INICIAR SESIÓNDarius attaqua le premier.Il bondit en avant, les griffes tendues, visant la gorge de Kael dans un mouvement d’une violence inouïe. C’était une attaque de loup – rapide, puissante, mortelle. Mais Kael l’attendait. Il pivota sur le côté, esquiva les griffes d’un cheveu, et frappa. Pas avec ses poings. Pas avec ses griffes. Avec le plat de la main, en plein sur le sternum de Darius, juste au-dessus du cœur. Le coup était si précis, si parfaitement dosé, que le grand loup recula en chancelant, le souffle coupé.— Tu vois, dit Kael d’une voix égale. Je n’ai pas besoin de griffes pour te battre.Darius rugit de rage et attaqua de nouveau, plus sauvagement encore. Ses griffes déchiraient l’air, visaient les yeux, la gorge, le ventre. Mais Kael esquivait, parait, contrait avec une économie de mouvements qui tenait de la danse. Il ne cherchait pas à blesser. Il ne cherchait pas à tuer. Il démontrait. Il prouvait. Et chaque fois que Darius portait un coup, Kael le retournait contre lui, utili
— Parle, dit-il simplement.— Pas ici. Devant tout le monde.— Comme tu veux.Les Gamma s’écartèrent, formant un cercle lâche autour des deux jeunes loups. Les sentinelles, postées aux quatre coins de la cour, tournèrent la tête avec un ensemble parfait, leurs yeux brillant dans la pénombre du crépuscule. Même les serviteurs Omegas, qui d’habitude se faisaient discrets, s’étaient arrêtés pour regarder. La cour tout entière retenait son souffle. Lyra, sur son banc, serra le manche de Croc de Lune si fort que les jointures de ses doigts blanchirent.Darius s’avança jusqu’à n’être plus qu’à deux pas de Kael. Il était légèrement plus grand, légèrement plus massif, et il le savait. Il bombait le torse, relevait le menton, jouissait de l’attention du public.— Tout le monde en parle, commença-t-il. Alors autant le dire en face, une bonne fois pour toutes. Tu changes, Kael. Depuis que cette humaine est arrivée, tu n’es plus le même. Tu passes ton temps à la surveiller, à la protéger, à lui d
— C’est pas une humaine ordinaire. T’as vu ce qu’elle a fait au vieux Mordecai ? Et à Kael lui-même ? Elle l’a fait saigner.— Et alors ? Une hirondelle ne fait pas le printemps. Un coup de chance, ça arrive à tout le monde. Ce que je dis, c’est que Kael n’est plus le même. Il hésite. Il doute. Il passe son temps à s’inquiéter pour elle au lieu de penser à la meute. Un futur Alpha ne devrait pas agir comme ça.— Tu devrais lui dire en face, si t’es si courageux.— Peut-être que je le ferai.Lyra avait serré les dents, les yeux fixés sur son bol de thé, et elle n’avait rien laissé paraître. Mais les paroles des deux jumeaux s’étaient plantées dans son esprit comme des échardes, et plus la journée avançait, plus elles lui faisaient mal. Kael était trop doux. Kael n’était plus le même. Kael n’était pas digne d’être le futur Alpha. Et tout cela, à cause d’elle. À cause de sa présence, de sa fragilité, de cette protection constante qu’il lui accordait.Elle aurait voulu lui en parler. Mais
Puis elle ramassa Croc de Lune, se remit en garde, et attendit que Kael revienne. Elle était prête. Plus prête que jamais. Parce qu’elle avait trouvé sa raison de se battre. Et cette raison avait des yeux dorés, une main chaude, et un cœur qui s’emballait exactement comme le sien.***Le soir venu, elle s’assit à la table de la grande salle pour le dîner, et elle croisa le regard de Kael à l’autre bout de la pièce. Il détourna les yeux immédiatement, les joues légèrement plus colorées que d’habitude, et elle réprima un nouveau sourire.Serena, assise en face d’elle, avait suivi l’échange. Elle ne dit rien. Elle se contenta de hausser un sourcil, un demi-sourire aux lèvres, avant de reporter son attention sur son assiette.Mais Lyra savait qu’elle avait vu. Qu’elle savait. Qu’elle avait toujours su, peut-être, depuis le premier jour, depuis le parking de l’hôpital, depuis ce regard échangé dans le rétroviseur de la voiture.Et pour une fois, cela ne la gênait pas.Elle se sentait légèr
