LOGINTout ce que voulait Marilotte, c'était la liberté, même si cela devait la conduire droit dans la gueule du loup. Refusant de se laisser exploiter comme les autres jeunes filles du royaume de StormWatch, Marilotte s'est enfuie pour rejoindre la redoutable meute d'Istvan. Ce qu'elle ignorait cependant, c'est que la punition pour intrusion n'était plus de servir l'Alpha pendant un mois. C'était quelque chose de bien plus sombre.
View MoreMARILOTTE
« S’introduire sur le territoire de la meute de Dark Falls exige de servir l’Alpha pendant un mois entier. 31 jours. » Penelope étira chaque mot comme si cela allait m’aider à mieux comprendre. Je ne levai pas les yeux du drap que je pliais.
« Je sais. »
« Non, tu ne sais pas. » Elle claqua la taie d’oreiller entre ses mains avec plus de force que nécessaire, et je manquai d’en rire.
« Crois-moi, Pen. Je t’ai entendue les quatre premières fois. » Je la regardai enfin ; son visage s’était figé dans une grimace, comme si elle venait de voir un fantôme. Elle laissa tomber l’oreiller sur le lit et se tourna complètement vers moi. Je savais qu’elle allait faire sa dramatique, alors je me préparai.
« Comment peux-tu être aussi calme ? » Elle baissa la voix et regarda autour d’elle, comme si quelqu’un allait nous surprendre. « Comment peux-tu rester là à plier du linge, comme si tu ne venais pas de dire que tu te jetais dans la gueule du loup ? »
« D’accord, c’est un peu exagéré, Penelope. » Je continuai de plier. Il fallait que je finisse rapidement, sinon la gouvernante allait venir et se mettre à hurler. Elle aimait hurler, sur moi en particulier.
« Tu es paranoïaque. »
« Paranoïaque ? » Penelope m’arracha le couvre-lit des mains et je poussai un soupir. « C’est toi qui ne réfléchis pas correctement. Tu t’obstines à croire que ton plan a du sens, Mari. » Elle baissa encore plus la voix et me prit les mains. « On dit qu’il mange des humains au petit-déjeuner, au déjeuner et au dîner. »
« Quoi ? » Je ris si fort que mes côtes me firent mal, mais Pen me fixa avec un sérieux absolu, comme si une vis s’était desserrée dans ma tête. « Je suis désolée, je n’ai pas pu m’en empêcher, mais enfin, c’est une rumeur. Il n’y a aucune preuve. »
Elle resta silencieuse une minute, et je savais qu’elle cherchait déjà une autre stratégie pour m’arrêter, et comme je m’y attendais…
« Mari, je… »
« Nous savons toutes les deux ce qui arrive aux servantes dès qu’elles ont dix-huit ans », lui rappelai-je, et elle soupira. Évidemment. « C’est mon anniversaire demain. Je vais avoir dix-huit ans. Tu sais ce que ça veut dire. »
L'une des servantes s’approcha de nous pour prendre un linge dans le panier, nous dévisageant avec du mépris dans les yeux.
« Le prince Donald viendra pour toi. Il ne te laissera pas partir si facilement. »
« La raison exacte pour laquelle je dois être là où il ne peut pas m’atteindre. » Je pliai le dernier drap et le posai soigneusement sur la pile.
Pen ouvrit la bouche puis la referma, et pour une fois, elle sembla n’avoir aucun argument. Avant que l’une de nous ne pût en dire plus, la cloche sonna. Nous échangeâmes un regard et emboîtâmes le pas aux autres servantes, la tête basse et les mains jointes, en direction de la grande salle.
J’avais appris tôt que la meilleure façon de circuler dans ce palais était de se faire petite et oubliable, de respirer si doucement qu’on n’attirait jamais l'attention de quiconque détenait du pouvoir sur vous.
Mes parents étaient morts quand j’avais sept ans, d’une maladie qui s’était déclarée bien trop vite, et j’avais été recueillie pour travailler comme servante, non par bonté d’âme, mais par commodité. Cet endroit était le seul foyer que j’eusse jamais connu, ce qui rendait le départ plus difficile que je ne voulais l’admettre, mais ma décision était prise.
Nous entrâmes dans la salle principale et nous mîmes en rang, et c’est alors qu’il sortit.
