Parfois, je m'assois devant le miroir de la coiffeuse et je me regarde. Je me maquille lentement, méticuleusement, comme une actrice avant d'entrer en scène. Fond de teint, poudre, blush, eye-liner, mascara, rouge à lèvres. Chaque geste est précis, étudié, mécanique. Je pourrais le faire les yeux fermés, et d'ailleurs je le fais parfois les yeux fermés, pour voir si je peux. Je peux. Je suis devenue une machine à me maquiller, une machine à sourire, une machine à me taire.Je me fais belle pour personne, pour le miroir, pour le silence. Je mets une belle robe, une de ces robes que Leonardo aime, en soie ou en mousseline, dans des tons pastel. Je mets des bijoux, des diamants, des perles. Je descends au salon, je m'assois sur le canapé, je croise les jambes. J'attends. Quoi ? Je ne sais pas. L'heure du déjeuner ? L'heure du thé ? L'heure du dîner
Read more