LOGINAprès l’humiliation de la veille, Léa se leva comme un automate. Son corps était lourd, marqué par l’huile, la sueur et le sperme séché d’Alexandre. Elle prit une douche longue, presque brûlante, frottant sa peau jusqu’à ce qu’elle rougisse. Mais rien ne pouvait effacer la sensation gluante de la honte qui collait encore à son âme.
Elle resta ensuite enfermée dans la chambre d’amis, assise sur le lit, le regard vide. Son esprit était ailleurs… ou plutôt nulle part. Elle n’avait plus la force de penser à Théo, à ses parents, à une possible fuite. Elle n’avait même plus le courage de haïr. Juste un grand vide intérieur, froid et paralysant. Un moment, elle se leva machinalement et ouvrit la porte-fenêtre menant au balcon. Elle n’y était jamais allée. L’air frais du matin la fit frissonner. La vue était magnifique : un grand jardin parfaitement entretenu, une piscine à débordement qui semblait se jeter dans l’horizon, et, juste en bas, Alexandre. Il était allongé sur un transat, torse nu, seulement vêtu d’un bas de pyjama noir, des lunettes de soleil sur le nez. Son corps athlétique brillait légèrement sous le soleil. Il semblait détendu, presque paisible. Léa le regarda avec un mélange de haine pure et de profond dégoût. Ses doigts se crispèrent sur la rambarde. À un moment, elle leva la main, forma un pistolet avec son index et son pouce, et le pointa sur lui. « Pow… » murmura-t-elle pour elle-même, comme une enfant qui joue. Elle croyait qu’il dormait. Mais Alexandre sourit. Un sourire lent, conscient, terrifiant. Léa se figea. La terreur la traversa comme une décharge électrique. Elle recula précipitamment, rentra dans la chambre et claqua la porte-fenêtre du balcon. Elle ferma même les rideaux d’une main tremblante, comme si cela pouvait la protéger. Elle s’assit sur le lit, le cœur battant à tout rompre, et attendit. Elle attendit sa sentence. Sa punition. Elle imaginait déjà le pire : une nouvelle humiliation, des gifles, des doigts brutaux, ou pire encore. Elle tremblait à l’idée que la porte s’ouvre et qu’Alexandre entre, calme et souriant, prêt à la briser un peu plus. Mais personne ne vint. Les minutes passèrent, puis les heures. Pas un bruit. Pas même les domestiques. Le silence était assourdissant. Alexandre lui faisait ressentir cette peur constante, ce stress qui rongeait l’âme. Il n’avait pas besoin de la toucher. Laisser mariner dans l’angoisse était bien plus efficace. Au milieu de la matinée, on frappa doucement à la porte. Léa sursauta violemment, le cœur prêt à exploser. Elle crut que c’était lui. Mais ce n’était qu’une femme de ménage, discrète et polie, qui entra avec un plateau-repas. — Monsieur a dit que vous deviez reprendre un peu de forces pour ce soir, Madame, annonça-t-elle gentiment en posant le plateau sur la table. Léa resta figée. Ces mots résonnèrent comme une condamnation à mort. Pour ce soir. La servante ne savait rien, bien sûr. Elle souriait même légèrement, pensant probablement faire une bonne action. Pour Léa, c’était une exécution annoncée. La domestique sortit sans attendre de réponse. Léa regarda le plateau : fruits frais, œufs, jus, viennoiseries. Tout était parfait, luxueux. Elle n’avait pas faim. Son estomac était noué par la peur. Pourtant, elle mangea un peu, mécaniquement. Son corps avait besoin d’énergie pour survivre à ce qui l’attendait. Elle passa le reste de la journée prostrée, alternant entre le lit et le fauteuil près de la fenêtre. Chaque bruit dans la maison la faisait sursauter. Chaque minute qui passait augmentait son angoisse. Qu’allait-il lui faire ce soir ? Allait-il enfin la pénétrer ? Allait-il la forcer à jouir encore devant lui ? Allait-il utiliser des objets ? La battre ? Les scénarios les plus sombres tournaient en boucle dans sa tête. Le soleil commença à descendre. L’ombre s’allongea dans la chambre. Léa restait assise sur le lit, les genoux contre la poitrine, les yeux fixés sur la porte. Elle attendait. Et cette attente était peut-être la pire des tortures. Dans son bureau, Alexandre travaillait calmement, un léger sourire aux lèvres. Il savait exactement ce qu’elle ressentait en ce moment. Il avait tout prévu. Ce soir, il allait lui rappeler une fois de plus à qui elle appartenait.Léa était toujours allongée sur le dos, les jambes légèrement écartées, attendant sa sentence. Elle ferma les yeux et se répéta intérieurement que ça allait passer. Que tout finissait toujours par passer. Même la douleur. Même l’humiliation. Même lui. Alexandre, lui, l’observait en silence depuis plusieurs secondes. Peut-être même une minute entière. Son regard parcourait chaque centimètre de son corps nu, comme s’il évaluait une possession qu’on avait osé toucher. Puis, lentement, il se déshabilla. Chemise, pantalon, sous-vêtements. Il se retrouva complètement nu. Il s’avança vers le lit et se plaça au-dessus d’elle, soutenu par ses avant-bras. Son corps chaud et lourd la surplombait. Il toucha d’abord son visage, du bout des doigts, puis descendit le long de son cou, s’attarda sur la base de sa gorge, avant de glisser vers ses seins. Il les caressa avec une lenteur calculée. Léa sentit immédiatement qu’il avait déjà une nouvelle érection. Dure. Chaude. Pressée contre sa cuisse.