Le prince Donald.
Il entra dans la salle avec tellement d’assurance, comme si tout ce qui l’entourait était destiné à être dévoré. Les servantes les plus proches de lui baissèrent immédiatement les yeux et je manquai de faire de même, jusqu’à ce que son regard balayât la rangée et se posât sur moi, avant qu’un mince sourire ne se dessinât sur son visage.
Je serrai le poing et baissai la tête.
C’était pour cela que je partais. C’était son habitude. Avoir dix-huit ans, c’était devenir la proie suivante ; convoquée, utilisée et jetée dès que quelqu’un de plus jeune retenait son attention. Son regard était posé sur moi depuis quelques jours, et j’étais trop avisée pour croire que ce n’était rien.
Après la fin de l’assemblée, un garde me donna un coup de coude pour me dire que le prince Donald demandait ma présence. Pen me jeta un coup d’œil et je pus voir la peur dans ses yeux, mais je souris et m’éloignai avec le garde.
Le prince Donald se tenait près de la fenêtre lorsque j’entrai, mais il se tourna immédiatement, comme s’il m’attendait.
« La voilà. » Il parla chaleureusement, et cela m’irrita parce que je savais que c’était de la fourberie. Ses mains se posèrent sur mon épaule, glissant lentement le long de mon bras, comme s’il testait ma réaction. Je luttai pour rester immobile.
« La gouvernante m’a dit que tu auras dix-huit ans demain. Quelle coïncidence que je sois couronné roi ! » dit-il presque doucement. « Après la cérémonie, tu viendras me tenir compagnie. Prends ça comme un cadeau de ma part. »
Ma mâchoire se crispa.
Croisant son regard, je hochai la tête une fois ; puis il me tapota les joues avant de me congédier. Au moment où j’atteignis le quartier des domestiques, ma décision était déjà prise.
Il fallait que je parte ce soir.
« Marilotte, s’il te plaît… Et si tu te faisais attraper ? » Les yeux de Pen s’étaient remplis de larmes, et les miens faillirent en faire autant. Je la pris dans mes bras. Elle allait me manquer, mais je devais partir. Elle avait encore le temps pour elle. Elle n’allait pas avoir dix-huit ans avant quelques mois.
« Tu vas me manquer aussi. » Je me dégageai de l’étreinte. « S’il arrive quoi que ce soit, je m’en occuperai, mais s’il te plaît, ne le dis à personne. »
Elle chuchotait encore mon prénom lorsque je me glissai hors de la chambre, mon sac sur l’épaule. J’avais franchi la grille quand je fouillai mon manteau à la recherche de la carte, et mon cœur rata un battement alors que je la cherchai encore et encore. L’avais-je laissée dans la chambre ?
Je songeais à retourner chercher quand j’entendis des cris derrière moi : des gardes. À ce moment-là, je sus que je ne pouvais plus faire marche arrière, alors je me mis à courir, sans aller nulle part en particulier. Je voulais juste être loin d’eux.
Je courus jusqu’à ce que les lumières du palais fussent remplacées par les ténèbres. Mes poumons me brûlaient et je manquai de glisser quand, soudain, je sentis un bras autour de ma taille me tirer de côté dans l’obscurité ; et avant que je ne pusses dire quoi que ce soit, je sentis quelque chose se plaquer sur mon nez.
