INICIAR SESIÓNIl se penche, il pose ses lèvres sur les miennes. Un baiser léger, presque chaste, un baiser d'avant le mariage, un baiser de promesse. Ses lèvres goûtent le vin que nous avons bu au dîner, un Chianti rouge et fruité, et le désir, ce désir toujours présent entre nous, ce désir qui ne s'éteint jamais.
— Alors promettons-nous, dit-il en s'écartant légèrement. Pas les vœux officiels
Elle m'embrasse encore, un baiser rapide, volé, un baiser de jeune mariée qui ne veut pas s'éloigner de son époux. Puis elle reprend ma main, et nous retournons vers les invités, vers la musique, vers les rires, vers la fête qui commence.Et tout au long de l'après-midi, tout au long des discours et des toasts et des danses maladroites sur la terrasse, je garde sa main dans la mienne. Je la regarde rire, je la regarde parler, je la regarde être heureuse. Et je me répète, en boucle, comme une litanie, comme une prière, comme une incantation :Elle est ma femme. Je suis son mari. Et nous avons toute la vie devant nous.---AudeLa fête s'étire, douce et joyeuse, comme un crépuscule d'été qui n'en finit pas de mourir.Les invités dansent sur la terrasse, les femmes ont retiré leurs chaussures, le
LorenzoLe jardin est transfiguré.Sous la glycine centenaire qui croule de fleurs mauves et blanches, les chaises ont été disposées en demi-cercle, leurs dossiers de bois ornés de rubans ivoire. Une allée d'herbe fraîchement tondue mène à l'autel de fortune, une simple table recouverte d'un drap blanc, sur laquelle sont posés deux cierges et un bouquet de lavande. Le prêtre attend, debout, les mains croisées sur son missel. C'est un vieil ami de la famille, le père Giuseppe, qui m'a baptisé il y a quarante ans, qui a enterré ma grand-mère, qui a béni le corps d'Isabella avant la fermeture du cercueil. Il a connu toutes les étapes de ma vie, les lumineuses et les sombres, et il a accepté de célébrer ce mariage sans poser de questions, sans exiger de confession préalable, sans me juger.— Tu es
La coiffeuse arrive, une jeune femme souriante avec une valise pleine de brosses et de pinces. Elle m'installe devant le miroir, elle commence à travailler mes cheveux, à les brosser, à les lisser, à les relever en un chignon souple d'où s'échappent quelques mèches folles. Ma mère tourne autour de nous, inutile et affairée, me tendant une épingle, me conseillant un peu plus de volume sur le côté. Sofia s'est assise sur le lit, elle regarde, elle sourit.— Tu es nerveuse ? demande-t-elle.— Non. Pas du tout. C'est étrange, non ?— Très étrange. La plupart des mariées sont terrifiées. Elles tremblent, elles pleurent, elles ont envie de vomir.— Je ne suis pas la plupart des mariées. J'ai déjà survécu à un enlèvement, une fusillade, un incendie, et deux nuits en garde à
Je me glisse hors du lit avec des précautions infinies, centimètre par centimètre, pour ne pas le réveiller. Le plancher grince sous mes pieds nus, la fraîcheur du carrelage dans le couloir me fait frissonner. La maison est encore silencieuse, mais je sais que dans moins d'une heure, elle s'éveillera dans un tourbillon d'agitation, de robes à enfiler, de fleurs à disposer, de derniers préparatifs fébriles. Pour l'instant, je profite de ce calme, de cette solitude, de cette parenthèse avant le grand saut.Je descends à la cuisine, je me prépare un café, je m'assois sur le tabouret près de la fenêtre. Le jardin baigne dans la lumière rasante du matin, les rosées brillent sur l'herbe comme des diamants, les oiseaux chantent dans les cyprès. Je bois mon café à petites gorgées, je regarde le soleil monter lentem
Il se penche, il pose ses lèvres sur les miennes. Un baiser léger, presque chaste, un baiser d'avant le mariage, un baiser de promesse. Ses lèvres goûtent le vin que nous avons bu au dîner, un Chianti rouge et fruité, et le désir, ce désir toujours présent entre nous, ce désir qui ne s'éteint jamais.— Alors promettons-nous, dit-il en s'écartant légèrement. Pas les vœux officiels, pas ceux que nous prononcerons devant le prêtre demain. Des vœux juste pour nous. Des vœux de la veille. Des vœux secrets.— Des vœux secrets ? Comme des enfants qui font un pacte sous la lune ?— Exactement. Comme des enfants. Comme deux enfants qui ne veulent pas dormir et qui se racontent des histoires sous la couverture.Il s'assied dans le lit, le dos calé contre les oreillers, et je me blottis contre lui, ma tête
— Demain, nous serons mariés.— Oui. Mariés. Monsieur et Madame Lorenzini.Elle sourit, ce sourire que j'aime, celui qui éclaire tout son visage et qui fait fondre mon cœur.— Ça sonne bien, non ? Madame Lorenzini.— Ça sonne vrai. Ça sonne chez toi. Ça sonne comme une évidence.— Tu es prêt ? Pour demain, pour la cérémonie, pour les vœux ?— Je suis prêt. Je n'ai jamais été aussi prêt de toute ma vie.Elle se hisse sur la pointe des pieds, dépose un baiser léger sur mes lèvres. Un baiser qui goûte le vin blanc et la figue fraîche. Un baiser qui promet tout ce que les mots ne peuvent pas dire.— Alors allons-y, dit-elle. Allons accueillir nos invités. Allons célébrer. Allons vivre.Nous nous mêlons aux invités, main dans la main, accueillant chacun d'un mot, d'un sourire. La nuit tombe doucement sur la Toscane, enveloppant la villa et le jardin dans un manteau de velours. Les étoiles s'allument une à une, les grillons en
Léon Un seul mot, tout aussi rauque.Le 5ème étage. Le temps presse.Je prends une inspiration, un semblant de courage absurde dans cette situation. Je fais un demi-tour complet pour lui faire face.— On a oublié les présentations, hier. Dans la confusion, dis-je, essayant un ton détaché qui sonne
LEONL’hôtel semble avoir changé d’atmosphère pendant la nuit. L’air conditionné a un goût de poussière, les tapis roses dégagent une odeur de renfermé. Mes bagages sont faits, posés près de la porte. Un vol dans trois heures. Une vie à reprendre, comme si de rien n’était.Je n’ai pas dormi. Mon co
EmmaNous ne nous embrassons plus. Nous haletons bouche à bouche, échangeant l’air vicié, le goût de l’autre. La sueur coule en ruisseaux, mélange nos odeurs en un parfum unique, animal, indécent. Je vois défiler dans ses yeux gris chaque pensée interdite, chaque fêlure, chaque dévoration. Il voit
LEONLe goût de sa bouche est une addiction instantanée. Un mélange de baume fruité et de sel, d’urgence et de consentement muet. Mes mains sur ses hanches la soulèvent comme si elle ne pesait rien, et le choc de son corps contre le miroir fait vibrer toute la cage. Le reflet dans la lumière rougeâ







