Chapitre 24ElenaLa portière de la limousine se referme avec un bruit sourd et feutré, un bruit qui me coupe du monde, qui me sépare des lumières du gala, du murmure des invités, du crépitement des flashes, de tout ce tourbillon qui m'a portée, soulevée, enivrée pendant quelques heures et qui s'éteint soudain, me laissant seule, terriblement seule, avec le poids de mes souvenirs, de mes émotions, de cette douleur que je croyais enfouie et qui ressurgit, intacte, brûlante, dévastatrice. La limousine s'ébranle doucement, les lumières de la ville défilent derrière les vitres teintées, et je regarde sans les voir les façades illuminées, les enseignes scintillantes, les passants qui marchent sur les trottoirs, ces vies ordinaires qui continuent, indifférentes à la tempête qui fait rage en moi, à ce séisme intérieur qui menace de tout emporter, de tout détruire, de tout anéantir.Alexander est assis à côté de moi, sa silhouette massive et élégante découpée par les lueurs intermittentes des
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