Se connecterForcĂ©e par un contrat cruel, Aya DiabatĂ©, jeune femme issue dâun milieu modeste, Ă©pouse Kylian De Vauren, un homme puissant, plus ĂągĂ© quâelle, craint dans les cercles politiques et financiers. Aux yeux du monde, ce mariage est une alliance stratĂ©gique. En rĂ©alitĂ©, câest une prison dorĂ©e. DerriĂšre son masque de froideur et dâautoritĂ©, Kylian cache un secret : il est tombĂ© amoureux dâAya dĂšs le dĂ©but, mais refuse de lâadmettre, convaincu que lâamour est une faiblesse mortelle dans son univers sombre et dangereux. Aya, elle, vit entre mĂ©fiance et haine, persuadĂ©e que la famille De Vauren est responsable de la chute de la sienne. Lorsque Aya dĂ©couvre quâelle est enceinte, tout bascule. La vĂ©ritĂ© Ă©clate : son enfant pourrait devenir un outil de pouvoir dans une guerre qui la dĂ©passe. Pour le protĂ©ger, elle fuit, disparaissant sans laisser de trace. Commence alors une course haletante Ă travers plusieurs pays, entre faux papiers, filatures et complots. Kylian, brisĂ© mais dĂ©terminĂ©, part Ă sa recherche, prĂȘt Ă affronter son propre clan pour retrouver la femme quâil nâa jamais cessĂ© dâaimer⊠et lâenfant quâil nâa jamais connu. Dans un monde oĂč lâamour est un danger, jusquâoĂč peut-on aller pour protĂ©ger ce qui est pur ?
Voir plusJâai reconnu son nom avant mĂȘme de lever les yeux.
Kylian De Vauren. Pendant des annĂ©es, ce nom avait Ă©tĂ© synonyme dâune seule chose : la mort de mon pĂšre. Je lâavais lu dans des dossiers confidentiels. Je lâavais entendu murmurĂ© dans des couloirs sombres. Je lâavais retrouvĂ©, encore et encore, au croisement de toutes les pistes qui menaient au drame. Et maintenant, il Ă©tait lĂ . Devant moi. â Monte, Aya. Sa voix Ă©tait calme. Trop calme pour un homme que je considĂ©rais comme un meurtrier. â Je prĂ©fĂšre mourir, rĂ©pondis-je. Un sourire imperceptible effleura son visage. Pas moqueur. FatiguĂ©. â Câest prĂ©cisĂ©ment ce qui va tâarriver si tu restes ici. Je serrai les poings. â Tu nâas aucun droit de me parler. â Jâen ai plus que tu ne le crois. Je le dĂ©testais. Je le dĂ©testais pour ce regard assurĂ©. Pour cette Ă©lĂ©gance froide. Pour le fait quâil respirait encore alors que mon pĂšre Ă©tait sous terre. Journaliste dâinvestigation, jâavais passĂ© cinq ans Ă reconstituer la vĂ©ritĂ©. Mon pĂšre nâĂ©tait pas un homme ordinaire. Il enquĂȘtait. Il avait dĂ©couvert quelque chose quâil nâaurait jamais dĂ» voir. Et Ă chaque fois, le mĂȘme nom revenait. Kylian De Vauren. â Tu lâas fait tuer, crachai-je. â Non. â Tu Ă©tais lĂ . â Oui. â Alors tu es coupable. Il soutint mon regard sans ciller. â Le monde nâest pas aussi simple, Aya. Je ris, un rire amer. â Tu dis ça Ă la fille dâun mort. Il ouvrit la portiĂšre arriĂšre de la voiture. â Monte. â Je ne monterai jamais avec toi. â Les hommes qui tâobservent depuis lâangle de la rue ne te laisseront pas ce luxe. Mon sang se glaça. Je nâavais rien vu. Mais lui, oui. â Pourquoi tu me protĂšges, murmurai-je. â Parce que ce nâest pas toi quâils cherchent Ă faire taire. â Câest le passĂ©, dis-je. â Exactement. Je montai. Ă contrecĆur. Par instinct de survie. La voiture dĂ©marra. Le silence Ă©tait lourd. â