INICIAR SESIÓNLe dernier pari du milliardaire Le célèbre playboy Adrian Cross fait un pari avec ses amis : Rester avec la même femme pendant un an. Convaincu que ce sera facile, il choisit une femme ordinaire qui refuse immédiatement. Pour la première fois de sa vie… quelqu’un ne veut rien de lui.
Ver másChapitre 1
Adrian
La nuit m'appartient. Elle s'étend sous mes fenêtres comme une femme offerte, scintillante de millions de lumières qui ne sont que le reflet de ma puissance, et je laisse mon regard glisser sur la ligne d'horizon, cette frontière floue entre le ciel et la terre que j'ai achetée mètre carré par mètre carré, en sentant ce vide familier qui se creuse dans ma poitrine, cette absence de désir qui transforme chaque triomphe en poussière avant même que je ne l'aie savouré.
Derrière moi, la fête bat son plein. Le bruit des conversations, des rires trop aigus, du champagne qu'on verse dans des flûtes de cristal, tout cela compose une symphonie que je connais par cœur, une musique que j'ai entendue des centaines de fois sans jamais en être ému. Mon penthouse, ce monument de verre et d'acier suspendu au-dessus de la ville, est peuplé de créatures splendides et parfaitement vides, des femmes aux robes qui coûtent plus cher que des voitures, des hommes aux poignets lourds de montres qui brillent sous les lustres italiens. Ils sont tous venus pour moi, pour se chauffer à ma lumière, pour boire mon champagne et respirer mon air, et je les laisse faire parce que leur présence m'est aussi indifférente que l'absence.
Je me retourne lentement, le verre de scotch tiède dans ma paume, et j'observe cette foule avec le détachement clinique d'un entomologiste devant sa collection de papillons épinglés. Ils sont beaux, oui. Ils sont riches, certainement. Mais ils sont tous identiques, interchangeables, prévisibles. Aucun d'eux ne me surprendra ce soir. Aucun d'eux ne me surprendra jamais.
C'est alors que la voix de Damien perce le brouillard de mes pensées, cette voix traînante et amusée qui a le don de m'agacer et de me distraire dans des proportions égales.
_ Alors, Adrian, toujours pas de madame Cross à l'horizon ?
Je ne tourne même pas la tête. Damien est mon plus vieil ami, si l'on peut appeler ainsi quelqu'un avec qui on partage des vices plutôt que des vertus. Il est affalé sur mon canapé en cuir blanc, une flûte de champagne à la main, le nœud papillon desserré, l'œil brillant de cette malice un peu cruelle qui annonce généralement une provocation.
_ Je ne vois pas de quoi tu parles.
Le scotch brûle ma gorge sans me réchauffer. Rien ne me réchauffe vraiment. Je suis né dans le froid, j'ai grandi dans le marbre, et mon cœur, si j'en ai un, doit ressembler à un bloc de glace poli par les années.
_ Allons, ne fais pas l'innocent.
Damien se redresse, attirant l'attention des autres par ce geste théâtral qu'il affectionne.
_ Tu changes de femme comme de chemise. Combien cette année ? Cinq ? Six ? J'ai arrêté de compter.
Quelques rires fusent dans l'assemblée, ces rires complices et un peu serviles que l'on réserve à ceux qui détiennent le pouvoir. Je hausse les épaules, agacé mais pas encore assez pour intervenir. Damien a raison, bien sûr. Les femmes défilent dans ma vie comme les saisons, certaines flamboyantes comme des étés, d'autres glacées comme des hivers, et aucune ne reste assez longtemps pour que je me souvienne de la couleur exacte de leurs yeux.
_ Tu es incapable de garder une femme plus de trois mois.
Marc s'approche du canapé, un de mes cigares cubains entre les doigts, et la fumée qui s'en élève dessine des volutes paresseuses dans l'air climatisé.
_ C'est un fait, Adrian. Un fait objectif et vérifiable.
Je tourne enfin la tête vers eux, lentement, avec cette économie de mouvement que j'ai apprise de mon père, cet art de faire sentir aux autres qu'ils ne méritent pas toute mon attention. Le silence se fait autour de nous, comme si la pièce entière retenait son souffle. Les femmes, belles et parfumées, s'immobilisent. Les hommes, mes pairs, mes rivaux, mes ombres, attendent ma réaction. C'est cela, le pouvoir. Ce n'est pas l'argent, ce n'est pas le nom. C'est cette tension dans l'air quand on attend votre prochain mot.
