MasukLe réveil sonna à six heures.
Cette fois, je n'eus pas envie de le repousser. Dès que j'ouvris les yeux, un sourire se dessina sur mon visage.
Aujourd'hui était un grand jour.
Après des semaines de travail, de doutes et de préparatifs, le Bella Glow Studio allait enfin accueillir ses premières clientes.
Je pris une douche rapide, puis j'enfilai un tailleur beige que j'avais choisi pour l'occasion. Devant le miroir, j'attachai soigneusement mes cheveux en queue-de-cheval avant de m'observer quelques secondes.
Je paraissais calme.
À l'intérieur, pourtant, mon cœur battait déjà à toute vitesse.
Je soufflai doucement à mon reflet.
— Tu peux le faire, Élina.
Une heure plus tard, la porte du salon s'ouvrit.
Mia entra avec deux cafés fumants dans une main et un grand sac en papier dans l'autre.
Une délicieuse odeur de viennoiseries envahit aussitôt la pièce.
— On va avoir besoin de forces aujourd'hui ! annonça-t-elle avec son enthousiasme habituel.
Je laissai échapper un petit rire.
— Tu prévois toujours tout, toi ?
Elle haussa les épaules avec un sourire malicieux.
— C'est mon super pouvoir.
Nous passâmes les dernières minutes à vérifier que tout était parfait.
Les produits étaient soigneusement rangés sur les étagères.
Les miroirs étincelaient.
Les fauteuils semblaient neufs.
Pas un seul détail ne dépassait.
À neuf heures précises, je retournai la pancarte suspendue à la porte.
OUVERT
Je restai quelques secondes à la contempler.
Ça y est...
C'était réel.
Mon cœur cognait si fort contre ma poitrine que j'avais l'impression que tout le salon pouvait l'entendre.
Les premières minutes furent interminables.
Mia faisait semblant de ranger quelques produits tandis que je jetais sans arrêt un regard vers la porte.
Personne.
Chaque seconde semblait durer une éternité.
Puis la poignée tourna enfin.
Une femme d'une quarantaine d'années entra avec un sourire accueillant.
— Bonjour. C'est bien aujourd'hui que vous ouvrez ?
Je m'avançai aussitôt.
— Oui. Bienvenue au Bella Glow Studio.
Elle prit le temps d'observer chaque recoin du salon.
Son regard brillait.
— C'est vraiment très beau. On s'y sent bien.
Ces quelques mots suffirent à faire retomber une partie de la pression qui pesait sur mes épaules.
La matinée s'emballa ensuite.
Une deuxième cliente arriva.
Puis une troisième.
Ensuite, les rendez-vous s'enchaînèrent sans interruption.
Avant même que midi ne sonne, toutes les disponibilités des deux jours suivants étaient déjà réservées.
Mia croisa mon regard avec un sourire victorieux.
— Alors ? Je ne t'avais pas dit qu'elles allaient se battre pour venir ?
Je ris de bon cœur.
— J'avoue... je n'osais pas y croire.
Vers treize heures, le salon retrouva enfin un peu de calme.
J'en profitai pour traverser la rue afin d'acheter quelques sandwichs et des boissons dans le petit café d'en face.
Le sac à la main, je revenais tranquillement lorsque des cris attirèrent mon attention.
Plusieurs jeunes filles couraient sur le trottoir, leur téléphone déjà levé pour filmer.
— Il arrive !
— Vite, dépêche-toi !
— Christiano est là !
Je m'arrêtai, surprise.
En quelques instants, plusieurs berlines noires s'arrêtèrent devant le bâtiment voisin.
Des agents de sécurité descendirent immédiatement des véhicules et prirent position autour de l'entrée.
Une foule commençait déjà à se masser derrière les barrières installées sur le trottoir.
Des journalistes ajustaient leurs caméras tandis que les flashs crépitaient dans tous les sens.
Je me tournai vers un homme qui observait la scène près de moi.
— Excusez-moi... Qu'est-ce qu'il se passe ?
Il me regarda avec étonnement.
— Vous n'êtes pas d'ici, n'est-ce pas ?
Je souris timidement.
— Ça se voit tant que ça ?
Il eut un petit rire.
— Un peu. C'est Christiano Willer. Il passe souvent dans ce quartier. Son centre de rééducation sportive est juste à côté.
Je suivis instinctivement son regard.
Au même moment, la portière arrière de l'une des voitures s'ouvrit.
Une grande silhouette vêtue d'un costume sombre descendit du véhicule.
Même à cette distance, il dégageait une assurance difficile à ignorer.
Les supporters scandèrent aussitôt son nom.
Les appareils photo ne cessèrent de crépiter.
Sans paraître impressionné par toute cette agitation, Christiano leva simplement une main pour saluer la foule avant d'entrer dans le bâtiment voisin.
Je n'eus le temps d'apercevoir son visage que quelques secondes.
Puis je repris ma route vers le salon.
Après tout...
Ce n'était qu'une grande star du football.
Je ne me doutais pas que notre première véritable rencontre était désormais toute proche.
