登入Maëva secoue la tête, frénétiquement, comme si elle refusait d'accepter ce qu'elle entend. Ses cheveux fades volètent autour de son visage, ses mains tremblent sur le sol de pierre.— Tu mens. Tu mens, tu mens, tu mens. La corruption, c'est ma force. La folie, c'est ma puissance. La solitude, c'est mon choix. Sans elles, je ne suis rien. Sans elles, je ne suis personne.— Alors regardez dans votre cœur. Regardez ce qui reste. La haine est-elle toujours là ? La rage ? Le désir de détruire ?Elle ferme les yeux. Son visage se crispe, comme si elle cherchait quelque chose en elle – quelque chose qu'elle ne trouve pas, ou quelque chose qu'elle trouve et qu'elle refuse d'accepter. Ses lèvres tremblent, ses narines palpitent, ses doigts griffent la pierre.— C'est vide, murmure-t-elle enfin. Tout est vide. Il n'y a plus rien.— Ce n'est pas vide. C'est calme. Pour la première fois depuis des millénaires, votre esprit est en paix. Vous ne re
Je lève ma main – ma main gauche, celle qui ne tient pas la dague. La lumière qui m'enveloppe se concentre dans ma paume, formant une sphère d'énergie pure, plus brillante que mille soleils. Elle est violette et dorée, mêlées en une teinte unique. Elle pulse doucement, régulièrement, comme un cœur apaisé.— Qu'est-ce que tu fais ? dit Maëva, et la peur est revenue dans sa voix, plus forte que jamais.— Je vous libère.La sphère quitte ma main. Elle traverse l'espace en une fraction de seconde, laissant derrière elle une traînée de lumière qui met plusieurs secondes à s'effacer. Et elle frappe Maëva en pleine poitrine.DéesseL'impact est silencieux. C'est la chose la plus étrange – cette explosion d'énergie pure, cette collision entre la magie or
Je retire la dague de mon avant-bras d'un geste sec. La lame émerge de ma chair avec un bruit de succion, couverte de sang et de magie. Mais ce n'est pas du sang ordinaire. Ce n'est pas de la magie ordinaire. C'est un mélange incandescent de violet et d'or, si brillant que je dois détourner les yeux, si chaud que la dague elle-même commence à rougeoyer.La marque sur mon bras se fissure. Pas comme avant, quand je l'avais frappée contre la barrière d'Eryon. Cette fois, elle se brise complètement. Les fragments de la spirale violette tombent de ma peau comme des écailles mortes, se détachant une à une, révélant en dessous une chair nouvelle. Une chair qui n'a jamais été touchée par la corruption. Une chair lisse, brillante, lumineuse. Une chair qui pulse d'une lumière douce et chaude, blanche et dorée, comme un soleil miniature.Et de
DéesseLa dague runique s'enfonce dans la spirale violette gravée sur mon avant-bras. La pointe de la lame perce ma peau, traverse les couches superficielles de ma chair, et s'enfonce profondément dans le cœur même de la marque – ce cœur palpitant de magie noire qui pulse depuis des siècles au rythme de mon âme.La douleur est immédiate. Fulgurante. Cosmique.Ce n'est pas une douleur physique – ou plutôt, ce n'est pas seulement une douleur physique. C'est comme si la lame ne se contentait pas de trancher ma chair, mais qu'elle tranchait aussi les liens invisibles qui me rattachent à Maëva. Ces fils de magie noire qu'elle a tissés autour de mon âme il y a des siècles, quand elle a fait de moi son Élue. Ces chaînes de corruption qui m'ont transformée en marionnette, en arme, en monstre. Ces racines maléfiques qui se
Kael est toujours par terre, hurlant de douleur, la flamme noire progressant le long de son bras vers son épaule, vers son cœur. Je vois ses muscles se contracter sous l'effet de la souffrance, ses doigts griffer la pierre organique, ses yeux se révulser alors qu'il lutte pour rester conscient. Il ne veut pas s'évanouir. Il ne veut pas abandonner. Il est un guerrier, un soldat, un protecteur. Il mourra debout s'il le faut. Mais la flamme est trop forte, trop insidieuse. Elle ne se contente pas de brûler son corps – elle brûle sa volonté, son courage, son espoir.Et Maëva s'avance vers moi.Elle traverse le cercle de flammes comme s'il n'existait pas, les ténèbres s'écartant sur son passage avec une déférence presque respectueuse. Sa robe noire ondule autour d'elle, ses cheveux flottent comme des algues dans l'eau, ses yeux violets sont fixés sur moi avec une
Les flammes noires passent au-dessus de lui, si près que je vois son armure de cuir fumer au contact de leur chaleur maléfique. L'odeur du cuir brûlé emplit mes narines, âcre et suffocante. Mais il évite le pire. Il évite le contact direct. Il évite la mort immédiate.Mais il n'est pas assez rapide. Pas cette fois.L'une des flammes, plus rapide que les autres, plus intelligente peut-être – car ces flammes semblent vivantes, animées d'une volonté propre, guidées par la haine de Maëva – dévie de sa trajectoire. Elle ondule dans l'air comme un serpent, contourne l'épée de Kael, et le touche au bras gauche.Une fraction de seconde. Juste un effleurement. À peine un contact. Et pourtant, c'est assez.Kael hurle.C'est un hurlement que je n'ai jamais entendu, même dans mes pires cauchemars, même d
Elyndor.La Cité Haute s'étend à perte de vue, majestueuse, impossible, irréelle. Des tours de pierre noire s'élèvent vers un ciel sans étoiles, reliées par des ponts de lumière bleutée qui vibrent doucemen
DéesseIl n'entre pas par la porte.Il n'entre par rien.Un battement de cils. Une respiration. Une seconde où je regarde le mur et la seconde suivante où je regarde autre chose et soudain il est là.Debout au milieu de ma chambre.Comme s'il avait toujours été là. Comme si c'était moi qui venais d
Une tristesse si vieille qu'elle a poussé des racines dans mes os. Une tristesse qui n'a pas besoin de cause, parce qu'elle est la cause elle-même. Une tristesse qui a traversé des vies, des morts, des résurrections, et qui est toujours là, fidèle au poste, comme une amie qu'on n'a pas invitée mais
DéesseAprès le départ de la Silencieuse, je reste assise sur le lit sans bouger.Longtemps.Très longtemps.Le temps passe — je ne sais pas combien. Les heures n'ont pas de sens, ici. La lumière bleutée ne change pas d'intensité. La pierre noire ne se réchauffe ni ne refroidit. Le monde, dehors, p