— Tu le sens ? demanda-t-il.— Quoi ?— Ton cœur. Il bat. Fort. Vite. Comme un tambour de guerre.Il avait raison. Elle le sentait. Ce cœur qui cognait dans sa poitrine, qui pompait le sang dans ses veines, qui la maintenait en vie malgré tout ce qu’elle avait traversé. L’accident. L’hôpital. Les révélations. Les transformations. Les pièges. Les trahisons. Il n’avait jamais cessé de battre. Il battait encore, là, maintenant, sous la paume de Kael, et ce battement était la preuve qu’elle était vivante. Vivante et debout. Vivante et combattante.— Chaque fois que tu doutes, reprit Kael à voix basse, chaque fois que tu as peur, chaque fois que tu as envie d’abandonner, souviens-toi de ça. Bats-toi pour ce qui bat ici. Pas pour la meute. Pas pour mon père. Pas pour moi. Bats-toi pour toi. Pour ta vie. Pour ton avenir. Pour tout ce que tu es et tout ce que tu peux devenir.Sa voix était douce, presque un murmure, mais elle portait une intensité qui transperçait le brouillard de la mélancol
Pourtant, ce matin-là, rien n’allait.Elle s’était réveillée avec un poids sur la poitrine, une chape de plomb qui l’écrasait sans raison apparente. Peut-être la fatigue accumulée. Peut-être le temps gris et lourd qui pesait sur le domaine depuis trois jours. Peut-être cette sensation diffuse, impossible à nommer, qui la hantait depuis l’accident – l’impression que tout cela ne servait à rien, qu’elle aurait beau s’entraîner, beau se battre, beau apprendre, elle ne serait jamais à la hauteur. Jamais assez forte. Jamais assez rapide. Jamais assez louve.Kael le sentit tout de suite. Il était comme ça, Kael. Il percevait ses humeurs avant même qu’elle n’ouvre la bouche, comme s’il lisait dans les battements de son cœur ou dans les nuances de son odeur. Il ne dit rien, mais il ajusta l’entraînement en conséquence – des exercices plus simples, des pauses plus longues, des encouragements silencieux qui passaient par un regard ou un geste plutôt que par des mots. Il savait qu’elle n’était p
Lyra retint son souffle. Elle n’avait pas pensé à ça. Elle n’avait pas pensé aux implications politiques, aux alliances, aux conséquences. Elle avait juste vu un être vivant qui souffrait, et elle avait agi.— Qu’est-ce qu’il a dit ? demanda-t-elle.Kael eut un sourire énigmatique.— Il veut te voi
La nouvelle se répandit comme une traînée de poudre.Lyra ne sut jamais exactement comment. Peut-être que Kael en avait parlé à Serena, et que Serena en avait touché un mot à l’un des Gamma, qui l’avait répété à un Omega, qui l’avait chuchoté à l’oreille d’une sentinelle. Peut-être que le loup des
Elle n’aurait pas dû y aller.Elle le savait avant même de franchir la lisière des arbres, avant même de se glisser hors du manoir par la porte dérobée de la cuisine, avant même d’enfiler ses chaussures dans le silence de l’aube naissante. Kael lui avait fait promettre de ne rien faire d’imprudent.
Il se détourna, fit quelques pas vers l’escalier, puis s’arrêta et se retourna.— Lyra. Promets-moi que tu ne feras rien d’imprudent. Pas cette fois. Pas aujourd’hui.— Je te le promets.Il hocha la tête, le visage toujours tendu, mais une partie de la dureté avait quitté ses traits. Puis il descen







