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Chapter 5

Auteur: Anatory
last update Date de publication: 2026-01-12 02:07:29

Sofia posa son téléphone et se dirigea vers la salle de bain attenante à sa chambre. Elle alluma la lumière crue du miroir, inspecta son reflet. Ses cheveux noirs ondulaient encore un peu du trajet en voiture ; elle les brossa rapidement, les laissant tomber librement sur ses épaules. Maquillage : un trait d’eyeliner pour intensifier ses yeux sombres, un peu de mascara, et un rouge à lèvres nude qui faisait ressortir sa bouche pulpeuse sans en faire trop. Elle voulait se sentir belle, désirable pas pour Ellie, ni pour les amis, mais pour cette sensation intérieure qui bouillonnait depuis l’arrivée. Pour Pedro, peut-être, même si elle se refusait à l’admettre tout haut.

Pour la tenue, elle opta pour une robe noire moulante, courte aux cuisses, avec un décolleté discret mais flatteur. Elle l’avait achetée sur un coup de tête à la fac, pour une soirée étudiante qu’elle avait finalement séchée. Elle tournoya devant le miroir : la robe épousait ses courbes sans vulgarité, mais assez pour qu’elle se sente femme. Elle enfila des sandales à talons plats pratiques pour marcher sur le sable si besoin et attrapa une veste en jean légère, juste au cas où.

Quand elle descendit, Ellie l’attendait en bas des escaliers, adossé au mur, son téléphone à la main. Il portait un jean slim et un t-shirt blanc qui mettait en valeur ses épaules d’ancien nageur de lycée. Il leva les yeux et son visage s’illumina.

« Waouh, Sofia… t’es… euh, canon. »

Elle rit doucement, descendant les dernières marches. « Merci, Ellie. Toi aussi, t’es pas mal. Prêt ? »

Mais avant qu’ils ne bougent, Pedro et Javier apparurent du salon, où ils sirotaient une dernière bière en regardant un match de foot à la télé. Pedro posa sa bouteille sur la table basse, ses yeux glissant sur Sofia avec une intensité qui la fit frissonner. Il croisa les bras, un sourcil arqué.

« Ce n’est pas un peu trop court, ça ? » dit-il d’une voix calme, mais avec une pointe d’autorité qui sonnait presque paternelle presque.

Javier, à côté de lui, secoua la tête en riant. « Laisse-la tranquille, compadre. Elle a dix-neuf ans, pas douze. Sofia sait ce qu’elle fait. »

Sofia sentit ses joues rougir, mais elle releva le menton. « Ça va, Pedro. C’est pas si court que ça. Et j’ai une veste, regarde. » Elle la montra, la balançant sur son épaule comme une cape.

Pedro ne sourit pas tout de suite. Ses yeux restèrent fixés sur elle une seconde de trop, descendant le long de ses jambes nues avant de remonter. Puis il hocha la tête, lentement. « D’accord. Mais fais attention à toi. »

Javier intervint, plus léger : « Ellie, tu gardes un œil sur elle, hein ? Et vous répondez au téléphone si on appelle. Ne rentrez pas trop tard minuit max, okay ? »

Ellie bomba le torse, fier de la mission. « Promis, tonton Javier. Je la protège comme une princesse. »

Sofia roula des yeux intérieurement, mais sourit pour la forme. Ils sortirent enfin, Ellie marchant un peu trop près d’elle sur le chemin qui menait à la route. La villa de Jonathan n’était qu’à quinze minutes à pied, le long de la côte, sous les étoiles qui commençaient à percer le ciel noir.

« T’es vraiment belle ce soir, Sof, » murmura Ellie en chemin, sa voix un peu hésitante. Il glissa une main dans sa poche, l’autre effleurant accidentellement ou pas le bras de Sofia. « Genre… je veux dire, t’as changé depuis l’année dernière. Plus… femme, quoi. »

Elle le regarda de côté, amusée malgré elle. Son flirt était si maladroit, si évident comme quand il lui offrait des coquillages à quatorze ans. « Merci, Ellie. C’est gentil. Mais on est juste potes, hein ? Comme toujours. »

Il rougit, bafouilla un « Ouais, bien sûr » et changea de sujet sur la musique qu’ils écouteraient à la fête. Sofia se sentit un peu coupable il était adorable, vraiment mais son esprit était ailleurs, sur le regard de Pedro, sur cette tension qu’elle avait sentie dans l’air quand il avait commenté sa robe.

La villa de Jonathan apparut au bout du chemin : une monstruosité moderne en verre et béton, illuminée comme un arbre de Noël, avec des basses qui pulsaient déjà dans la nuit. Des voitures étaient garées n’importe comment sur la pelouse, et des rires fusaient de la piscine au fond du jardin. Jonathan les accueillit à la porte, un verre à la main, torse nu et déjà un peu ivre. « Ellie ! Sofia ! Entrez, les potes sont au bar ! »

À l’intérieur, c’était le chaos organisé : musique électro qui faisait vibrer les murs, lumières stroboscopiques qui dansaient sur les visages, et une foule de jeunes qui se pressaient autour du bar improvisé ou sur la piste de danse dans le salon. Sofia repéra Mia presque immédiatement sa meilleure amie, avec ses cheveux teints en rose et son énergie contagieuse. Mia hurla en la voyant et se jeta dans ses bras.

« Sof ! Enfin ! T’as manqué la dernière fois, c’était dingue ! Viens, je te présente à tout le monde ah, attends, tu connais déjà. Carlos ! Lena ! Eden ! Mike ! Regardez qui est là ! »

Les embrassades fusèrent. Carlos, le clown du groupe, avec son sourire perpétuel et ses blagues nulles, lui tapa dans la main. « Sofia la légende ! Prête à danser jusqu’au bout de la nuit ? » Lena, plus réservée mais toujours perspicace, lui glissa un verre de punch dans la main. « Attention, c’est fort. Et raconte-moi tout sur la fac t’as un mec ? » Eden et Mike, inséparables comme des jumeaux, la traînèrent vers la piste. « On danse ! Pas d’excuses ! »

La soirée décolla rapidement. Sofia se laissa emporter par le rythme : danser avec Mia sur un remix de reggaeton, rire aux éclats quand Carlos imita Jonathan en train de draguer une fille, siroter son punch en écoutant Lena se plaindre de son ex. Ellie resta près d’elle, protecteur comme promis, mais un peu collant il essaya de danser avec elle, ses mains sur ses hanches un peu trop insistantes, et elle le repoussa gentiment avec un « Relaxe, Ellie, on s’amuse ! »

Au milieu de la foule, Sofia se sentit vivante, libre. Mais par moments, son téléphone vibra dans sa poche un message de Javier : « Tout va bien ? » Elle répondit vite : « Oui, on s’éclate. Bisous. » Puis un autre, de Pedro : « Pas trop tard, mija. » Elle fixa l’écran une seconde, le cœur serré. Mija. Ce mot qui sonnait si innocent, si tabou maintenant.

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Commentaires (1)
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Ishimwe
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