INICIAR SESIÓNCe livre est pour un public averti : contenues explicites et pour des hommes qui aiment d'autres hommes . Dans le décor opulent du palace parisien « Le Diamant Bleu », la rumeur court sur le mystérieux occupant de la suite présidentielle. Chaque soir, l’agence de luxe « Ombres et Désirs » livre un homme différent, choisi sur catalogue par un milliardaire aussi secret qu'insatiable, connu sous le seul nom de M. Delacroix. Les règles sont immuables : une seule nuit, aucune marque, aucun baiser, un chèque mirobolant au matin. Ces hommes sont des cendres qu’on disperse au vent. Jusqu’à Livio. Jeune artiste désargenté, il est envoyé pour une nuit et, contre tout protocole, sent une faille derrière le masque de glace de l’homme puissant. Au matin, il refuse l’argent et déclare : « Je reviendrai ce soir. Et je n’accepterai votre paiement que lorsque vous vous serez abandonné, pour de vrai. » Intrigué et déstabilisé, Delacroix le laisse faire, sans savoir que Livio est le premier domino d’une chute. Car derrière le faste, Delacroix cache un homme brisé par un mariage toxique avec un aristocrate cruel, Alessandro, qui réapparaît soudainement pour le reconquérir. Dans son sillage, d’autres figures de son passé ressurgissent : Malik, son garde du corps dévoué qui cache un amour dévorant, et Soren, un artiste scandinave avec qui il a vécu une passion dévastatrice. Piégé entre les griffes de son ex-mari manipulateur, la douceur entêtée de Livio, la loyauté brûlante de Malik et la flamme retrouvée de Soren, Delacroix devient le centre d’un harem d’hommes prêts à tout pour son cœur. Pour survivre, il devra accepter non pas un, mais leurs quatre amours, et s’inventer une nouvelle définition du bonheur.
Ver másLa tablette pèse à peine dans ma main. Un objet si fin, si élégant, si froid, et pourtant il contient l'entièreté de ma décadence, toute ma misère affective compressée dans un écran de verre trempé. Je fais défiler les profils d'un geste lent, presque désinvolte, comme si je feuilletais un catalogue de meubles pour un appartement que je n'habiterais jamais vraiment. Des visages lisses. Des torses sculptés. Des regards qui promettent l'extase sans jamais menacer de rester au matin, sans jamais menacer de poser des questions, sans jamais menacer de vouloir plus que ce que je donne. Voilà quatre ans que je procède ainsi. Quatre ans que chaque soirée s'achève dans la même chorégraphie silencieuse, la même transaction clinique, le même vide au réveil. Quatre ans que j'achète des corps comme on achète des antidouleurs, pour tenir une nuit de plus, pour repousser le spectre de l'aube et de ses silences insupportables.
La suite présidentielle du Diamant Bleu est silencieuse autour de moi. Trop silencieuse. C'est pour cela que je la remplis, nuit après nuit, avec des corps qui ne demandent rien, qui ne posent pas de questions, qui ne cherchent pas à gratter le vernis de ma façade. Des corps qui prennent l'argent et disparaissent avec la première lueur de l'aube, emportant avec eux l'illusion d'une présence, l'illusion d'une chaleur, l'illusion que je ne suis pas complètement seul au monde. C'est le protocole. C'est ma règle. La seule qui tienne encore debout dans ma vie, la seule digue qui contient encore l'océan noir de ce que je refuse de ressentir, de ce que j'ai enterré sous des couches de succès, de pouvoir et d'argent.
Mon doigt glisse sur l'écran. Un visage apparaît, puis un autre. Tous calibrés, tous parfaits, tous vides. L'agence Ombres et Désirs connaît mes exigences par cœur, gravées dans leurs dossiers comme un code pénal. Jamais le même homme deux fois. Jamais de marques visibles. Jamais de baiser. Jamais de véritable intimité, seulement l'illusion de la chair, le simulacre de la passion, la mécanique des corps qui s'entrechoquent sans jamais se rencontrer vraiment. Et surtout, un départ avant sept heures, contre une enveloppe discrète dont le montant suffirait à faire vivre une famille pendant un an. C'est une fortune que je dilapide pour ne pas dormir seul. Pour ne pas affronter le silence de cette chambre trop grande, de ce lit trop froid, de cette vie trop parfaite, de ce palais de verre et d'acier que j'ai bâti autour de moi comme un sarcophage.
L'écran s'illumine sous mes doigts. Un nouveau visage. Un nom : Livio. Vingt-trois ans. Artiste. Corps élancé, pommettes hautes, une bouche qui semble défier l'objectif du photographe, une bouche qui semble refuser de se plier aux conventions du catalogue. Mais ce sont les yeux qui m'arrêtent, qui me transpercent, qui me clouent sur place. Quelque chose dans ce regard. Une intensité qui n'appartient pas aux habituels modèles de l'agence. Les autres fixent l'objectif avec une soumission apprise, une disponibilité fabriquée, une promesse commercialisable, un désir synthétique qu'ils ont répété devant un miroir. Lui, il regarde comme s'il pouvait traverser l'écran, traverser la distance, traverser le temps. Comme s'il voyait déjà ce que je cache derrière mes costumes sur mesure et mes silences calculés. Comme s'il me défiait de le choisir, comme s'il savait que je le choisirais, comme s'il m'attendait depuis toujours.
