Il réfléchit un instant. Puis il commence à parler, sa voix grave emplissant la chambre comme une musique ancienne.— Quand j'étais humain, j'aimais les chevaux. J'en avais un, un étalon noir nommé Tempête. Il était indomptable. Personne ne pouvait le monter, sauf moi. Il me reconnaissait, il m'attendait, il hennissait quand j'entrais dans l'écurie. Je le montais à cru, sans selle ni bride, et nous galopions dans la campagne toscane, les collines, les vignes, les oliviers. Le vent dans mes cheveux, le soleil sur mon visage. C'était... c'était la liberté.— Qu'est-ce qu'il est devenu ?— Il est mort. Quelques années avant moi. De vieillesse. Je l'ai pleuré comme on pleure un frère. Isabella m'a tenu la main pendant que je creusais sa tombe, sous le grand chêne au bout du domaine. Elle n'a rien dit. Elle était juste là.— Comme moi, ce soir.— Oui. Comme toi.Il tourne la tête vers moi. Ses yeux sont moins rouges, plus doux, presque humains.— Merci, dit-il.— Pour quoi ?— Pour être là
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