LOGINDans une ville marquée par le crime et la corruption, une puissante famille mafieuse, les Romano, règne en maître. Leur chef, Alessandro Romano, est craint et respecté, mais son empire est menacé par la montée d'un rival, Vittorio Moretti, un ancien ami devenu ennemi. L'histoire débute avec une tentative d'assassinat sur Alessandro, orchestrée par Vittorio, qui souhaite prendre le contrôle du secteur. Cette trahison ravive des rivalités anciennes et des jalousies au sein de la famille Romano, exacerbant les tensions entre les membres, notamment entre Alessandro et son frère, Marco, qui se sent toujours dans l'ombre de son aîné. Le récit est ponctué de combats brutaux, de blessures et de trahisons. Des alliances se forment et se brisent, tandis que la tentation de la vengeance pousse certains personnages à commettre des actes de violence inouïs. Alessandro, rongé par la jalousie et la méfiance, commence à perdre le soutien de ses hommes, ce qui complique son combat contre Vittorio. Au fil de l'histoire, Alessandro réalise que la véritable force ne réside pas seulement dans la peur, mais aussi dans l'unité et la loyauté. Mais alors que les tensions atteignent leur paroxysme et que les lignes de bataille se dessinent, qui perdra tout et qui sortira vainqueur de cette guerre fratricide ?
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Dans la ville de Verità, où les ruelles étroites s'enlacent dans l'obscurité et où la lumière des lampadaires vacille comme des étoiles perdues, je me tiens au sommet de mon existence. Ce soir, le manoir des Romano se métamorphose en un véritable palace de luxe, orné de fleurs exotiques aux couleurs éclatantes, tandis que des lustres scintillants projettent des ombres dansantes sur les murs.
— Les rires et la musique s'entremêlent, créant une ambiance festive, mais sous cette surface éclatante, je ressens une tension sourde, comme un animal sauvage prêt à frapper. Chaque note de musique semble vibrer avec un écho de menace, comme si les murs eux-mêmes murmuraient des avertissements.
— Je pénètre dans la salle de bal, vêtu d'un costume noir sur mesure qui souligne ma stature, mais à l'intérieur, une tempête de préoccupations et de doutes fait rage. Chaque regard qui se pose sur moi est chargé d'attentes, de convoitises, et je scrute la foule à la recherche de Marco, mon frère cadet.
— Il se trouve à l'écart, dans un coin sombre de la pièce, observant la scène avec un mélange d'envie et de désespoir. Cette expression, je la connais trop bien : le poids de ma position écrasant son ambition. Marco a toujours été dans mon ombre, et ce soir, cette jalousie et cette frustration semblent davantage accentuées. Il est comme un volcan en sommeil, prêt à entrer en éruption à tout moment.
Alors que je m'approche des invités, levant mon verre pour porter un toast, mon esprit ne peut s'empêcher de se focaliser sur la menace grandissante qui nous entoure.
— Vittorio Moretti, un ancien ami devenu le principal antagoniste de ma vie, est présent dans l'ombre, attendant le moment propice pour frapper. Nos chemins se sont croisés autrefois dans une camaraderie qui semblait indéfectible, mais cette amitié s'est transformée en rivalité acerbe, alimentée par des ambitions démesurées. J'ai longtemps cru que l'amitié pouvait transcender les rivalités, mais la réalité cruelle de notre monde ne laisse guère de place à de telles illusions.
— Je souris aux convives, mais en moi, tout est en désordre. La musique continue de résonner, et je ne peux m'empêcher de remarquer les couples qui dansent, leurs corps s'entrelacent avec une sensualité troublante. Une vague de jalousie m'envahit alors que je repense aux femmes qui ont croisé ma route, celles avec qui j'ai partagé des instants de passion fugace, mais dont je n'ai jamais pu profiter pleinement. C'est un paradoxe amer : être entouré de beauté et pourtant se sentir désespérément seul.
Un éclat de rire retentissant attire mon attention, et je tourne la tête pour apercevoir Clara, une jeune femme au charme indéniable, qui se fraie un chemin à travers la foule.
