LOGINChapitre 4
Point de vue de Sophia Vasconcelos
Je suis installée dans mon lit, comme toujours.
Mon lit… mon royaume.
Les draps en satin glissent contre ma peau, frais, délicats, luxueux. Tout autour de moi respire le confort et l’élégance. Les rideaux sont tirés à moitié, laissant passer une lumière douce qui donne à la pièce une ambiance presque irréelle.
J’aime cet endroit.
Parce qu’ici… tout m’appartient.
Je croise lentement les jambes, adossée contre les coussins, mon téléphone à la main. Je discutais encore avec maman il y a quelques minutes, et son sourire… son regard… me reviennent en mémoire.
Un sourire apparaît sur mes lèvres.
Maman est fière de moi.
Et ça… ça vaut tout.
Je laisse retomber ma tête contre le coussin, regardant le plafond, pensive.
J’ai trente ans aujourd’hui.
Trente ans… et enfin, la vie me sourit comme elle aurait dû le faire depuis longtemps.
Parce que toute ma vie… j’ai été comparée.
À elle.
Isabelle.
Ma petite sœur.
Je ferme les yeux, agacée rien qu’à penser à elle.
Depuis toujours, elle a tout.
La beauté.
L’intelligence.
La douceur.
La grâce.
Et cette… chance insolente qui semble la suivre partout.
Moi ?
Je suis tout le contraire.
Et je le sais.
Mais ça ne m’a jamais empêchée de vivre comme je l’entends.
Je n’ai jamais aimé me fatiguer pour quoi que ce soit.
Pourquoi le faire… quand on peut simplement profiter ?
Maman m’a toujours tout donné.
Tout.
Sans jamais me dire non.
Sans jamais me freiner.
Elle m’a appris à prendre ce que je veux.
À ne jamais me contenter de peu.
À viser haut.
Très haut.
Je souris légèrement.
Et aujourd’hui… je touche enfin au sommet.
Lucas.
Rien que de penser à lui, mon cœur s’emballe légèrement… pas d’amour, non… mais d’excitation.
Une excitation pure.
Je tends la main vers mon téléphone posé à côté de moi et ouvre sa photo.
Et là…
Je reste figée.
Il est magnifique.
Vraiment magnifique.
Grand, élégant, ce regard… ce charisme…
Et surtout… cette richesse.
Je me redresse lentement, les yeux brillants.
— Tu es parfait… murmuré-je.
Je laisse échapper un petit rire.
Parce que je sais très bien ce qui me plaît vraiment chez lui.
L’argent.
Toujours l’argent.
C’est mon monde.
Ma priorité.
Mon objectif.
Je n’ai jamais été vierge bien longtemps… et je n’ai jamais prétendu être une sainte. Les virées nocturnes, les sorties, les hommes… j’ai toujours fait ce que je voulais.
Sans limites.
Sans regrets.
La vie est belle quand on ne se prive de rien.
Et maintenant…
Elle va devenir encore plus belle.
Parce que cette fois… je vais passer à un autre niveau.
Je me souviens encore du jour où j’ai vu sa photo pour la première fois.
Je m’étais vantée.
Oh oui… je m’étais vantée.
Auprès de mes amies.
Et surtout…
Devant Isabelle.
Je souris, un éclat presque cruel dans le regard.
— Tu aurais dû voir ton visage… murmuré-je.
Pour la première fois…
L’homme le plus convoité…
Le plus riche…
Ne s’était pas intéressé à elle.
Mais à moi.
Uniquement à moi.
Et ça…
Ça n’a pas de prix.
Je serre légèrement mon téléphone.
— Cette fois… j’ai gagné.
Je repose l’appareil et me laisse retomber sur le lit, un sourire satisfait aux lèvres.
Demain.
Je suis certaine de ce qui va se passer.
Lucas va demander ma main.
Je le sens.
Je le sais.
Et bientôt…
Je serai mariée.
Madame Silva
Rien que ce nom me donne des frissons.
