تسجيل الدخولLe pacte du Roi de la Mafia À vingt-trois ans, Elena Hart voit sa vie basculer lorsqu'elle est forcée d'épouser Damon Volkov, le chef d'une puissante organisation mafieuse. Ce mariage n'est pas une histoire d'amour. C'est un pacte pour mettre fin à une guerre sanglante. Mais lorsque quelqu'un cherche à les éliminer tous les deux, leurs pires ennemis ne sont peut-être pas ceux qu'ils croient.
عرض المزيدChapitre 1
Elena
Le bruit de la porcelaine qui se brise sur le marbre me tire de ma rêverie. Je regarde, sans vraiment voir, les éclats de la tasse de thé se disperser aux pieds de mon père. Le liquide ambré dessine une carte étrange sur le sol blanc, une île sombre au milieu d'un océan de pierre froide. C'est mon cadeau d'anniversaire. Une tasse brisée et un monde qui s'effondre.
La voix de mon père résonne encore dans le salon trop vaste, aux murs tapissés de soie bleu nuit. Il a parlé d'un ton uni, presque administratif, comme s'il annonçait la signature d'un contrat commercial et non la vente de sa propre fille. Le mot « guerre » a plané dans l'air, lourd, menaçant, suivi du nom qui hante désormais chacun de mes battements de cœur. Damon Volkov. Un nom qui sent la poudre, l'acier froid et les nuits sans lune. Un nom que l'on murmure dans les dîners mondains avec un mélange de fascination morbide et de terreur absolue. Et ce nom, mon père vient de l'attacher au mien par une alliance que rien, ni personne, ne pourra briser.
Je sens le sang se retirer de mon visage. Un froid glacial s'insinue sous ma peau, malgré le feu qui crépite dans l'immense cheminée de marbre. Mes doigts, désormais vides, se crispent sur le tissu soyeux de ma robe vert émeraude, choisie avec tant d'excitation ce matin pour fêter mes vingt-trois ans. Je l'avais enfilée en imaginant le dîner intime, les rires complices avec ma mère, peut-être un regard fier de mon père. Pas ceci. Pas un arrêt de mort déguisé en cérémonie de mariage.
— Père, je vous en prie, ma voix n'est qu'un filet brisé, une supplication fragile qui se heurte au mur de son indifférence.
Il se tient debout près de la fenêtre, sa silhouette longue et élégante découpée par la lumière grise de la fin d'après-midi. Son costume anthracite est impeccable. Ses cheveux poivre et sel sont parfaitement coiffés. Il ne me regarde pas. Son regard, d'un bleu glacé semblable au mien, est perdu au-delà des vitres, vers les grilles imposantes du domaine, comme s'il guettait déjà l'arrivée du monstre à qui il m'a promise.
— Il n'y a pas d'alternative, Elena. Le clan Moretti s'apprête à nous déclarer une guerre totale. Volkov est le seul rempart. Ce mariage garantit notre sécurité, l'honneur de notre nom, la survie de tout ce que j'ai construit.
Sa survie. Son honneur. Son nom. Je ne suis qu'une monnaie d'échange, un pion que l'on avance sur l'échiquier sanglant de ses ambitions. L'humiliation me brûle la gorge, plus acide que le fiel. Je ne suis plus une fille, un être de chair et de sentiments, mais un article dans un traité de paix.
— Vous me demandez de me sacrifier. De passer ma vie avec un homme que je ne connais pas. Un homme dont on dit qu'il est un démon.
Il tourne enfin la tête. Son regard croise le mien, et ce que j'y vois me glace plus que tout le reste. Pas de remords, pas de tristesse, seulement une lueur d'impatience, comme si ma détresse n'était qu'une formalité pénible à expédier.
— On dit beaucoup de choses. Tu es une Hart. Agis comme telle. Ce n'est pas un enterrement, c'est un mariage. Damon Volkov est un homme puissant, il te respectera.
Respecter. Le mot sonne creux, une promesse vide de sens. Je ferme les yeux un instant, chassant l'image de cet inconnu. Mon imagination me peint un homme dur, aux yeux vides et au cœur de pierre, un prédateur habitué à ce qu'on lui obéisse sans discuter. La haine, une haine viscérale et pure, commence à dévorer la peur. Elle se cristallise autour du nom de Damon Volkov. Il devient le visage de mon destin volé, le récipiendaire de toute ma rage impuissante.
Mes larmes, que je retenais à grand-peine, se mettent à couler, silencieuses et brûlantes sur mes joues froides. Je ne les essuie pas. Qu'il voie le résultat de sa décision. Je veux qu'il emporte cette vision de moi, brisée et humiliée le jour de mon anniversaire.
Sans un mot de plus, je tourne les talons. Chaque pas m'éloigne de lui, mais me rapproche de mon nouveau maître. Je sors du salon sans demander la permission, et le silence approbateur de mon père est la plus cruelle des réponses.
Dans le couloir, je m'appuie contre le mur, le cœur battant si fort qu'il menace de me briser les côtes. Chaque portrait d'ancêtre Hart me juge, me rappelle que mon devoir est le sacrifice silencieux. C'est alors que je les entends. Des chuchotements provenant du petit salon adjacent, dont la porte est restée entrouverte. Je reconnais la voix de ma tante Margaret.
— La pauvre petite. Livrée à ce Volkov. Vous imaginez ? On dit qu'il a fait disparaître son propre conseiller d'un simple claquement de doigts. Elle sera bientôt la prisonnière de l'homme le plus cruel du pays.
Le rire étouffé qui suit me transperce comme une lame. C'est ma cousine, Isabella. Ma propre famille se repaît déjà de mon malheur, le commentant comme un fait divers croustillant. L'humiliation se mue en une vague de honte si brûlante qu'elle me donne la nausée. Je ne suis pas une future épouse, je suis une victime sacrificielle, et tout le monde célèbre ma descente aux enfers.
