CHAPITRE 2 : LE PENDAILLON BRISÉGabrielLa première chose que je vois en ouvrant les yeux, c'est le plafond blanc de l'hôpital.Un plafond fade, anonyme, strié de néons qui bourdonnent sourdement. L'odeur de l'antiseptique me prend à la gorge. J'essaie de bouger, mais mon corps est lourd, engourdi, comme si on m'avait rempli de plomb. Ma tête me fait mal. Un élancement sourd derrière les tempes, qui pulse au rythme de mon cœur.Je tourne la tête, lentement, avec précaution. La chambre est vide, à l'exception d'une silhouette assise près de la fenêtre, droite, rigide, parfaitement immobile.Mon père.Armand Mercier en personne, vêtu d'un costume sombre qui doit coûter plus cher que ce que la plupart des gens gagnent en un mois. Il ne regarde pas dans ma direction. Il fixe la fenêtre, ou plutôt ce qu'il y a au-delà, les toits de la ville, le ciel gris, comme si le spectacle de son fils alité ne méritait pas son attention.— Père.Ma voix est rauque, étranglée. L'eau de mer, sans doute.
Last Updated : 2026-06-21 Read more