MARILOTTEUn silence de mort s’ensuivit immédiatement.Je ressentis une vive douleur dans la poitrine tandis que mon cœur se mettait à battre plus vite encore. Je sensis l'agitation gagner la salle ; les têtes se tournaient, les corps se déplaçaient et les gens cancanaient, bien qu’ils ignorassent de quoi il s'agissait.Je ne regardai pas mon poignet, je gardai les yeux fixés droit devant moi, le visage impassible.« Ne réagis pas », me répétais-je comme un mantra. Il ne fallait pas qu’ils remarquent quoi que ce soit. L’Alpha me fixait déjà. Son regard glissa de mon visage vers mon poignet, puis il tendit la main vers la mienne.Tout en moi me criait de fuir, de faire quelque chose, d’avouer avant que la situation ne devînt incontrôlable.« Ancien Soan. » La voix de Janelle fendit le silence et tous les visages dans la salle se tournèrent vers elle. Elle se tenait debout, parfaitement sereine et imperturbable. « La cérémonie. Le temps nous manque. »L'ancien se tourna lentement vers e
MARILOTTEJe ne pus fermer l’œil après qu’Austina, la servante, m’eut rejoint dans ma chambre hier soir. Apparemment, l'Alpha était frappé d’une malédiction et une humaine de sang royal était nécessaire pour porter son enfant, car une union entre lui et une humaine brûlerait le sort sans qu’il n’arrivât rien à l’un comme à l’autre. Un certain roi Lucien était censé envoyer sa fille, mais pour une raison étrange, elle ne s’était pas présentée et, mystérieusement, j’étais arrivée le jour même où elle devait paraître.« Je sais que tu veux t’enfuir, mais ce ne sera pas facile. » Elle me pressa légèrement les mains. « De plus, si l'Alpha Istvan découvre qu’elle n’a pas été envoyée, le royaume entier du roi Lucien sera réduit en cendres, alors s’il te plaît, reste demain, jusqu’à ce que la princesse arrive. »Ces paroles me hantèrent tout au long de la nuit, et j’étais sur le point de m’endormir ce matin lorsque la porte s’ouvrit à la volée, me tirant brusquement de mon sommeil.« Ma dame,
MARILOTTELe bébé.Je pressai mes doigts contre mes tempes. Rien de tout cela n’avait de sens. Ni les paroles qu’il avait prononcées, ni celles de la servante. Pourquoi prenait-on soin de moi si le châtiment était réellement la mort ?Aucune des servantes ne disait quoi que ce fût, et la servante de tout à l’heure n’était pas réapparue ; je ne connaissais même pas son nom.La femme aux cheveux argentés revint une heure plus tard et se présenta enfin sous le nom de Charlotte.« Ma dame. » Elle s’inclina après s’être présentée. Manquai-je de regarder derrière moi ! J’étais une simple servante du palais !« Quel est mon rôle ici ? » demandai-je en me tournant pour la regarder, bien qu’elle ne me regardât pas en retour. « Qu’attend-on de moi ? L’Alpha est venu plus tôt et a parlé d'un enfant. Quel enfant ? »Elle me fixa pendant une longue minute, comme si je venais de débiter du charabia.« Vous êtes une invitée. Notre invitée. » Elle parla d’un ton ferme, comme si elle s’adressait à un
MARILOTTEJe m’éveillai enchaînée.Elles étaient lisses et attachées autour de mes poignets, boulonnées à la tête du petit lit. Les plafonds étaient hauts et, pendant une seconde entière, je les fixai simplement, attendant que le monde retrouvât un sens, mais ce ne fut pas le cas.Étais-je en prison ? Il n’y avait là que mon lit et une petite table.Je m’assis lentamente, la tête martelante. Je tirai sur la chaîne par instinct, mais elle ne céda pas. La dernière chose don’t je me souvenais, c’étaient les arbres, les pas derrière moi et le bras qui m’avait agrippée.J’entendis des pas s’approcher et je restai immobile, pour voir de qui il s’agissait. Soudain, trois femmes s'arrêtèrent devant les barreaux de fer et me dévisagèrent. Je les dévisagai en retour, mais aucune d’elles ne prononça un mot.« Bonjour ? » Je haussai les sourcils. « Quelqu’un peut-il me dire où je suis ? »Pour toute réponse, je n’eus droit qu’à d’autres regards fixes. L’une d’elles pencha lentement la tête et une






Bienvenue dans Goodnovel monde de fiction. Si vous aimez ce roman, ou si vous êtes un idéaliste espérant explorer un monde parfait, et que vous souhaitez également devenir un auteur de roman original en ligne pour augmenter vos revenus, vous pouvez rejoindre notre famille pour lire ou créer différents types de livres, tels que le roman d'amour, la lecture épique, le roman de loup-garou, le roman fantastique, le roman historique et ainsi de suite. Si vous êtes un lecteur, vous pouvez choisir des romans de haute qualité ici. Si vous êtes un auteur, vous pouvez obtenir plus d'inspiration des autres pour créer des œuvres plus brillantes. De plus, vos œuvres sur notre plateforme attireront plus d'attention et gagneront plus d'adimiration des lecteurs.