_ Et alors ?
Damien sourit, un sourire de prédateur qui vient de sentir le sang. Il se lève du canapé, pose sa flûte sur la table basse en marbre avec un geste délibérément théâtral, et s'avance vers moi.
_ Alors, je te lance un défi. Un pari, si tu préfères.
Le mot claque dans l'air comme un coup de fouet. Un pari. Mon père adorait les paris. Il pariait sur tout, sur les chevaux, sur les actions en bourse, sur la fidélité des femmes et la loyauté des hommes. Il a perdu la plupart de ces paris, d'ailleurs, et il a tout perdu avec eux. Mais moi, je ne perds jamais.
_ Je t'écoute.
Je repose mon verre sur le rebord de la baie vitrée. Le cristal tinte doucement contre le verre, un son pur et froid qui me ressemble.
_ Reste avec la même femme pendant un an. Un an entier, Adrian. Pas de liaison secrète, pas de maîtresse cachée, pas de rupture au bout de deux mois. Une seule femme. Douze mois.
Le silence qui suit cette déclaration est presque palpable. Je sens tous les regards braqués sur moi, jaugeant ma réaction, guettant le moindre signe de faiblesse ou d'hésitation. Mais je ne leur donnerai pas ce plaisir. Je n'ai jamais reculé devant un défi, et ce n'est pas aujourd'hui que je vais commencer.
_ Et qu'est-ce que je gagne ?
Mon sourire n'atteint pas mes yeux. Il ne les atteint jamais.
_ La satisfaction d'avoir prouvé que tu en es capable.
Marc tire sur son cigare, exhale un nuage de fumée bleutée qui s'élève vers le plafond.
_ Et peut-être que tu découvriras ce que c'est que d'avoir une vraie relation. Qui sait ?
Un murmure amusé parcourt l'assemblée. Une vraie relation. Comme si ces mots avaient un sens dans mon monde. L'amour est une monnaie d'échange, le désir une marchandise comme une autre. Les femmes que je fréquente le savent parfaitement. Elles viennent pour mon nom, pour mon argent, pour le reflet de ma gloire sur leur peau. Aucune ne vient pour moi. Et c'est très bien ainsi.
_ Un an. Très bien. Je prends le pari.
Une exclamation de surprise, quelques rires, des applaudissements ironiques. Damien lève sa flûte en signe de victoire anticipée.
_ Parfait ! Mais il y a une condition. Tu ne choisis pas la femme. C'est nous qui la choisissons pour toi.
Je me fige. Cette précision ne me plaît pas. Le contrôle, c'est mon domaine, mon territoire sacré. L'idée de laisser quelqu'un d'autre décider qui aura le privilège de partager ma vie, même pour un simulacre de relation, me hérisse au plus profond de mon être. Mais je ne peux pas refuser maintenant, pas sans perdre la face.
_ Qui aviez-vous en tête ?
_ Une femme ordinaire. Quelqu'un qui ne soit pas du sérail, qui ne connaisse rien à notre monde. Comme ça, pas de triche possible. Une femme simple, sans histoire, que tu devras vraiment conquérir.
_ Et où comptes-tu trouver cette perle rare ?
C'est alors que Damien se tourne vers l'entrée du penthouse. Mon regard suit le sien, et je la vois. Une jeune femme que je n'avais pas remarquée jusqu'ici s'occupe du vestiaire. Elle est vêtue simplement, un chemisier blanc et une jupe sombre. Ses cheveux sont relevés en un chignon rapide, sans sophistication. Son visage, penché sur les manteaux qu'elle range avec des gestes précis, ne montre aucune trace de maquillage.
_ Elle. Regarde-la. Elle est parfaite.
Je la regarde. Elle n'est pas laide, mais elle n'est pas belle non plus, pas au sens où je l'entends. Elle est quelconque. Effacée. Invisible. Elle est tout ce que je ne suis pas.
_ Tu plaisantes.
_ Pas du tout. Elle travaille ici, elle ne fait pas partie de notre cercle. C'est le choix idéal. Tu voulais un défi, Adrian. Le voilà.
Je sens monter en moi une vague d'irritation, mais aussi une étincelle de curiosité. Cette femme ne me regarde pas. Elle ne m'a même pas jeté un coup d'œil depuis le début de la soirée. Elle est absorbée par sa tâche, indifférente au luxe qui l'entoure, aux conversations brillantes, à ma présence même.
