La nuit dans le domaine de Sologne avait la profondeur des nuits de forêt, ce silence dense qui isole du reste du monde. Dans sa chambre aux poutres sombres, Kelma ne dormait pas. Allongée sur le dos, les yeux fixés sur les reflets de la lune qui traversaient les rideaux de lin, elle faisait le compte.Trente-trois ans.C’était l’âge où l’on est censé avoir posé les fondations de sa vie, construit les murs et solidifié le toit. Elle, elle avait l’impression de se tenir au milieu d’un champ de ruines élégantes, masquées par le prestige du nom De Souza et l'apparat des cercles financiers parisiens. Elle repensa aux derniers mois, à l’humiliation sourde de la distance, et surtout à cette ultime trahison de Christian, cette ingratitude brute d’un homme p
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