Je fuis. Mes talons claquent sur le marbre du hall. Je bouscule presque un domestique qui portait un plateau d'argent. Il s'écarte, les yeux baissés, mais je sais qu'il sait. Je ne suis plus Elena, la fille de la maison, je suis la future Madame Volkov, un objet de pitié macabre.
J'atteins enfin ma chambre. J'en claque la porte et m'y adosse, haletante. Les lourdes tentures de velours bleu marine cachent les dernières lueurs du jour. L'air est saturé de mon parfum familier, un mélange de pivoine et de musc blanc. D'habitude, cette odeur m'apaise. Ce soir, elle sent le renfermé, la fin d'une époque.
Je me laisse glisser contre la porte jusqu'au sol et prends mon visage entre mes mains. Ma peau est moite. Les larmes coulent librement, de grosses larmes chaudes qui tracent des sillons sur mes joues. Damon Volkov. Je répète son nom dans le silence. Je le goûte, je le hais. Il est déjà l'ennemi. L'homme qui, sans même me rencontrer, a fait de mon anniversaire un jour de deuil.
Pourtant, au milieu des larmes et de la rage, une pensée glaciale se fraie un chemin jusqu'à ma conscience. Si je suis une prisonnière, je serai la prisonnière la plus froide, la plus calculatrice qu'il ait jamais vue. Il veut la paix ? Il aura un mariage de glace. Il m'aura prise comme un trophée, il découvrira bien assez tôt que le trophée peut aussi être un poison.
Je relève la tête. Dans le miroir de ma coiffeuse, mon reflet me fixe. Mes yeux, rougis par les pleurs, brillent d'un éclat sauvage. Mes longs cheveux blonds, si soigneusement coiffés le matin, retombent en mèches folles sur mes épaules. La fille brisée que mon père a vue dans le salon n'existe déjà plus. C'est une autre femme qui se lève, vacillante mais déterminée. Une femme de marbre et de vengeance.
Le choc sourd d'un coup frappé à ma porte me fait sursauter. La voix impersonnelle de Maria, notre gouvernante, traverse le bois épais.
— Mademoiselle Elena, un coursier vient d'arriver. Il y a une lettre pour vous, de la part de la maison Volkov.
Une lettre. La première offensive. Ma main tremble légèrement tandis que je me relève. La guerre, ma guerre, vient de commencer.
Chapitre 36DamonJe la trouve dans sa chambre, assise sur le bord du lit, les mains croisées sur les genoux, le regard fixé sur le vide comme une statue de cire abandonnée dans un musée désert. Elle n'a pas pleuré, du moins pas devant les autres, mais ses yeux rougis et ses cils humides trahissent les larmes qu'elle a retenues, et son visage est plus pâle que le marbre de la cheminée. Je n'ai pas besoin de lui demander ce qui s'est passé, je le sais déjà, je l'ai su à l'instant où j'ai vu Bianca disparaître dans les jardins et Elena revenir seule quelques minutes plus tard, les épaules voûtées, la démarche brisée.— Que vous a-t-elle dit ? demandé-je en m'asseyant en face d'elle, ma voix plus douce que d'ordinaire.Elle lève vers moi des yeux où
Chapitre 35ElenaLe repas s'achève dans un brouillard dont j'émerge à peine, les doigts encore entrelacés à ceux de Damon sous la nappe, le cœur gonflé d'une émotion confuse où se mêlent la gratitude, la surprise et une terreur sourde que je n'arrive pas à nommer. Je me lève de table quand les convives commencent à se disperser, prétextant un mal de tête pour échapper aux conversations polies et aux regards qui me pèsent comme des poids de plomb sur les épaules, et je me dirige vers les jardins par la porte-fenêtre du petit salon, aspirant à la solitude des allées ombragées et au murmure apaisant des fontaines.Je n'ai pas fait vingt pas sur le gravier de l'allée principale que des talons claquent derrière moi, un bruit sec et régulier qui se rapproche
Chapitre 34DamonLe déjeuner s'éternise dans un brouillard de conversations feutrées et de tintements d'argenterie, et chaque minute qui passe alourdit un peu plus le silence que j'observe depuis que j'ai pris place à la tête de la table. Mon regard ne quitte pas la scène qui se joue à ma droite, cette place vide qui aurait dû être celle d'Elena, cette chaise usurpée par Bianca avec une audace si parfaitement calculée qu'elle en devient une œuvre d'art de la provocation. Les invités mangent en parlant à voix basse, leurs yeux allant et venant entre Bianca, Elena et moi comme des spectateurs d'un tournoi de tennis, attendant le prochain échange, le prochain coup, la prochaine humiliation qui fera basculer le rapport de force.Je repousse lentement ma chaise, et le crissement des pieds de bois sur le marbre i
Chapitre 33ElenaLe déjeuner est servi dans la grande salle à manger du palais, une enfilade de tables nappées de lin blanc qui croulent sous les plats d'argent et les corbeilles de fruits exotiques, et l'assemblée des chefs de clan qui ont prolongé leur séjour à la faveur de cette réception improvisée prend place dans un bruissement de conversations feutrées et de chaises que l'on tire sur le marbre. Je me dirige vers la place qui m'est réservée, à la droite de Damon, cette place que l'on m'a attribuée depuis le premier jour et qui symbolise mon rang de maîtresse de maison, mais quand j'arrive à la hauteur de la chaise, je la trouve déjà occupée.Bianca Romano est assise à ma place, le dos bien droit, les couverts déjà disposés devant elle, et elle lève v






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