Je me redresse brusquement, les yeux brillants.
— Madame Silva
Je laisse échapper un rire léger.
Je ne l’aime pas.
Pas du tout.
Mais ça n’a aucune importance.
Je vais devenir sa femme.
Et profiter de tout ce qu’il peut m’offrir.
L’argent.
Le luxe.
Le pouvoir.
C’est tout ce qui compte.
Je suis en train de sourire à cette pensée quand la porte de ma chambre s’ouvre doucement.
Je tourne la tête.
— Maman…
Elle entre avec son élégance habituelle, un sourire doux sur les lèvres.
Elle s’approche de moi et dépose un baiser sur ma joue.
— Ma chérie… tout va bien ?
Je lui souris immédiatement.
— Oui, maman. Tout va parfaitement bien.
Elle s’assoit à côté de moi, observant la chambre, puis moi.
— Ta robe est prête pour demain ?
Je hoche la tête avec enthousiasme.
— Oui. Elle est parfaite. Tu verras… je serai magnifique.
Elle sourit, visiblement heureuse.
— Je n’en doute pas une seconde.
Puis elle me regarde avec une certaine émotion.
— Je suis vraiment heureuse, Sophia… Tu es l’aînée. C’est un honneur pour moi de te voir te marier.
Je sens une chaleur envahir ma poitrine.
Ses mots…
Son regard…
Tout me comble.
Je lui souris avec douceur.
— Merci, maman…
Elle me regarde encore, puis son sourire devient plus profond.
— Tu es exactement comme moi.
Je laisse échapper un petit rire.
— Je sais.
Et j’en suis fière.
Parce qu’elle est tout ce que j’admire.
Forte.
Intelligente.
Manipulatrice.
Et toujours gagnante.
Elle m’a tout appris.
Comment obtenir ce que je veux.
Comment jouer.
Comment gagner.
Sans réfléchir, je me jette dans ses bras.
— Je t’aime, maman…
Elle me serre contre elle.
— Moi aussi, ma fille…
Et dans ce moment…
Je sais que tout est parfait.
Absolument parfait.
## Point de vue d’Agatha Miller
Je referme la porte derrière moi et laisse échapper un long soupir.
Enfin seule.
Je suis Agatha Miller , américaine,j'ai 45 ans ,je suis belle ,classe et je sais ce que je veux .
Je suis marié à Hubert vaconceslas depuis des années,j'aime l'argent,c'est mon monde mais j'aime encore plus mon mari ,il est mon tout.
Je me dirige lentement vers notre lit, retirant mes chaussures avec lassitude. Mes pieds me font légèrement mal, mais je n’y prête pas vraiment attention.
Mon esprit est ailleurs.
Demain.
Tout repose sur demain.
Je m’assois sur le lit, les mains posées sur mes cuisses.
Sophie va épouser un homme riche.
Très riche.
Et cela…
Me satisfait profondément.
Un léger sourire apparaît sur mes lèvres.
Ma fille ne m’a pas déçue.
Elle est comme moi.
Elle comprend ce que la vie exige.
Elle sait que l’argent est essentiel.
Contrairement à…
— Pourquoi fais-tu une différence entre tes filles ?
La voix de mon mari me coupe net dans mes pensées.
Je me fige.
Puis je tourne lentement la tête.
Hubert.
Debout derrière moi.
Son regard est sérieux.
Trop sérieux.
Je soupire légèrement.
— Pas ce soir…
Mais il ne bouge pas.
— Réponds-moi, Agatha.
Je me redresse, agacée.
— Je ne fais aucune différence.
Il me regarde intensément.
— Tu mens.
Je serre les dents.
— Isabelle n’est pas comme Sophia.
Le silence tombe.
— Et alors ?
Sa voix est froide.
Je me lève brusquement.
— Elle ne m’écoute pas ! Elle ne fait jamais ce que je lui dis ! Elle n’a pas mon caractère !
Ma voix tremble légèrement.
— Elle n’est pas comme moi !
