le corps. La beauté, c’est l’âme.– Et notre âme, elle est belle ?– Elle est aimante.– C’est bien.– C’est notre vie.Nous fîmes l’amour. Lentement. Doucement. Avec la tendresse des vieux amants qui se savent éternels.– Je t’aime, Léa.– Je t’aime, Julien.– On a de la chance.– On s’est battus.– On a gagné.– On a survécu.– C’est la même chose.– Non. C’est différent.– On a trois enfants.– On a tout.– On a tout.– La plus belle famille.– La nôtre.Il m’embrassa. Je me blottis contre lui.

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    – Je suis ton mari. C’est mon rôle.– Ton rôle, c’est de m’aimer.– C’est ce que je fais.– Et de me retrouver.– C’est ce que j’essaie.– Tu réussiras.– Tant mieux.Il m’embrassa. Je me blottis contre lui.– Je t’aime, Julien.– Je t’aime, Léa.– À la prochaine vie.– À la prochaine vie.– On se retrouvera.– On se retrouvera.– C’est promis ?– C’est promis.– Tes promesses…– Celle-ci, je la tiendrai.– Comment ?– En te cherchant. En te trouvant. En t’aimant.– C’est la même chose.– Non. C’est différent.– Pourquoi ?– Parce que chercher, c’est partir. Trouver, c’est arriver. Aimer, c’est rester.– Et toi, tu restes ?– Je reste.– Avec moi ?– Avec toi.– Pour toujours ?– Pour toujours.– Tu promets ?– Je promets.– Tes promesses…– Celle-ci, je la tiendrai.– Comment ?– En restant. En aimant. En ne partant pas.– C’est la même chose.– Non. C’est différent.Il sourit. Je souris.Nous restâmes au lit jusqu’à midi. À nous promettre. À nous aimer. À nous dire au revoir, même s

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    Le lendemain matin, le soleil se leva sur le jardin. Les oiseaux chantaient, les fleurs s’ouvraient, la vie continuait. Julien dormait encore, son visage apaisé, ses cheveux blancs éparpillés sur l’oreiller. Je le regardai longtemps.Il avait les mêmes yeux, quand il les ouvrait. Les mêmes yeux noisette, brillants, pleins d’amour. Les mêmes mains, fines, noueuses, mais chaudes. Le même cœur, fatigué mais vaillant. Il était là. Il était vivant. Il était à moi.– Tu me regardes dormir ? demanda-t-il, les yeux encore fermés.– Oui.– C’est creepy.– Je sais.– Tu as bien dormi ?– Un peu.– Moi aussi.– On est vieux.– On est vivants.– C’est la même chose.– Non. C’est différent.– Pourquoi ?– Parce que la vieillesse, c’est le temps. La vie, c’est l’énergie.– Et notre énergie, elle est là ?– Elle est là. Juste assez pour t’aimer.– C’est bien.– C’est notre vie.Il ouvrit les yeux. Il me regarda.– Tu veux qu’on reste au lit ? demanda-t-il.– Toute la journée ?– Toute la journée.–

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    – Parce que montrer, c’est guider. Prendre, c’est choisir. Accompagner, c’est rester.– Et toi, tu es resté ?– Je suis resté.– Avec nous ?– Avec vous.– Pour toujours ?– Pour toujours.– Tu promets ?– Je promets.– Tes promesses…– Celle-ci, je la tiendrai.– Comment ?– En restant. En aimant. En ne partant pas.– C’est la même chose.– Non. C’est différent.Il sourit. Je souris.Louis prit sa guitare. Il joua une chanson. Une chanson qu’il avait écrite pour nous, pour nos cinquante ans de mariage. La musique était douce, émouvante, pleine d’amour.– Je t’aime, Maman.– Je t’aime, mon fils.– Je t’aime, Papa.– Je t’aime, mon fils.– Vous êtes mes héros.– Tu es le nôtre.– C’est la même chose.– Non. C’est différent.– Pourquoi ?– Parce que les héros, ça se regarde. Les fils, ça se serre.– Alors serre-moi.– Je te serre.– Fort ?– Très fort.– Encore ?– Encore.– Je t’aime.– Je t’aime aussi.Il me prit dans ses bras. Je le serrai.Julien s’approcha. Il nous prit dans ses br

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