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CHAPITRE 97 – LA DÉCISION 2

Autor: Déesse
last update Fecha de publicación: 2026-07-28 08:39:30

Je sais que c'est possible. Pas légalement, pas éthiquement, pas médicalement dans le sens conventionnel du terme. Mais dans mon monde, les conventions sont des suggestions. Et j'ai des contacts. Des médecins qui ne posent pas de questions, des spécialistes qui travaillent dans des zones grises de la science, des gens qui ont développé des techniques , chimiothérapie psychiatrique ciblée, électroconvulsivothérapie modifiée, protocoles pharmacologiques qui bloquent la consolidation d
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  • Celle qu'il ne devait pas aimer    CHAPITRE 98 – LE VOILE BLANC

    AlthéaIl y a du blanc.Pas le blanc des murs, pas le blanc des draps, pas le blanc des lampes halogènes qui me brûlaient les yeux tout à l'heure — ou il y a une heure, ou il y a un jour, je ne sais plus, le temps n'existe plus, le temps est un concept qui a été désossé, démonté, dont les pièces sont éparpillées autour de moi dans ce blanc infini. C'est un blanc de néant. Un blanc de page. Un blanc de début ou de fin, je ne sais pas lequel, et peut-être que les deux sont la même chose.Je flotte. Je ne suis plus sur une table, sur un brancard, dans un lit. Je suis dans le blanc. Le blanc n'a pas de sol, pas de plafond, pas de murs. Il s'étend dans toutes les directions, uniforme, lisse, sans aspérité, et je m'y tiens debout — non, je n'y tiens pas debout, je n'ai pas de corps, ou plutôt je en ai un mais il ne sert à rien, il ne pèse rien, il ne touche rien, il flotte comme tout le reste dans ce vide lumineux.Et puis les images viennent.

  • Celle qu'il ne devait pas aimer    CHAPITRE 97 – LA DÉCISION 2

    Je sais que c'est possible. Pas légalement, pas éthiquement, pas médicalement dans le sens conventionnel du terme. Mais dans mon monde, les conventions sont des suggestions. Et j'ai des contacts. Des médecins qui ne posent pas de questions, des spécialistes qui travaillent dans des zones grises de la science, des gens qui ont développé des techniques , chimiothérapie psychiatrique ciblée, électroconvulsivothérapie modifiée, protocoles pharmacologiques qui bloquent la consolidation des souvenirs traumatiques , des techniques qui ne sont pas officielles, qui ne sont pas reconnues, qui sont à la limite de l'inhumain, mais qui existent.Je prends mon téléphone. Je cherche un numéro. Le numéro du Docteur Ferreira. Un Portugais. Un neurologue qui a quitté la faculté de Lisbonne après des accusations d'expérimentation non éthique, qui vit maintenant dans un pays qui ne pose pas de questions, qui accepte les patients que personne ne veut traiter, qui fait les procédures q

  • Celle qu'il ne devait pas aimer    CHAPITRE 96 – LA DÉCISION

    Vincenzo MoranoLe chirurgien sort de la salle d'opération improvisée à quatre heures du matin. Il retire ses gants, il masse ses yeux rougis, et il me regarde avec cette expression de fatigue professionnelle que je connais bien , l'expression d'un homme qui a tenu un corps entre ses mains et qui l'a rendu intact, ou presque, et qui veut maintenant qu'on le laisse dormir.— Elle s'en sort, dit-il. Le poumon est réparé. La balle a traversé le lobe inférieur gauche sans toucher le cœur. C'est un miracle. Un centimètre de plus et elle n'aurait pas atteint l'ambulance.— Elle se réveille quand ?— L'anesthésie va se dissiper dans quelques heures. Mais je recommande de la garder sédatée au moins quarante-huit heures. La douleur sera atroce. Et il y a un risque d'infection.— Sédatée. Combien de temps, au maximum, sans danger ?Le chirurgien me regarde. Il voit quelque chose dans mes yeux , pas la joie d'un père qui retrouve sa fille, pas le soulagement d'un patriarche qui a récupéré un ato

  • Celle qu'il ne devait pas aimer    CHAPITRE 95 – LE SECRET DU SANG 2

    Je reste là. La main suspendue. Et je respire. Pour la première fois depuis vingt minutes, je respire comme un homme normal, avec un rythme, avec une régularité, parce que le paradoxe vient de se résoudre. Je la connais. Je la connais maintenant. Le croissant est la preuve. Le croissant est le lien. Le croissant est la clé.— Vincenzo ?La voix vient de la porte. C'est Enzo, mon fils aîné. Il entre et il me voit debout, la main tendue au-dessus de cette femme endormie, et il ne comprend pas. Il ne peut pas comprendre. Il n'a que seize ans quand Eléa a été enlevée. Il se souvient d'elle , une petite sœur qu'il portait sur ses épaules, qu'il taquinait avec ses peluches , mais il a fait son deuil. Moi non. Moi je n'ai jamais fait mon deuil. Moi j'ai toujours su qu'elle était vivante, quelque part, et on m'a dit fou, Vincenzo, tu dois accepter, elle est morte, et je n'ai jamais accepté.— Enzo, je dis, et ma voix ne ressemble à rien, à un truc fêlé, à un instrument désaccordé.— Qu'est-ce

  • Celle qu'il ne devait pas aimer    CHAPITRE 94 – LE SECRET DU SANG

    Vincenzo Morano Je la regarde depuis vingt minutes. Vingt minutes que je suis assis dans ce fauteuil que je traîne d'un bout à l'autre de mes nuits, vingt minutes que mes yeux ne la quittent pas, et je n'arrive pas à respirer normalement. Ma respiration est un truc cassé, un mécanisme qui a oublié son rythme, qui s'accélère sans raison puis s'arrête net, comme si mes poumons refusaient de croire ce que mes yeux leur transmettaient. Elle est là. Sur cette table d'examen de fortune que mes hommes ont improvisée dans la salle de réunion, éclairée par des lampes halogènes qui lui donnent une peau de cire, elle est là. Les médecins , les miens, ceux que j'ai fait venir en urgence, pas les pauvres types du convoi qu'on a laissés sur le bas-côté avec leurs masques et leur bonne volonté inutile , les miens l'ont opérée. La balle est sortie. Le poumon s'est regonflé. Elle est stable. Elle est vivante. Elle est vivante et je n'arrive pas à y croire. Je la connais. Je ne la connais pas. C'e

  • Celle qu'il ne devait pas aimer    CHAPITRE 93 – L'AUTRE CAMP 2

    La pensée est claire, presque lumineuse, dans le brouillard de ma conscience. Je suis passée d'Aris à eux. De Kervan à Morano. De la cage que je connaissais à la cage que je ne connaissais pas. Et je ne peux rien faire. Je ne peux même pas ouvrir les yeux. Je suis une cargaison. Encore une fois. Encore une putain de fois. La fille qu'on vend, qu'on tri, qu'on assigne, qu'on protège, qu'on trahit, qu'on possède. La fille qu'on déplace d'une main à l'autre comme une pièce sur un échiquier sale.Le mouvement dure. Des minutes, peut-être plus. Des secousses. Un sol irrégulier. Des marches , on me porte dans un escalier, on me fait basculer, quelqu'un jure parce que le brancard est trop large pour l'escalier. Puis un sol lisse, des roues qui retrouvent leur roulis, et puis l'arrêt. Brutal. Définitif.Un silence.Et puis des voix. Des voix qui parlent de moi comme on parle d'un objet récupéré.— Elle est dans un sale état. La balle est toujours logée ?— Les médecins du convoi n'ont pas eu

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