— Ses yeux pétillent d'une malice envoûtante, et un frisson d'excitation parcourt mon échine. Je me remémore avec nostalgie un moment partagé, une passion éphémère allumée dans l’ombre de ce manoir. Mais je suis conscient que cela ne reste qu'une distraction passagère, un divertissement dans un océan de tensions. La réalité attend, tapie dans l'ombre, prête à frapper à ma porte à tout moment.
Alors que mes pensées s'égarent vers Clara, un regard furtif me ramène à Marco.
— La tension entre nous est palpable, et je ne peux ignorer l'inquiétude qui monte en moi. Je m'approche de lui, et nos regards se croisent. Je perçois la colère qui l'habite, mais aussi une profonde tristesse. Il a toujours voulu prouver sa valeur, et ce soir, je sens qu'il est sur le point de craquer.
— « Marco, viens, rejoins-nous », lui dis-je, tentant de cacher l'anxiété qui m'étreint.
Il acquiesce d'un mouvement de tête, mais je sens qu'il n'est pas enclin à partager ma joie.
— Ce soir, nous sommes entourés de faux amis aux sourires trompeurs, mais je sais que l'ombre de Vittorio plane au-dessus de nous comme un vautour affamé. Les murmures s'intensifient, les alliances se forment dans l'ombre, et je ne peux m'empêcher de me demander qui, parmi nos propres rangs, pourrait trahir notre confiance.
— La fête se poursuit, mais en moi, l'angoisse grandit. Je me demande combien de temps il nous reste avant que notre monde ne s'effondre sous le poids écrasant des secrets et des trahisons. La paix que nous avons construite est fragile, et une tempête se prépare à balayer tout ce que j'ai bâti.
— Alors, qui sera le premier à sombrer dans le chaos ? Est-ce que ce sera moi, en perdant le contrôle sur ce que je chéris le plus, ou Marco, en cédant à la jalousie et à la rancœur ? Dans cette nuit d’apparences, la vérité semble se dérober à chaque instant, et je suis déterminé à découvrir les secrets qui se cachent derrière les sourires.
Alessandro—Le jour où Clara est morte, il pleuvait.Une pluie fine, silencieuse, obstinée. Une pluie de novembre qui collait aux vitres et rendait la terre grasse. Je l'ai trouvée dans le jardin, sous le grand olivier, celui qu'on a planté ensemble le premier printemps après la prison. Elle s'était assise là pour se reposer. Elle ne s'est jamais relevée.Sa main était encore chaude. Son visage était paisible. Pas de souffrance, pas de lutte. Juste le cœur qui s'arrête, comme une horloge qu'on ne remonte plus.Je me suis assis à côté d'elle. Je ne sais pas combien de temps. Une heure, peut-être deux. La pluie a continué de tomber. Les chèvres bêlaient dans l'enclos. La vie continuait, alors que la mienne venait de s'arrêter.Enzo est arrivé le lendemain, avec sa femme et ses enfants. Il m'a pris dans ses bras. Il pleurait. Moi, je ne pleurais pas. Je n'ai pas pleuré depuis l'enterrement. Pas une larme. Pas un sanglot. Comme si toute l'eau de mon corps s'était tarie.—Cela fait cinq
SofiaLes funérailles ont eu lieu un mardi, sous un ciel bas et gris qui ne ressemblait pas au Brésil. Matteo est enterré dans le petit cimetière de Santa Luzia, sur la colline, face aux montagnes qu'il aimait. Je n'ai pas pleuré pendant la cérémonie. J'avais épuisé toutes mes larmes dans la chambre d'hôpital, dans le couloir, sous la douche. Je suis restée droite, immobile, les yeux secs, la main de Luisa dans la mienne.Alessandro était là. Il n'est pas reparti tout de suite. Il a prolongé son séjour, m'a aidée pour les papiers, les démarches, les décisions que les veuves doivent prendre. Il a dormi dans la chambre d'amis, a préparé le café le matin, a parlé à Luisa quand je n'avais plus la force de parler.Cela fait maintenant un an.Un an sans Matteo. Un an de nuits vides et de draps froids. Un an à regarder Luisa grandir, à lui raconter des histoires sur son père, à inventer une suite à une vie qui s'est arrêtée.Alessandro est revenu. Pour les six mois, pour le premier anniversa
