تسجيل الدخولLe bracelet reposait toujours au creux de la main d'Aya.Froid.Étrangement lourd.Elle faisait glisser son pouce sur la petite plaque gravée de la lettre A, comme si ce simple contact pouvait réveiller un souvenir.— Tu le reconnais ? demanda doucement Élise.Aya secoua lentement la tête.— Non... mais j'ai l'impression de l'avoir déjà porté.Kylian récupéra délicatement l'objet.— Ne le touche plus pour le moment.— Tu crois qu'il est piégé ?— Je crois surtout que quelqu'un veut influencer tes souvenirs.Samuel photographia le bracelet sous plusieurs angles.— Les gravures sont anciennes. Ce n'est pas une imitation récente.Lucien, lui, examinait la boîte.— Attendez...Il retourna le coffret.Sous le fond en bois apparaissait une fine inscription presque effacée.— Il y a quelque chose.Kylian prit une lampe et éclaira la gravure.Quelques lettres seulement étaient encore lisibles....Orphelinat Saint Gabriel... Chambre 12.Aya sentit son cœur s'accélérer.— Un orphelinat ?— Tu n
La pluie tombait sur Valenor depuis le début de l'après-midi, enveloppant la ville d'un voile gris. À la résidence, personne n'avait quitté la salle de réunion. Le rapport était toujours ouvert sur la table.Kylian le relisait en silence.Lucien finit par perdre patience.— Tu vas finir par percer un trou dans cette feuille.Aucune réponse.Élise s'approcha de Kylian.— Tu connais ce nom, n'est-ce pas ?Il resta immobile quelques secondes avant de refermer le dossier.— Oui.Le simple mot suffit à alourdir l'atmosphère.Aya observait Kylian avec attention. Depuis leur retour, il semblait plus fermé que d'habitude, comme s'il luttait contre un souvenir qu'il refusait de partager.— Tu peux nous faire confiance, dit-elle doucement.Il leva les yeux vers elle.Pendant un instant, son masque habituel vacilla.— Ce nom appartenait à une ancienne unité clandestine. Officiellement, elle a été démantelée il y a quinze ans après une opération qui a très mal tourné.— Tu en faisais partie ? dem
Le moteur rugissait tandis que la voiture avalait les kilomètres.Kylian ne voyait plus la route.Seulement le chronomètre qui défilait sur le tableau de bord.Chaque minute lui semblait une éternité.Samuel consulta une nouvelle fois les alertes sur sa tablette.— Les capteurs indiquent que les intrus ont quitté la résidence il y a quatre minutes.— Ils ont pris Aya ?— Je ne sais pas.Cette réponse suffit à faire blanchir les jointures des mains de Kylian sur le volant.— Ils ne l'auront pas.À la résidence, Aya était allongée sur le canapé.Élise avait vérifié ses constantes : elles étaient normales.Pourtant, son regard restait perdu.— Tu peux me dire ce que tu as vu ? demanda Élise doucement.Aya ferma les yeux.Les images revenaient par fragments.Des blouses blanches.Des couloirs interminables.Des enfants.Puis...— Il y avait d'autres enfants avec moi...Lucien cessa de faire les cent pas.— D'autres enfants ?Aya hocha lentement la tête.— Nous portions tous un bracelet av
Le masque noir ne laissait apparaître que deux yeux froids.Sans émotion.Sans hésitation.Élise se plaça immédiatement devant Aya, son arme parfaitement alignée sur le premier intrus.— Un pas de plus, et je tire.L'homme ne ralentit pas.— Vous n'avez pas reçu l'ordre de nous éliminer, dit-il d'une voix calme. Nous, non plus.Un second agent contourna lentement le salon.Puis un troisième.Ils se dispersaient méthodiquement.Ils connaissaient la maison.— Ils ont les plans..., souffla Élise.Aya recula d'un pas.Son cœur battait si fort qu'elle l'entendait presque.Soudain, un bruit éclata à l'étage.Un meuble renversé.Puis un cri.— Lucien ! lança Élise.Aucune réponse.L'inquiétude lui serra la poitrine.L'homme masqué leva doucement une petite télécommande.— Nous vous conseillons de coopérer.— Jamais.Il appuya sur le bouton.Une épaisse fumée blanche jaillit des bouches d'aération.— Aya ! Retire ton écharpe ! Couvre-toi le nez ! cria Élise.Les deux femmes reculèrent vers la