Il s’approche lentement.
— Et c’est pour ça que tu l’aimes moins ?
Je détourne le regard.
— Je ne—
— Si.
Sa voix claque.
— Tu fais une différence. Et je le vois.
Je reste silencieuse.
Parce que je n’ai pas de réponse.
Parce qu’au fond… il a raison.
Mais je refuse de l’accepter.
— Si tu continues comme ça… je divorce.
Mon cœur s’arrête.
— Quoi… ?
Je le regarde, choquée.
Mais son regard est ferme.
Déterminé.
— Je suis sérieux.
Je sens la panique monter.
— Hubert… tu ne peux pas dire ça…
— Je ne plaisante pas.
Il s’approche encore.
— J’aime mes deux filles. Et je ne tolérerai pas que tu continues à les traiter différemment.
Mon souffle devient irrégulier.
Non.
Pas ça.
Je ne peux pas perdre mon mari.
Jamais.
— Hubert… écoute-moi…
Mais il recule.
— Tu es prévenue.
Et sans un mot de plus, il se dirige vers la salle de bain.
La porte se referme.
Le silence retombe.
Je reste immobile.
Puis je m’assois lentement sur le lit, le cœur battant.
Je n’arrive pas à y croire.
Il ne plaisantait pas.
Et je le sais.
Parce qu’il n’a jamais plaisanté avec ce genre de choses.
Je passe une main sur mon visage.
Perdre mon mari ?
Non.
Impossible.
Mais…
Aimer Isabelle ?
Comme ça ?
Du jour au lendemain ?
Je serre les dents.
C’est absurde.
Elle n’est pas comme moi.
Elle ne le sera jamais.
Un soupir frustré m’échappe.
— Tout ça… c’est de sa faute…
Isabelle.
Toujours elle.
Toujours le problème.
Je m’allonge sur le lit, fixant le plafond.
Demain doit être parfait.
Et rien…
Rien ne doit venir tout gâcher.
Chapitre 114IsabelleLe silence qui suit le départ de Sophia est plus lourd qu'un hurlement. Il s'installe sur ma poitrine comme une chape de plomb, oppressant, étouffant. Mes bras sont toujours liés au-dessus de ma tête, mes épaules en feu, mes poignets à vif. Les mots de ma sœur tournent dans ma tête, un manège infernal. « Intouchable. Vous êtes piégés. Personne ne viendra vous sauver. »Je ferme les yeux, tente de repousser le désespoir qui m'envahit. Lucas dort, à quelques mètres de moi, attaché à son anneau, le visage marqué par la fatigue et les coups. Sa respiration est régulière, mais son front est plissé, même dans le sommeil. Il lutte. Il lutte encore, même inconscient.Je ne dois pas abandonner. Pour lui. Pour Lucien. Pour n
Chapitre 113SophiaLa cave est mon théâtre, et Isabelle, mon public captif. Je descends les marches lentement, savourant chaque craquement du bois sous mes talons, chaque oscillation de la lampe tempête qui projette des ombres dansantes sur les murs de pierre. L'air est froid, humide, chargé de l'odeur de la terre et de la peur — sa peur, qui imprègne chaque recoin de cette prison comme un parfum entêtant. Je la hume avec délice. C'est l'odeur de ma victoire.Isabelle est agenouillée contre le mur, les bras liés au-dessus de la tête, la robe déchirée, les cheveux collés par la sueur et la poussière. Ses yeux noisette, si semblables à ceux de notre mère, lèvent vers moi un regard où la terreur le dispute à la haine. Elle ne pleure plus. Elle a épuisé ses larmes
Chapitre 112LucasLa corde est rugueuse, mais elle cède. Lentement, fibre par fibre, elle s'effiloche sous mes frottements répétés. Depuis des heures je ne sais plus combien exactement, le temps n'a plus de sens dans cette cave je travaille mes liens contre l'angle de pierre du mur, profitant de chaque absence de Rodrigo pour user le chanvre qui me retient prisonnier. Mes poignets sont en sang, la peau à vif, mais la douleur est un moteur, un rappel constant de ce qui est en jeu. Isabelle. Sa vie. Notre liberté.La porte de la cave est restée ouverte, là-haut, après le départ de Sophia. J'entends les bruits de la maison, des pas étouffés, des éclats de voix. Rodrigo et ses hommes s'affairent, préparent quelque chose, je ne sais pas quoi. Mais ils sont occupés. Distraits. C'est ma chance.Un craqu
