Le train ralentit encore. Montpellier Saint-Roch, annonce la voix enregistrée dans les haut-parleurs. Des voyageurs se lèvent, attrapent leurs valises, se dirigent vers les portes. Je reste assise, immobile, le front contre la vitre. Je ne descends pas. Ma destination est plus loin, au bout de la ligne, là où les rails s'arrêtent et où la mer commence. Quelques minutes plus tard, le train repart. La ville s'éloigne, laisse place à des étangs, des marais, des roselières où nichent des flamants roses. Des flamants roses en janvier, dans la grisaille de l'hiver. Le spectacle est surréel, presque magique. Je les regarde longuement, fascinée par leur grâce fragile, leurs longues pattes grêles, leur plumage pâle qui se détache sur le gris du ciel. Ils sont là, vivants, indifférents au froid, à la grisaille, aux drames humains qui se jouent à quelques kilomètres de leurs marais. Ils pêchent, ils mangent, ils volent. Ils sont. Peut-être est-ce cela, la leçon des flamants roses. Être. Simpl
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