Le drone disparut derrière les nuages, emportant avec lui les coordonnées exactes de la résidence.À plusieurs kilomètres de là, une salle plongée dans une lumière bleutée s'anima.— Confirmation visuelle obtenue, annonça un technicien.L'homme assis au bout de la table ne quitta pas les écrans des yeux.— Le Sujet A est plus résistant que prévu.La femme aperçue quelques jours plus tôt croisa les bras.— Nous intervenons ?— Pas encore.— Pourquoi attendre ?Un léger sourire étira les lèvres de l'homme.— Parce que Kylian est avec Samuel.Il marqua une pause.— Et je veux voir lequel des deux fera le premier faux pas.Pendant ce temps, Kylian et Samuel roulaient en direction du premier laboratoire abandonné.Le silence dans l'habitacle était pesant.Samuel finit par le briser.— Tu comptes lui dire quand ?— Lui dire quoi ?— Que tu l'aimes.Le freinage fut si brusque que Samuel dut se retenir au tableau de bord.— Tu es complètement fou ?— Tu n'as même pas nié.Kylian fixa la route
Le silence s'installa autour de la table.Même Lucien, d'ordinaire incapable de rester sérieux plus de deux minutes, gardait les yeux fixés sur le téléphone d'Élise.Aya observa chacun d'eux.— Quelqu'un va finir par m'expliquer ?Kylian verrouilla l'écran avant de le rendre à Élise.— Pas tant qu'on n'aura pas vérifié ces informations.Aya croisa les bras.— Donc tout le monde sait quelque chose... sauf moi.— Ce n'est pas ça, répondit doucement Élise. On veut simplement éviter de tirer des conclusions trop vite.Aya détourna le regard. Cette réponse ne la convainquait pas.Samuel rompit le silence.— Le message vient d'une source fiable ?— La meilleure que nous ayons, répondit Élise.Lucien se redressa.— Bon... on fait quoi ?Kylian prit immédiatement le contrôle.— Lucien, tu retournes à l'entrepôt où nous avons trouvé les dossiers il y a quelques jours. Vérifie s'il reste la moindre trace.— Compris.— Élise, je veux tout ce que tu peux obtenir sur ces laboratoires.— Je m'en oc
Le lendemain, Valenor semblait étrangement calme. Les pavés luisants par la pluie de la veille reflétaient la lumière des lampadaires comme des éclats de verre. Aya marchait à côté de Kylian, carnet à la main, tentant de transformer la peur de la veille en méthodique détermination.— Alors, lança L
Le trajet de retour fut brutalement silencieux.Pas le silence calme de ceux qui se comprennent, mais celui, lourd et coupant, de ceux qui retiennent trop de choses à la fois. Aya gardait les bras croisés, le regard fixé sur la vitre. Kylian conduisait trop vite, la mâchoire serrée, les épaules rig
Le soleil n’avait pas encore percé complètement la brume de Valenor lorsque Aya arriva au cœur de la ville, appareil photo en bandoulière, carnet à la main. Elle aimait cette heure où tout semblait possible, où les passants pressés et les voitures silencieuses n’étaient que des silhouettes floues,
La pluie était revenue sur Valenor, fine et persistante, comme une menace discrète. Aya marchait sous les auvents du quartier administratif, manteau serré autour d’elle, l’esprit en alerte. L’adresse reçue la veille s’était révélée être un immeuble ancien, discret, coincé entre deux banques moderne