Chapitre 111IsabelleLa voix de Lucas emplit la cave, chaude, familière, reconnaissable entre mille et pourtant, ce n'est pas lui. Ce n'est pas mon mari. C'est un enregistrement, un montage, une manipulation. Les mots qui sortent du haut-parleur que Sophia a posé sur le sol, près de mes genoux, sont des mots qu'il n'a jamais prononcés. Je le sais. Mais ils font mal, si mal, comme des coups de poignard dans ma poitrine déjà à vif.— Isabelle, je ne t'ai jamais aimée, dit la voix de Lucas, lointaine, distordue par le bruit de fond. Tu n'étais qu'un passe-temps. Une distraction. Sophia est la seule femme que j'ai jamais désirée.Je ferme les yeux, serre les dents. C'est faux. C'est faux. Lucas m'aime, il me l'a prouvé cent fois, mille fois. Il a supplié mon pardon à genoux, il a pris un
Chapitre 110AgathaLe téléphone est tombé de mes mains il y a une heure, peut-être deux, je ne sais plus. Il est là, sur le tapis persan du salon, l'écran encore allumé, affichant le nom de Victoria comme une accusation silencieuse. Victoria qui sanglotait au bout du fil, Victoria qui m'annonçait d'une voix brisée que Sophia s'était évadée, que Sophia avait enlevé Isabelle et Lucas, que Sophia les tenait prisonniers quelque part dans la montagne, et que personne ne savait où.Sophia. Ma fille. Mon aînée.Je suis assise dans mon fauteuil, près de la fenêtre qui donne sur les cyprès, et je tremble. Pas de froid le chauffage ronronne, les radiateurs diffusent une chaleur douce mais de l'intérieur, comme si une créature glacée avait &e
Chapitre 109VictoriaLe salon de la villa est plongé dans un silence de crypte. Les rideaux sont tirés, les lumières éteintes, et seules les braises mourantes de la cheminée projettent des ombres mouvantes sur les murs tapissés de soie. Je suis assise sur le canapé, les mains croisées sur mes genoux, la couverture encore sur mes épaules, et je fixe la porte-fenêtre qui donne sur le jardin. C'est par là qu'ils sont partis. Par là que mon fils a été emmené, drogué, impuissant, par cette femme, cette folle, ce monstre.Georges est à côté de moi, sa main posée sur la mienne. Il ne dit rien. Il n'a jamais été doué pour les mots. Mais sa présence est un roc, une ancre dans la tempête. Je sens sa chaleur, sa force, et je m'y accroche comme une naufragé
Chapitre 100IsabelleLa lumière orangée du couchant laque les feuilles des oliviers, leur donnant des reflets d'or et de cuivre, comme si l'arbre lui-même prenait feu sous la caresse du soleil. Le ciel, au-dessus de la villa, est un t
Chapitre 97LucasLe bureau d'Eliot, au sous-sol de la villa, est une pièce sans fenêtre, éclairée par des écrans. Des ordinateurs, des cartes, des armes alignées sur un présentoir. Des casiers, des chargeur
Chapitre 94IsabelleLes jours ont passé, lents, incertains, marqués par le rythme monotone des visites médicales, des séances de kinésithérapie, des repas pris sans faim, des nuits peuplées de cauchemars.
Chapitre 88VictoriaLe soleil de ce matin de mars est doux comme une promesse. Il caresse les allées de la pépinière, allume des reflets dorés dans les feuilles des oliviers centenaires qui bordent l'entré







