MasukANAÏSGabriel descend vers le pont principal pour répondre à un appel. Je le suis jusqu'au couloir des cabines. Il raccroche lorsqu'il m'entend fermer la porte derrière nous.— Tu es malade ?— Non.— Alors pourquoi sommes-nous ici ?Sa voix reste normale. Ses mains, en revanche, sont fermées le long de son corps.Je prends son téléphone et le pose sur une console.— Parce que tu as passé la soirée à attendre qu'Adrien me reprenne sous tes yeux.Gabriel ne nie pas. Je défais le premier bouton de sa chemise.— Il t'a donné quelque chose.— Un bonbon au gingembre. J'ai pris ton médicament.— Ce n'est pas le comprimé qui m'inquiète.— Je sais.Je pose sa main sur ma cuisse, sous la robe fendue que j'ai choisie pour la réception.— Je t'ai suivi, toi.Ses doigts se resserrent sur ma peau. Son regard cherche encore le piège, la consolation ou la preuve trop facile.Je l'embrasse avant qu'il transforme le moment en interrogatoire.Gabriel répond avec une faim contenue depuis notre arrivée.
ANAÏSGabriel a accepté l'invitation de Victoire parce que le nom d'Adrien figurait sur la liste.Je l'ai vu lire le carton deux fois, appeler son assistante et modifier tout son week-end en moins de cinq minutes. Le yacht loué par le groupe Beaumont quitte le Vieux-Port en fin d'après-midi. Victoire reçoit une trentaine de partenaires sur le pont supérieur. Ma sœur dirige le groupe familial et utilise cette réception pour rassurer des investisseurs après le scandale du Wady. Elle m'a demandé de venir comme membre de la famille, rôle assez vague pour me laisser parler à qui je veux.Lila reste près de moi. Elle a quitté l'hôpital depuis quatre jours et refuse qu'on la traite comme une malade. Son médecin lui a interdit l'alcool; elle compense avec du jus de pamplemousse et des commentaires très détaillés sur les hommes présents.Romain supervise le bar parce qu'il ne sait pas assister à une fête sans essayer de l'améliorer. Maxime, chargé des opérations de terrain, a accepté de renfo
GABRIELJe contourne la table et m'appuie contre le bord près d'elle. Son parfum me ramène immédiatement à la vitre du penthouse, à ses cuisses autour de ma taille et à la demande qui n'a reçu aucune réponse.— Tes règles sont enregistrées, dis-je. Parlons de la mienne.Elle referme lentement son stylo.— Une demande en mariage pendant que je jouis ne compte pas.— Je l'ai répétée après.— Tu étais encore en moi.— Cela ne rendait pas la question moins sérieuse.Anaïs se lève. Elle porte une jupe noire et une chemise de soie couleur crème, tenue sobre choisie pour une réunion. Ses doigts redressent ma cravate.— Tu veux épouser ma jalousie. Tu espères qu'une bague fera d'Adrien un problème réglé.— Je veux t'épouser depuis sept ans.— Alors tu peux attendre le moment où je répondrai pour moi.La franchise de sa réponse me blesse et me plaît. Elle ne quitte pas la pièce. Ses mains restent sur ma cravate.Je saisis sa taille.— Est-ce que tu as terminé ?— Avec la réunion, oui.Elle tir
GABRIELAnaïs ne répond pas à ma demande en mariage.Après l'avoir entendue une seconde fois, elle m'a demandé de la poser. Elle s'est rhabillée, a bu un verre d'eau et a dormi contre moi jusqu'au matin. Depuis trois jours, elle vit au penthouse comme d'habitude. Elle répond à mes messages et vient chercher ma chaleur pendant la nuit.Le sujet du mariage reste intact entre nous.J'ai déjà insisté de toutes les mauvaises manières : des bagues qu'elle n'a jamais voulu essayer, des voyages où chaque dîner se terminait par la même question, des cadeaux assez chers pour ressembler à des contrats. J'attends désormais qu'elle revienne elle-même à la phrase prononcée contre la vitre.Elle choisit une salle de réunion du groupe Delmas pour le faire.Étienne a réuni les éléments du dossier Wady : vidéos, témoignages, analyses médicales de Lila et liste des sociétés qui protègent le propriétaire du club. Romain s'occupe du personnel qui a aidé les agresseurs. La police mène son enquête, mais nos
Je me relève, retire ma robe et ma culotte. Ses yeux suivent mon corps, sans chercher à cacher ce qu'il veut. Le désir entre nous est ancien, direct, impossible à confondre avec la politesse professionnelle qu'il a décrite.Je prends sa cravate sur le dossier d'une chaise.— Donne-moi tes mains.Gabriel les tend devant lui. J'attache ses poignets ensemble, serre assez pour que le tissu tienne et vérifie qu'il peut bouger les doigts.— Tu peux te libérer ?— Oui.— Alors ne le fais pas.Je le fais asseoir dans le fauteuil près de la baie vitrée. Marseille brille derrière lui, mais je ne regarde que son corps. Sa chemise ouverte encadre sa poitrine, son pantalon reste bas sur ses hanches et son sexe repose contre son ventre.Je viens à califourchon sur ses cuisses sans le laisser entrer en moi. Mon sexe humide glisse sur le sien. Le premier contact me fait frissonner; Gabriel le voit et tire une fois sur la cravate.Je recommence, plus lentement. Mon clitoris frotte contre son gland, me
ANAÏSGabriel ne cherche pas à rendre l'histoire plus acceptable.Il me raconte l'arrivée d'elle, la robe choisie par Romain et les boutons qu'elle a ouverts. Il décrit sa main autour de son sexe, sa langue, sa bouche. Il précise que le contact a duré quelques secondes avant qu'il l'arrête.Je reste debout devant lui pendant toute l'explication.Les mots créent des images nettes. Une femme à genoux entre ses jambes. Ses cheveux sur sa cuisse. Son regard levé vers lui. Le plaisir qui a commencé dans son corps avant qu'il décide de la repousser.Ma main part avant que je réfléchisse.La gifle tourne son visage. Une marque rouge apparaît sur sa joue, presque à la même place que celle laissée sur la mienne au Wady.— Tu l'as laissée te prendre dans sa bouche.— Oui.— Tu étais excité.— Je pensais à toi.L'ordre venait de lui. Il avait vu les photographies. Il savait que la robe ressemblait à la mienne. Il voulait vérifier si son corps réagirait à une imitation, puis lire ma réaction si j







