LOGINLe jet-ski de Sofia vibrait sous elle, le moteur ronronnant comme un animal impatient tandis qu’elle fendait l’eau, laissant derrière elle une traînée d’écume blanche. Elle avait besoin de cette vitesse, de cette sensation de contrôle, pour oublier un peu la tension qui la rongeait depuis le matin. Pedro était là, et elle l’évitait délibérément, changeant de direction dès qu’il s’approchait trop près. Elle savait qu’il essayait de lui parler, mais elle n’était pas prête. Pas après la nuit dernière, pas après ce qu’elle lui avait demandé et ce qu’il avait refusé.Javier et Diego étaient un peu plus loin, riant aux éclats en slalomant entre les vagues, leurs cris joyeux portés par le vent. Ellie surfait non loin, sa planche glissant avec grâce sur l’eau. Sofia se concentra sur eux, essayant de se fondre dans l’ambiance familiale, mais son esprit revenait sans cesse à Pedro. À la façon dont il l’avait regardée ce matin au petit-déjeuner, évitant son regard comme si elle était un fantôme
Le matin suivant la soirée, l’ambiance dans la maison de vacances était lourde, presque étouffante, comme si l’air lui-même portait le poids des non-dits accumulés. Sofia descendit les escaliers lentement, les cheveux encore humides de la douche, portant un short en jean clair et un débardeur blanc simple qui soulignait discrètement ses formes. Mais ce matin, tout était différent. Il y avait une distance palpable entre eux, une gêne qui flottait dans l’air comme une brume invisible.Elle entra dans la cuisine où le petit-déjeuner était déjà servi : des œufs brouillés fumants, du bacon croustillant, des croissants dorés et du café frais dont l’odeur remplissait la pièce. Javier était aux fourneaux, souriant comme toujours, tandis que Diego et Ellie étaient déjà attablés, parlant de surf avec animation. Pedro était là aussi, assis au bout de la table, une tasse de café entre les mains, le regard fixé sur son assiette. Quand Sofia entra, il releva les yeux une fraction de seconde, puis l
Sofia rentra chez elle vers 2h30 du matin, les joues encore rosées par l’alcool et la chaleur de la soirée. La fête chez son amie Carla avait été explosive : musique forte, lumières tamisées, rires et confidences qui tournaient parfois trop autour du sexe. Elle referma doucement la porte d’entrée, retira ses talons hauts et monta les escaliers sur la pointe des pieds pour ne réveiller personne.Pedro l’attendait déjà dans leur chambre, allongé sur le lit, torse nu, seulement vêtu d’un boxer. Il jouait sur son téléphone, mais dès qu’elle entra, il posa l’appareil et lui sourit.— Alors ? C’était bien ? murmura-t-il.— Trop bien, répondit Sofia en enlevant sa robe moulante. Je te raconte tout à l’heure.Ils attendirent patiemment que toute la maison s’endorme. Les parents de Sofia étaient couchés depuis longtemps, et son petit frère avait enfin éteint sa console. Vers 3h15, Pedro lui envoya un message discret :Descends. Je t’attends dans la voiture.Sofia enfila un sweat large et un sh
Sofia s’éloigna du groupe principal avec un sourire poli, prétextant qu’elle allait saluer quelqu’un qu’elle connaissait à l’autre bout du salon. La musique était plus forte ici, les basses faisant vibrer le sol sous ses pieds, et l’air était saturé d’une odeur de sueur, de parfum sucré et d’alcool renversé. Elle traversa la foule, évitant les corps qui se pressaient, les mains qui se levaient pour danser, les rires qui fusaient comme des éclats de verre. Son cœur battait encore un peu trop fort après les messages avec Pedro, après cette sensation de secret partagé qui la rendait à la fois euphorique et nerveuse. Elle avait besoin de respirer, de changer d’air, même si ce n’était que pour quelques minutes.Elle repéra un petit groupe de filles près d’une fenêtre ouverte sur la terrasse. Elle les connaissait vaguement des connaissances de Mia ou d’autres fêtes de l’été. Elles étaient quatre, riant autour de cocktails colorés, leurs robes courtes scintillantes sous les lumières. L’une d
La musique pulsait dans la villa comme un cœur vivant, lourd et régulier, faisant vibrer les murs blancs et les baies vitrées qui donnaient sur l’océan. La soirée était déjà bien avancée, l’air chargé d’une odeur mélangée de parfum, de sueur, de bière renversée et de sel marin qui s’infiltrait par les fenêtres ouvertes. Des lumières colorées tournoyaient au plafond, projetant des ombres dansantes sur les corps qui se pressaient sur la piste improvisée au milieu du salon. Sofia riait, un verre de soda à la main, essayant de se fondre dans cette joie collective comme on enfile un masque trop grand. Elle dansait avec Lena, leurs hanches ondulant au rythme d’un reggaeton entraînant, ses cheveux noirs volant autour de son visage. En apparence, elle était joyeuse. Radieuse, même. Mais à l’intérieur, tout était un chaos contrôlé, un feu qu’elle tentait d’étouffer sous des sourires et des éclats de rire forcés.Elle avait passé la journée à essayer de se comporter normalement, à aider Javier
L’après-midi s’étirait paresseusement sur la plage, comme une longue respiration chaude et dorée qui enveloppait tout dans une lumière presque irréelle. Le soleil était encore haut, mais déjà teinté d’or, projetant des reflets scintillants sur l’océan qui roulait doucement, ses vagues mourant en écume blanche sur le sable fin. Pedro et Diego avaient trouvé un coin relativement calme, un peu à l’écart du groupe principal, où le bruit des vagues couvrait presque les cris des enfants et les rires des familles alentour. Ils avaient improvisé un terrain de beach-volley avec des serviettes comme filets et des marques tracées dans le sable. Le ballon volait entre eux, rebondissant avec des bruits mats quand l’un des deux le renvoyait d’un smash puissant. Diego, torse nu, bronzé et plein d’énergie, riait à chaque point marqué, ses cheveux noirs collés par le sel et la sueur.« Allez, tonton ! T’es lent aujourd’hui ! » lança Diego en sautant pour smasher le ballon, ses muscles se dessinant sou
Sofia sentit les larmes monter d’un coup, chaudes et incontrôlables, comme une vague qui déferle sans prévenir. Elles roulèrent sur ses joues, traçant des sillons salés qui brûlaient sa peau déjà rougie par la vapeur de la douche. Elle resta figée une seconde, nue, les bras ballants, le corps encor
le téléphone de Pedro, posé sur le lavabo, vibra avec insistance, son écran s’illuminant dans la pénombre de la salle de bain. La sonnerie, banale et intrusive, les figea net, comme si le monde extérieur avait forcé la porte pour les ramener brutalement à la réalité. Sofia cligna des yeux, confuse,
Le sommeil avait été un refuge précaire, un voile fin qui s’était déchiré aux premières lueurs du jour, laissant Sofia aux prises avec un tourbillon de pensées qui refusaient de s’apaiser. Elle rouvrit les yeux sur une chambre baignée d’une lumière vive, filtrée par les volets mal fermés, qui dessi
Elles l’entraînèrent à l’étage, le couloir sombre et bondé de couples enlacés. La chambre était au fond une pièce spacieuse avec un lit king-size, des draps blancs froissés, et une lampe qui diffusait une lumière rougeâtre, intime. Brooke ferma la porte derrière eux, le verrou claquant comme un poi