_ Très bien. Puisque vous insistez.
Je vide mon verre d'un trait. Le pari est lancé.
Chapitre 34ElaraLe message est arrivé ce matin, un texto bref et direct, sans fioritures ni formules de politesse, quelques mots qui ont fait battre mon cœur plus vite et trembler mes mains. "Elara, c'est Julian Moreau. Je sais ce que vous traversez avec Vivienne Cross. Je détiens des informations qui pourraient vous aider à obtenir justice pour votre mère. Acceptez de me rencontrer, je vous en prie. Seule. Cette conversation doit rester confidentielle." J'ai lu le message trois fois, quatre fois, le cœur battant contre mes côtes, les mains moites, partagée entre la méfiance et l'espoir, entre la raison qui me criait que c'était un piège et cette voix intérieure qui me soufflait que je n'avais rien à perdre. Julian Moreau, l'ennemi juré d'Adrian, l'homme qui a essayé de me séduire lors de ce premier gala, qui s'est app
Chapitre 33AdrianLa nuit est tombée depuis longtemps sur le penthouse, une nuit épaisse et silencieuse que troublent seulement le froissement des papiers que je manipule et le tic-tac lointain d'une horloge quelque part dans le salon, et je suis penché sur une pile de dossiers qui n'en finit pas de s'épuiser, les yeux brûlants de fatigue, les tempes serrées dans un étau, mais incapable de m'arrêter, incapable de poser ne serait-ce qu'une minute ce travail de fourmi qui est devenu ma seule raison d'être depuis que nous avons commencé à traquer les preuves contre ma mère. La lampe de bureau projette un cône de lumière jaune sur les documents éparpillés devant moi, et le reste de la pièce est plongé dans une pénombre que percent seulement les lumières de la ville, ces millions de points scintillants qui s'&ea
Chapitre 32AdrianQuand nous nous détachons l'un de l'autre, doucement, presque à regret, le silence qui suit n'est plus lourd, n'est plus oppressant, n'est plus chargé de tous ces non-dits qui empoisonnaient l'air entre nous depuis le premier jour. Il est doux, presque apaisé, comme le silence qui suit un orage, comme le calme qui s'installe après que la foudre est tombée et que la pluie a lavé la poussière. Elara essuie ses yeux du revers de la main, un geste furtif, presque enfantin, et je vois sur son visage une détermination nouvelle, une force que je ne lui avais jamais vue, une résolution qui me remplit d'espoir et d'admiration en même temps._ Que fait-on maintenant ? demande-t-elle d'une voix encore tremblante mais ferme, une voix qui a retrouvé son assurance, qui ne vacille plus. Comment on s'y prend pour abattre u
Chapitre 31ElaraLes mots d'Adrian résonnent dans ma tête comme un glas, comme une condamnation, comme le bruit de toutes les certitudes qui s'effondrent en même temps, et je reste là, debout au milieu de ce bureau trop grand, trop froid, trop chargé de souvenirs et de secrets, incapable de bouger, incapable de parler, incapable de penser. Ma mère, mon Hélène, ma douce maman qui m'a appris à lire dans les livres d'art, qui m'a emmenée au musée pour la première fois quand j'avais six ans, qui m'a tenu la main pendant toutes ces années de galère et de maladie, ma mère a été broyée par la famille Cross, accusée à tort, traînée dans la boue, détruite socialement et professionnellement par une femme qui n'a même pas eu le courage de reconnaître son crime.Et moi, qu'est-ce que j'ai fait ? J'ai signé un contrat avec le fils de ses bourreaux. J'ai emménagé dans leur univers de luxe et de pouvoir. J'ai commencé à éprouver quelq
Chapitre 5AdrianLe musée des Beaux-Arts se dresse devant moi dans la lumière pâle du matin, majestueux et silencieux, avec ses colonnes de marbre blanc et ses immenses portes de bronze qui semblent garder l'entrée d'un temple ancien. Je gravis les marches d'un pas lent, mesuré, et l'écho de mes p
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Chapitre 3AdrianJe ne lâche pas prise. Pas cette fois. Elle a dit son prénom, elle a tendu mon manteau, elle m'a à peine regardé, et pourtant je suis encore là, planté devant elle comme un débutant, à chercher une faille dans son armure._ Elara. Un très joli prénom. Savez-vous qui je suis ?Je d
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