LOGINLes lettres d’un inconnu raconte la rencontre inattendue entre Camille et Antoine, un écrivain mystérieux. Après un simple échange dans un café, Camille décide de le retrouver en suivant des indices et en lui envoyant un message. Entre hésitations, découvertes et premiers rendez-vous, une histoire d’amour naît doucement, portée par la magie des petits gestes et des silences partagés.
View MoreCamille n’aimait pas particulièrement les mercredis. C’était ce jour flottant, coincé entre la nostalgie du week-end passé et l’impatience du prochain. Un jour qui ne servait à rien, selon elle. Mais ce mercredi-là, elle s’était réveillée avec une drôle de sensation dans le ventre. Pas désagréable, juste différente. Un peu comme quand on sait que quelque chose va arriver, sans savoir quoi.
Elle avait promis à Élodie, sa meilleure amie, de l’accompagner découvrir un nouveau café qui venait d’ouvrir dans leur quartier : “Le Faubourg”. L’endroit faisait parler sur I*******m — déco minimaliste, banquettes en velours beige, plantes suspendues un peu partout et playlist en fond sonore juste assez branchée pour avoir l’air spontanée. Camille, elle, n’avait rien contre les endroits à la mode, tant qu’on pouvait y boire un vrai café et discuter sans hurler. En entrant, l’odeur du café fraîchement moulu la frappa immédiatement. Une odeur douce, presque enveloppante, qui donnait envie de rester là des heures. Elle resserra un peu son écharpe autour du cou. L’automne venait juste de s’installer, et l’air était devenu brusquement plus vif ces derniers jours. Elle portait son pull gris préféré, celui qui tombait un peu sur l’épaule et qui la faisait se sentir bien sans effort. Un jean noir, ses baskets blanches un peu usées, et les cheveux attachés à la va-vite. Elle n’avait pas cherché à faire plus. C’était un mercredi. Rien d’exceptionnel. Élodie était déjà installée à une table près de la grande baie vitrée, un cappuccino devant elle et les yeux rivés sur son téléphone. Camille lui fit un signe de la main avant de la rejoindre. Mais au lieu de s’asseoir tout de suite, elle ralentit en passant près du comptoir. Un garçon. Plutôt grand. Les cheveux châtains, un peu en bataille, comme s’il avait passé la main dedans sans vraiment regarder. Il portait une chemise en lin, un peu froissée, ouverte sur un tee-shirt blanc. Un carnet était posé devant lui, à côté d’un café noir. Mais ce qui attira surtout Camille, c’était le livre qu’il tenait entre les mains. Un vrai livre. Pas une liseuse. Pas un écran. Un roman dont la couverture légèrement cornée indiquait qu’il avait déjà été lu. Il lisait avec une sorte de calme absorbé, comme si le monde autour de lui n’existait pas vraiment. Elle sentit un sourire lui échapper. Elle détourna les yeux. Mais à ce moment précis, comme si le destin jouait avec elle, il leva la tête. Leurs regards se croisèrent. Quelques secondes. Pas plus. Et il sourit. Simplement. Naturellement. Comme s’il la reconnaissait. Camille baissa les yeux, un peu troublée. Elle rejoignit Élodie, s’assit, tenta de faire comme si de rien n’était. Mais son cœur battait un peu plus vite. C’était idiot, elle le savait. Ce n’était qu’un sourire. Mais parfois, il suffit d’un sourire pour que tout commence.Les semaines qui suivirent les premiers moments d’insouciance et de complicité entre Camille et Antoine virent naître, comme souvent dans les débuts d’une histoire, des remous insidieux. Ce qui avait commencé dans la douceur et la magie d’un premier contact se confrontait désormais aux réalités plus troubles de leurs vies, à leurs peurs et à leurs failles.Ce dimanche après-midi, alors qu’ils étaient chez Camille, enveloppés dans la lumière chaude d’un printemps naissant, un silence étrange s’était installé entre eux. Antoine, qui d’habitude se montrait calme et rassurant, semblait ailleurs. Ses mains jouaient nerveusement avec la tasse de thé, et ses yeux, pourtant si expressifs, fuyaient souvent le regard de Camille.Elle finit par poser sa main sur la sienne, cherchant à lui transmettre un peu de chaleur et de présence. « Tu vas bien ? » murmura-t-elle avec douceur. Mais Antoine détourna le regard, et un soupir lui échappa. « Je ne sais pas… » finit-il par avouer, la voix un peu ra
Les jours qui suivirent leur rendez-vous au café furent pour Camille un mélange subtil d’euphorie et d’appréhension. Chaque matin, elle se surprenait à guetter son téléphone, espérant un message d’Antoine, une phrase, un mot qui viendrait prolonger ce moment suspendu qu’ils avaient partagé.Ce jeudi, en particulier, elle se leva avec une énergie nouvelle. Le ciel était d’un bleu éclatant, et les rues semblaient respirer la promesse du printemps. Le souvenir d’Antoine, de son regard et de la douceur de sa main effleurant la sienne, la faisait sourire sans raison apparente.Elle décida d’envoyer un message simple, presque timide :« Bonjour Antoine. J’espère que ta journée commence bien. Moi, je repense encore à notre rendez-vous. »Quelques minutes plus tard, son téléphone vibra. Le message d’Antoine était court, mais chaleureux :« Bonjour Camille. Moi aussi, je pense à ce moment. J’ai hâte de te revoir. »Ce petit échange, banal en apparence, marquait pourtant le début d’une danse dé
Le mercredi tant attendu était enfin là. Depuis le premier message échangé avec Antoine, Camille n’avait cessé de penser à ce moment, à ce rendez-vous qui allait peut-être changer la tournure de sa vie. Chaque jour, elle revivait en boucle la simple phrase qu’il lui avait envoyée :« Pourquoi ne pas nous retrouver au Faubourg mercredi prochain, à la même heure ? »Elle s’était levée tôt ce matin-là, avec un mélange d’excitation et de nervosité qui la tenaillait au creux du ventre. Choisir une tenue lui avait demandé plus de temps que d’habitude. Elle avait opté pour un jean légèrement délavé et un pull en maille douce, couleur crème, qui la mettait à l’aise. Une écharpe légère venait compléter son look, une touche de couleur discrète.En sortant de chez elle, le ciel était clair, traversé par une lumière douce, presque magique. Le printemps s’installait, et la ville semblait vibrer d’une énergie particulière, comme si elle aussi attendait ce rendez-vous.Arrivée devant “Le Faubourg”,
Ce soir-là, après une longue journée d’attente et de recherches, Camille s’installa sur son canapé, le téléphone à la main. L’adresse mail qu’elle avait trouvée – a.martin.writer@gmail.com – tournait en boucle dans sa tête.Écrire à Antoine. Lui parler. Lui dire quoi ? Elle n’était pas du genre à envoyer des messages à des inconnus, encore moins pour quelque chose d’aussi incertain. Pourtant, il y avait ce mystère, cette douceur dans son sourire, dans ses gestes, cette phrase murmurée au café… C’était comme une invitation silencieuse.Camille prit une profonde inspiration. Elle ouvrit l’application mail, posa ses doigts sur le clavier, et commença à taper, puis effaça, recommença. Comment trouver les mots justes, sans paraître trop directe, ni trop maladroite ?Elle finit par écrire :⸻Bonjour Antoine,Je ne sais pas si vous vous souvenez de moi, mais nous nous sommes croisés mercredi dernier au café “Le Faubourg”. Vous avez laissé un livre sur la table, et votre petit mot m’a intrig












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