Arrivés à la villa, Alexandre ne dit pas un mot. Il descendit de la voiture le premier et partit directement dans son bureau, claquant presque la porte derrière lui. Léa resta un instant immobile dans le grand hall, les bras le long du corps. Peut-être était-il en train d’appeler ses hommes pour couper définitivement toute collaboration avec la famille Moreau. Peut-être donnait-il des ordres pour que l’entreprise de Benjamin s’effondre encore plus vite. Elle ne le saurait jamais. Et de toute façon, ce n’était plus son problème. Son seul problème, maintenant, c’était lui. Elle monta les escaliers comme une condamnée. Chaque marche semblait plus lourde que la précédente. Dans la chambre, elle enleva la robe rouge d’un geste mécanique. Le tissu tomba au sol dans un froissement discret. Elle se débarrassa aussi des restes du collier brisé qu’elle avait gardés serrés dans sa main pendant tout le trajet. Puis elle entra sous la douche. L’eau chaude coula longtemps sur son corps. Elle rest
Ils ne rentrèrent pas tout de suite. Alexandre voulait régler ce problème avec le plus grand soin… et le plus grand des sadismes. Il se tourna d’abord vers Léa. D’un geste presque tendre, il essuya ses larmes avec son pouce, puis lui demanda d’une voix calme, presque douce : — Qui a cassé le collier ? — C’EST ELLE ! cria immédiatement Lia en pointant sa sœur du doigt, le visage encore rouge de colère et de jalousie. Alexandre tourna lentement la tête vers elle. Son regard était glacial, parfaitement contrôlé. Il prit son temps avant de parler, laissant le silence s’installer lourdement dans la pièce maintenant vide. — Tu veux me dire que le collier que j’ai moi-même passé autour de son cou… elle l’a tiré… et qu’il s’est cassé en deux ? Sa voix était posée, presque polie. Mais personne n’était dupe. Benjamin était déjà en sueur. Il avait vu la scène en sortant du bureau. Il savait qu’il avait déjà offensé Alexandre plus tôt. Maintenant, c’était sa fille qui s’en prenait directe
Derrière Lia se tenaient deux de ses amies, Sasha et Amanda. Des larbins. Des hyènes, se dit Léa en les voyant ricaner déjà. Elle se redressa pour être à leur hauteur. Lia s’avança et, sans aucune retenue, posa ses doigts sur le collier rouge de Léa. — Hann ! Ce n’est pas le collier de ce créateur de bijoux-là ? s’exclama Sasha, les yeux écarquillés. — Oui, confirma Amanda. — Il n’existe qu’un seul exemplaire au monde… et ça vaut presque deux milliards », continua Sasha, la voix pleine d’envie. Lia ne réfléchit pas une seconde. — Donne-le-moi. D’un geste brusque, elle arracha le collier du cou de Léa. Un cri étouffé traversa la salle. Lia sourit comme si elle venait de gagner le jackpot. Elle regarda les pierres rouges avec admiration, puis enfila le collier autour de son propre cou. Les yeux de Léa s’écarquillèrent d’horreur. Alexandre venait à peine de le lui mettre. « Donner » était un bien grand mot quand on connaissait Alexandre Voss. Elle tenta de récupérer le bijou, ma
Comme Alexandre l’avait prévu, dès qu’ils franchirent la porte de la grande maison, tous les regards se braquèrent sur eux. Les conversations s’arrêtèrent net. Les flashs des appareils photo crépitèrent immédiatement. La robe rouge de Léa et le collier de pierres rouges attiraient la lumière comme un aimant. Alexandre, quant à lui, avançait avec l’aisance naturelle de celui qui sait qu’il est le centre de l’attention. Dans un coin du grand salon, Léa aperçut Lia. Sa sœur avait les dents serrées si fort qu’une veine se dessinait clairement sur son front. Ses yeux lançaient des éclairs de pure jalousie. Léa faillit rire. Pendant une fraction de seconde, elle savoura cette petite victoire. Mais l’ombre de son père vint lui barrer la vue. Benjamin Moreau s’avança vers eux, le sourire collé au visage. Il tendit la main à Alexandre. Celui-ci l’ignora complètement. Il ne regarda même pas la main tendue. Un silence gênant s’installa. Benjamin fut obligé de transformer son geste en une sorte
Dans la voiture, le silence s’installa dès que le chauffeur démarra. Léa regardait par la vitre teintée, la robe rouge moulante collée à sa peau, le décolleté trop profond lui donnant l’impression d’être exposée. Alexandre, assis à côté d’elle, semblait parfaitement détendu. Il sortit une petite boîte noire de la poche intérieure de sa veste. Une boîte à bijoux. Il l’ouvrit lentement. Un sourire satisfait étira ses lèvres. À l’intérieur reposait un magnifique collier. Les pierres brillaient comme des diamants, mais elles étaient d’un rouge profond, intense, presque sanglant. Un bijou d’une valeur que Léa n’osait même pas imaginer. Alexandre le sortit avec précaution et s’approcha pour le lui passer autour du cou. Léa recula instinctivement. — C’est trop cher… je… je peux pas le porter, dit-elle rapidement, la voix un peu trop aiguë. Alexandre fronça les sourcils. Son regard se durcit légèrement, mais sa voix resta calme lorsqu’il lui passa le collier malgré sa protestation. — Tu