Mon téléphone ne cessait de vibrer.Je restais immobile, les yeux fixés sur l'écran.Maxime Kev.Son nom fit remonter en moi des souvenirs que j'aurais préféré oublier.Depuis le soir où je l'avais surpris avec Sarah, il n'avait plus cherché à me contacter.Je laissai son appel s'éteindre.À peine quelques secondes plus tard, il recommença.Puis encore une fois.Mia, qui observait la scène en silence, posa une main sur mon épaule.— Décroche.Je tournai la tête vers elle.— Sinon, il va continuer toute la journée.Je fermai les yeux un instant pour rassembler mon courage.Puis j'acceptai enfin l'appel.— Qu'est-ce que tu veux, Maxime ?Au bout du fil, il ne répondit pas tout de suite.J'entendais simplement sa respiration.Puis sa voix résonna, plus hésitante que dans mes souvenirs.— Enfin... tu m'as répondu.Mon estomac se noua.Cette voix m'était devenue étrangère.— Réponds à ma question.Il prit une inspiration.— Je t'ai vue à la télévision.Je gardai le silence.— Alors... c'es
Le gala prit fin un peu avant minuit.Lorsque Christiano et moi quittâmes l'hôtel, je crus un instant que la foule s'était encore agrandie.Les journalistes nous attendaient derrière les barrières de sécurité.À peine avions-nous franchi les portes que les flashs éclatèrent de nouveau.— Christiano !— Un mot pour la presse !— Qui est la jeune femme qui vous accompagne ?Les voix se mélangeaient. Chacun essayait de couvrir les autres.Je baissai instinctivement les yeux.Cette agitation me mettait mal à l'aise.Sans répondre à la moindre question, Christiano m'ouvrit la portière de la voiture.— Montez.Sa voix était calme, presque rassurante.Je hochai la tête et pris place à l'intérieur.Quelques secondes plus tard, il me rejoignit et la voiture s'éloigna enfin de l'hôtel.À travers la vitre teintée, je regardai les journalistes disparaître peu à peu.Je laissai échapper un long soupir.— Je comprends mieux ce que Victor voulait dire.Christiano tourna légèrement la tête vers moi.
Le gala battait son plein.Les conversations se mêlaient aux éclats de rire, les verres s'entrechoquaient et les serveurs circulaient discrètement entre les invités.Assise à côté de Christiano, je terminai tranquillement mon assiette. Pour la première fois depuis le début de la soirée, je me sentais presque à ma place.Une voix grave interrompit soudain notre conversation.— Christiano.Je relevai la tête.Le sourire qui éclairait son visage quelques secondes plus tôt s'effaça aussitôt.Il se leva.— Victor.Les deux hommes échangèrent une poignée de main.Le geste semblait cordial, mais quelque chose sonnait faux.Leurs sourires étaient impeccables.Leurs regards, eux, étaient glacials.Je compris immédiatement qu'ils étaient loin d'être aussi proches qu'ils voulaient le laisser croire.Victor Donald se tourna ensuite vers moi.Son sourire était parfaitement maîtrisé.Trop parfait.— Vous devez être Élina Johnson.Je me levai à mon tour.— Enchantée.— J'ai beaucoup entendu parler d
Victor Donald faisait lentement tourner son verre de whisky entre ses doigts.Son regard, lui, restait fixé sur Élina.Il ne la quittait pas une seule seconde.— Qui est cette femme ? demanda-t-il d'une voix calme, mais glaciale.Son assistant s'approcha aussitôt.— Elle s'appelle Élina Johnson.Il consulta rapidement sa tablette avant de poursuivre.— Elle a ouvert récemment Bella Glow Studio, à quelques rues du centre d'entraînement du Royal Nevada FC.Victor continua d'observer la jeune femme de l'autre côté de la salle.— Depuis quand Christiano s'intéresse-t-il à une parfaite inconnue ?— D'après ce que nous avons pu vérifier, ils se connaissent seulement depuis quelques jours.Un sourire sans chaleur effleura les lèvres de Victor.— Quelques jours...Il marqua une courte pause.— Et pourtant, il l'amène déjà à un gala officiel.Il ne fait jamais ce genre de chose.Son assistant resta silencieux.Il connaissait suffisamment son patron pour savoir que cette curiosité n'avait rien
Les flashs continuaient d'éclater sans interruption.Éblouie, je baissai instinctivement les yeux. Je n'avais jamais aimé attirer l'attention. Encore moins devant une foule de journalistes qui semblaient prêts à transformer le moindre détail en gros titre.— Christiano ! Par ici !— Regardez-nous !— Qui est cette jeune femme ?— Est-ce votre nouvelle compagne ?Les questions fusaient de tous les côtés.À côté de moi, Christiano ne ralentit pas. Il gardait les yeux fixés devant lui, comme s'il n'entendait rien.Sa main serrait toujours la mienne.Ce simple geste me rassurait plus que je ne voulais l'admettre.Dès que les portes de l'hôtel se refermèrent derrière nous, le vacarme des photographes s'éloigna enfin.Je soufflai discrètement, soulagée.Christiano tourna la tête vers moi.— Ça va ?J'acquiesçai, même si mon cœur battait encore un peu trop vite.— Oui... enfin, je crois.Je baissai les yeux avant d'ajouter, un peu gênée :— Désolée...Il fronça légèrement les sourcils.— Pou
Le jour du gala arriva plus vite que je ne l'avais imaginé.Depuis mon réveil, je n'avais que cette soirée en tête.Chaque fois que j'essayais de penser à autre chose, mon esprit revenait aussitôt aux journalistes, aux célébrités et à cette invitation que j'avais acceptée presque sur un coup de tête.Je m'arrêtai devant le miroir du salon.Qu'est-ce que je faisais vraiment là-dedans ?Bella Glow Studio venait à peine d'ouvrir. J'étais loin d'appartenir à leur monde.— Tu vas finir par user le carrelage.La voix amusée de Mia me tira de mes pensées.Je levai les yeux vers elle.— Tu fais les cent pas depuis dix minutes.Je laissai échapper un soupir.— Je ne peux pas m'en empêcher... Je suis vraiment stressée.Elle s'approcha et posa une main rassurante sur mon épaule.— Écoute-moi bien. Tu ne vas pas à cette soirée pour impressionner des stars. Tu y vas parce que tu es une excellente professionnelle. C'est pour ton talent qu'on t'a appelée.Ses mots dissipèrent une partie de mon inqui