MatteoLe médecin a dit six mois. C'était il y a cinq mois et vingt jours. Je les ai comptés. Chaque matin, au réveil, je regarde le calendrier et je me dis : encore un. Encore un jour de gagné sur le cancer.Aujourd'hui, je ne me lèverai pas.Le lit est mon royaume maintenant. Un lit d'hôpital, à Rio de Janeiro, avec des draps blancs trop râpeux et une fenêtre qui donne sur la mer. Je vois l'Atlantique de mon oreiller. C'est un luxe auquel je ne m'attendais pas. Mourir avec vue sur la mer.Sofia est à mon chevet. Elle tient ma main. Ses yeux gris sont rouges, gonflés, épuisés. Elle ne pleure pas devant moi. Elle attend d'être dans le couloir, ou dans la voiture, ou sous la douche. Mais je sais qu'elle pleure. Je la connais. Je connais chaque recoin de son âme depuis vingt-cinq ans.Luisa est à l'école. On ne lui a pas dit que c'était la fin. On lui a dit que papa était fatigué, qu'il avait besoin de repos, qu'il irait mieux. Des mensonges d'adultes. Des mensonges d'amour.— Tu veux q
ClaraLa porte s'ouvre. Il est là.Son visage est fatigué, creusé par le décalage horaire et les nuits sans sommeil. Ses yeux gris sont rougis, cernés, mais ils brillent d'une lumière que je ne leur ai jamais vue. Une lumière de paix. Il pose sa valise dans l'entrée. Il me regarde. Il ne dit rien.— Tu es rentré, dis-je.— Je suis rentré.Enzo dort déjà. La maison est silencieuse. Le poêle crépite dans le salon. Dehors, les oliviers bruissent sous le vent de la nuit calabraise. Je suis debout dans la cuisine, un torchon à la main, exactement comme le jour où il est sorti de prison. Comme si toutes les retrouvailles se ressemblaient. Comme si chaque retour était le même retour.Il s'approche. Il s'arrête devant moi. Il lève une main, touche mon visage.— Tu m'as manqué, dit-il.— Toi aussi.— Clara, je dois te dire quelque chose.Mon cœur se serre. Je sais ce regard. Ce regard grave, intense, douloureux. Le même que le jour où il m'a avoué pour Sofia. Le même que le jour où il m'a mont
Alessandro—L'enveloppe est épaisse, lourde, timbrée du Brésil. Je la reconnais tout de suite. L'écriture de Matteo.Elle est arrivée ce matin. Je l'ai posée sur la table, devant mon café, sans l'ouvrir. Clara est à côté de moi. Enzo est à l'école. La cuisine est silencieuse, baignée de la lumière
AlessandroIl est là.De l'autre côté de la vitre du parloir. Comme avant. Comme il y a dix ans. La prison de l'Ucciardone n'a pas changé. Les murs sont toujours vert pâle, les gardiens toujours fatigués, l'air toujours lourd de désespoir et de transpiration. Sauf que cette fois, je ne suis pas dét
Clara—Je l'ai trouvée par hasard.Je ne cherchais rien. Je rangeais la vieille armoire, celle qu'on a achetée au marché de Reggio, celle qui sent le cèdre et le temps. Alessandro est aux champs avec Enzo. La maison est calme. La poussière danse dans les rais de lumière.Et puis mes doigts rencont
Alessandro—La terre est dure. Elle résiste sous mes doigts, noire et pleine de cailloux, une terre d'os et de cendres. Le soleil de Calabre tape fort sur ma nuque, dessine des rigoles de sueur dans la poussière qui colle à ma peau. Chaque pierre que j'arrache au sol est une victoire. Chaque motte
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