Si tu crois que ça efface ce que tu as fait, dit-il, tu te trompes. â Je ne cherche pas ton pardon. â Je veux la vĂ©ritĂ©. â Tu ne la supporteras pas. Je me tournai vers lui. â Alors pourquoi mâaider â Parce que lâhomme qui a ordonnĂ© la mort de ton pĂšre nâest pas celui que tu poursuis depuis des annĂ©es. Mon cĆur rata un battement. â Tu mens. â Non. Il sortit un dossier. Des photos. Des noms. Des dates. â Ton pĂšre travaillait contre eux. â Et toi â Moi, je suis celui qui a empĂȘchĂ© que tu sois la prochaine. Je refermai brutalement le dossier. â Tu crois vraiment que je vais te croire â Non, dit-il. Je sais que tu continueras Ă me haĂŻr. La voiture ralentit. Une ombre passa prĂšs de la vitre. â Mais tant que tu me dĂ©testes, ajouta-t-il, tu restes en vie. Il se pencha vers moi. â Tu mâas cherchĂ© pendant des annĂ©es, Aya. â Oui. â Maintenant, tu mâas trouvĂ©. Et je compris que lâennemi que jâavais jurĂ© de dĂ©truire Ă©tait devenu mon seul refuge. Ce qui Ă©tait, sans aucun doute, la chose la plus dangereuse qui pouvait mâarriver.Le bracelet reposait toujours au creux de la main d'Aya.Froid.Ătrangement lourd.Elle faisait glisser son pouce sur la petite plaque gravĂ©e de la lettre A, comme si ce simple contact pouvait rĂ©veiller un souvenir.â Tu le reconnais ? demanda doucement Ălise.Aya secoua lentement la tĂȘte.â Non... mais j'ai l'impression de l'avoir dĂ©jĂ portĂ©.Kylian rĂ©cupĂ©ra dĂ©licatement l'objet.â Ne le touche plus pour le moment.â Tu crois qu'il est piĂ©gĂ© ?â Je crois surtout que quelqu'un veut influencer tes souvenirs.Samuel photographia le bracelet sous plusieurs angles.â Les gravures sont anciennes. Ce n'est pas une imitation rĂ©cente.Lucien, lui, examinait la boĂźte.â Attendez...Il retourna le coffret.Sous le fond en bois apparaissait une fine inscription presque effacĂ©e.â Il y a quelque chose.Kylian prit une lampe et Ă©claira la gravure.Quelques lettres seulement Ă©taient encore lisibles....Orphelinat Saint Gabriel... Chambre 12.Aya sentit son cĆur s'accĂ©lĂ©rer.â Un orphelinat ?â Tu n
La pluie tombait sur Valenor depuis le dĂ©but de l'aprĂšs-midi, enveloppant la ville d'un voile gris. Ă la rĂ©sidence, personne n'avait quittĂ© la salle de rĂ©union. Le rapport Ă©tait toujours ouvert sur la table.Kylian le relisait en silence.Lucien finit par perdre patience.â Tu vas finir par percer un trou dans cette feuille.Aucune rĂ©ponse.Ălise s'approcha de Kylian.â Tu connais ce nom, n'est-ce pas ?Il resta immobile quelques secondes avant de refermer le dossier.â Oui.Le simple mot suffit Ă alourdir l'atmosphĂšre.Aya observait Kylian avec attention. Depuis leur retour, il semblait plus fermĂ© que d'habitude, comme s'il luttait contre un souvenir qu'il refusait de partager.â Tu peux nous faire confiance, dit-elle doucement.Il leva les yeux vers elle.Pendant un instant, son masque habituel vacilla.â Ce nom appartenait Ă une ancienne unitĂ© clandestine. Officiellement, elle a Ă©tĂ© dĂ©mantelĂ©e il y a quinze ans aprĂšs une opĂ©ration qui a trĂšs mal tournĂ©.â Tu en faisais partie ? dem
