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Chapitre 4 : La Pièce Invisible

last update publish date: 2026-07-29 15:52:15

Je m'éclipsai vers le boudoir privé situé au fond du couloir VIP, loin du vacarme de la salle de bal. La chaleur de la soirée et la proximité suffocante de Julian m'avaient laissé la peau brûlante.

Devant le grand miroir doré, je me contemplai. Ma robe en soie noire, coupée si bas dans le dos qu'elle dévoilait la naissance de mes hanches, moulait mes formes avec une précision presque indécente. Les fines bretelles en strass retenaient à peine le tissu sur ma poitrine. C'était une tenue faite pour provoquer, une armure de séduction. Mais sous ce masque de femme fatale, mon pouls battait encore à un rythme frénétique.

La porte du boudoir s'ouvrit et se referma brusquement. La serrure tourna dans un cliquetis sec.

Je me retournai, m'attendant à voir Julian, mais ce fut le visage décomposé et alcoolisé de Théo qui m'apparut.

— Victoria... ou Céleste ? cracha-t-il en s'avançant vers moi d'un pas instable.

— Tu es ivre, Théo. Sors d'ici avant que je ne fasse venir la sécurité.

— Tu crois que cette robe va te protéger ? murmurat-il en balayant mon corps d'un regard malsain et affamé. Tu joues la grande dame dans les bras de Vance, mais je reconnais cette façon de lever le menton, cette arrogance... C'est toi, n'est-ce pas ?

Il bondit en avant et me saisit brutalement par le poignet, me plaquant contre le marbre du lavabo. Son souffle fétide de whisky me donna la nausée. Ses doigts s'enfoncèrent dans ma chair tandis qu'il posait son autre main sur la soie de ma taille, essayant d'approcher ses lèvres de mon cou.

— Lâche-moi, espèce de porc ! dis-je entre mes dents, essayant de lui enfoncer mes talons dans le pied.

— Tu m'appartiens, Céleste ! Vance ne fait que jouer avec toi, mais moi...

La porte du boudoir vola littéralement en éclats dans un fracas assourdissant.

### **[Point de vue : Julian Vance]**

En une fraction de seconde, j'agrippai Théo par le col de son costume et le projetai violemment contre le mur opposé. Le bruit de son crâne tapant contre la boiserie résonna dans la pièce. Avant qu'il ne puisse se relever, je posai mon genou sur sa poitrine, écrasant sa gorge de mon avant-bras.

— Si tes yeux se posent encore une seule fois sur elle, dis-je d'une voix si basse et venimeuse qu'elle fit disparaître toute trace d'alcool dans son regard, je ne me contenterai pas de te ruiner. Je te ferai disparaître.

Théo haleta, terrifié, incapable de prononcer un mot. Je le relâchai avec dégoût et lui désignai la porte d'un signe de tête. Il s'enfuit en boitant, sans demander son reste.

Je verrouillai à nouveau la porte derrière lui.

L'atmosphère dans la pièce changea du tout au tout. Le silence devint lourd, chargé d'une électricité presque insupportable. Céleste était adossée au marbre, le souffle court, ses yeux émeraudes brillaient d'un mélange de colère et de désir inavoué. La bretelle droite de sa robe avait glissé le long de son épaule dénudée.

Je m'avançai vers elle lentement, comme un prédateur prenant possession de son territoire.

— Il t'a touchée, murmurai-je en m'arrêtant à quelques millimètres de son corps.

— Je contrôlais la situation, tenta-t-elle de répliquer, mais sa voix trahit un léger tremblement.

— Tu mentirais à n'importe qui, Céleste, mais pas à moi.

Mes doigts vinrent se poser sur sa bretelle glissée. Je la remontai d'une lenteur calculée, frôlant la peau douce de son épaule. Un frisson violent traversa tout son corps. Sans rompre le contact visuel, je posai ma main au creux de son dos nu, là où la soie noire s'arrêtait, et l'attirai brusquement contre moi.

Sa poitrine se plaqua contre mon torse. Mes yeux descendirent sur sa bouche entrouverte, humidifiée par la nervosité.

— Notre contrat ne prévoyait pas que tu me protèges ainsi, chuchota-t-elle, son souffle chaud venant caresser mes lèvres.

— Le contrat interdit les contacts non consentis, Céleste, répliquai-je d'une voix rauque, ma main glissant le long de la courbe de sa hanche pour la presser davantage contre mon corps impatient. Dis-moi de m'arrêter... et je m'arrête.

Elle resta immobile, ses doigts s'enfonçant dans le tissu de mon costume au niveau de mes épaules. Au lieu de me repousser, elle leva le menton, son regard plongeant dans le mien avec une audace brûlante.

— Et si je n'ai pas envie de te le dire ?

Je ne lui laissai pas le temps de respirer. Mes lèvres attrapèrent les siennes dans un baiser profond, exigeant, empreint d'une possession totale qui balaya toute logique. Elle laissa échapper un léger gémissement contre ma bouche, répondant à mon baiser avec une ferveur sauvage, révélant la passion dévorante qu'elle dissimulait depuis si longtemps.

La guerre ne faisait que commencer, mais ce soir, nous venions de signer notre propre perdition.

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