Le moteur rugissait tandis que la voiture avalait les kilomĂštres.Kylian ne voyait plus la route.Seulement le chronomĂštre qui dĂ©filait sur le tableau de bord.Chaque minute lui semblait une Ă©ternitĂ©.Samuel consulta une nouvelle fois les alertes sur sa tablette.â Les capteurs indiquent que les intrus ont quittĂ© la rĂ©sidence il y a quatre minutes.â Ils ont pris Aya ?â Je ne sais pas.Cette rĂ©ponse suffit Ă faire blanchir les jointures des mains de Kylian sur le volant.â Ils ne l'auront pas.Ă la rĂ©sidence, Aya Ă©tait allongĂ©e sur le canapĂ©.Ălise avait vĂ©rifiĂ© ses constantes : elles Ă©taient normales.Pourtant, son regard restait perdu.â Tu peux me dire ce que tu as vu ? demanda Ălise doucement.Aya ferma les yeux.Les images revenaient par fragments.Des blouses blanches.Des couloirs interminables.Des enfants.Puis...â Il y avait d'autres enfants avec moi...Lucien cessa de faire les cent pas.â D'autres enfants ?Aya hocha lentement la tĂȘte.â Nous portions tous un bracelet av
Le masque noir ne laissait apparaĂźtre que deux yeux froids.Sans Ă©motion.Sans hĂ©sitation.Ălise se plaça immĂ©diatement devant Aya, son arme parfaitement alignĂ©e sur le premier intrus.â Un pas de plus, et je tire.L'homme ne ralentit pas.â Vous n'avez pas reçu l'ordre de nous Ă©liminer, dit-il d'une voix calme. Nous, non plus.Un second agent contourna lentement le salon.Puis un troisiĂšme.Ils se dispersaient mĂ©thodiquement.Ils connaissaient la maison.â Ils ont les plans..., souffla Ălise.Aya recula d'un pas.Son cĆur battait si fort qu'elle l'entendait presque.Soudain, un bruit Ă©clata Ă l'Ă©tage.Un meuble renversĂ©.Puis un cri.â Lucien ! lança Ălise.Aucune rĂ©ponse.L'inquiĂ©tude lui serra la poitrine.L'homme masquĂ© leva doucement une petite tĂ©lĂ©commande.â Nous vous conseillons de coopĂ©rer.â Jamais.Il appuya sur le bouton.Une Ă©paisse fumĂ©e blanche jaillit des bouches d'aĂ©ration.â Aya ! Retire ton Ă©charpe ! Couvre-toi le nez ! cria Ălise.Les deux femmes reculĂšrent vers la
Le lendemain, Valenor semblait Ă©trangement calme. Les pavĂ©s luisants par la pluie de la veille reflĂ©taient la lumiĂšre des lampadaires comme des Ă©clats de verre. Aya marchait Ă cĂŽtĂ© de Kylian, carnet Ă la main, tentant de transformer la peur de la veille en mĂ©thodique dĂ©termination.â Alors, lança L
Le trajet de retour fut brutalement silencieux.Pas le silence calme de ceux qui se comprennent, mais celui, lourd et coupant, de ceux qui retiennent trop de choses à la fois. Aya gardait les bras croisés, le regard fixé sur la vitre. Kylian conduisait trop vite, la mùchoire serrée, les épaules rig
Le soleil nâavait pas encore percĂ© complĂštement la brume de Valenor lorsque Aya arriva au cĆur de la ville, appareil photo en bandouliĂšre, carnet Ă la main. Elle aimait cette heure oĂč tout semblait possible, oĂč les passants pressĂ©s et les voitures silencieuses nâĂ©taient que des silhouettes floues,
La pluie Ă©tait revenue sur Valenor, fine et persistante, comme une menace discrĂšte. Aya marchait sous les auvents du quartier administratif, manteau serrĂ© autour dâelle, lâesprit en alerte. Lâadresse reçue la veille sâĂ©tait rĂ©vĂ©lĂ©e ĂȘtre un immeuble ancien, discret, coincĂ© entre deux banques moderne












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