Je pose la tablette sur la table basse en marbre. Le geste est sec, presque agacé. Mon whisky tiédit dans son verre de cristal, les glaçons fondus depuis longtemps, comme ma patience, comme ma capacité à tolérer ces regards qui ne demandent rien, ces corps qui ne résistent pas, ces nuits qui se répètent dans une boucle infinie et stérile. Je n'aime pas ce que ce visage provoque en moi. Une curiosité aiguë. Une inquiétude sourde. Un frémissement au creux des reins que je croyais avoir éteint sous des années de discipline et de contrôle absolu. Je devrais glisser vers le profil suivant. Prendre un modèle plus docile, plus lisse, plus interchangeable. C'est ce que je fais toujours. C'est ce que je devrais faire ce soir encore, ce soir comme tous les autres soirs, ce soir comme un automate qui a oublié qu'il avait un cœur.
Je reprends la tablette. Mes doigts composent le message à l'agence avec des gestes précis, mécaniques, des gestes d'homme d'affaires qui passe une commande. Un simple numéro de profil. Une heure d'arrivée. Les conditions habituelles. Rien de plus. Rien qui trahisse l'hésitation, le trouble, la sensation étrange que je viens peut-être de commettre une erreur irréparable. Je fixe ces yeux sur l'écran quelques secondes de plus, ces yeux qui semblent me dire "je sais qui tu es vraiment", puis j'éteins l'appareil. Le silence retombe, plus lourd qu'avant, comme chargé d'une attente nouvelle, d'une promesse que je n'ai pas formulée mais qui flotte dans l'air comme la fumée de mon cigare éteint.
Et Raphaël est là, debout près de la fenêtre, dos à moi, regardant la nuit. Il porte un peignoir blanc, ouvert sur son torse nu, comme au premier jour. Il se retourne quand il m'entend entrer, et ses yeux gris s'illuminent. Il ne bouge pas. Il attend. Il me laisse venir à lui. Je m'approche, m'arrête à quelques centimètres de lui. Le silence entre nous est palpable, vibrant, chargé de tout ce que nous avons traversé pour en arriver là. Puis je parle. — Je suis là. — Tu es là, répète-t-il doucement. — Pour de bon. — Pour de bon. — Je lui ai dit. À Sophie. Je lui ai dit que je t'aimais. Je lui ai dit la vérité. Toute la vérité. — Comment te sens-tu ? — Nu. Fragile. Terrifié. Mais vivant. Plus vivant que je ne l'ai jamais été. Il sourit. Un sourire différent, un sourire qui n'est ni calculateur ni séducteur, un sourire simplement heureux. Il ouvre
Non. Je ne suis pas ça. Je ne suis pas qu'une étiquette, une case, une définition réductrice. Je suis Léo. Juste Léo. Un garçon de vingt-deux ans qui aime un homme de quarante-cinq ans. Un garçon qui a mis des semaines à accepter cette vérité, qui a lutté contre lui-même, qui a menti, qui a trahi, qui a fui. Mais un garçon qui aujourd'hui, dans cette chambre d'hôtel déserte, entouré de bougies qui s'éteignent et de pétales de roses qui se fanent, décide enfin d'arrêter de fuir. Je prends mon téléphone. Mes doigts tremblent, mais ce n'est plus de peur. C'est d'impatience. Je compose le numéro de Raphaël, ce numéro que je connais par cœur, que j'ai composé des dizaines de fois en cachette, que j'ai effacé de mon journal d'appels pour ne pas éveiller les soupçons. Il décroche à la première sonnerie. — Léo ? Tout va bien ? Sa voix est grave, inquiète. Il ne dort pas, il ne dormait pas. Il attendait mon appel. Il m'attend, lui, toujours,
Léo La porte claque, et le bruit se répercute dans la chambre comme une détonation. Je reste debout au milieu de la pièce, pétrifié, les bras ballants, les yeux fixés sur cette porte derrière laquelle Sophie vient de disparaître. Les bougies crépitent encore sur la table, les pétales de roses jonchent le sol comme des confettis après une fête ratée, le champagne tiédit dans les flûtes intactes. Tout ce décor romantique, toute cette mise en scène minutieuse, tout cela n'était qu'un tombeau. Le tombeau de notre amour. Je m'assieds sur le canapé, lourdement, comme un pantin désarticulé. Ma tête tombe entre mes mains, mes coudes s'enfoncent dans mes genoux. J'ai encore son goût sur mes lèvres, le goût de ses larmes mêlées au champagne. J'ai encore son odeur dans les narines, ce parfum qu'elle porte depuis que je la connais et qui restera à jamais associé à elle. J'ai encore sa voix dans les oreilles, cette voix brisée par le chagrin et la co
La colère est revenue, balayant le chagrin. Je me lève, le visage ruisselant de larmes, la voix tremblante de rage. Je m'approche de lui, le pointe du doigt, et je crache tout ce que j'ai sur le cœur. — Tu m'as menti, Léo. Tu m'as menti pendant des semaines, des mois peut-être. Tu rentrais le soir avec son odeur sur ta peau, et tu m'embrassais comme si de rien n'était. Tu recevais ses messages à table, et tu me disais que c'était ta mère. Tu m'as prise pour une idiote, tu m'as manipulée, tu m'as trahie. Et aujourd'hui, tu voudrais que je te comprenne ? Que je te pardonne ? Non. Non, Léo. Je ne te pardonnerai jamais. Jamais. — Sophie, je... — Tais-toi. Tais-toi et écoute-moi. Je t'ai aimé. Vraiment. De tout mon cœur. J'étais prête à tout pour toi. J'aurais déménagé à l'autre bout du monde, j'aurais changé de travail, j'aurais renoncé à tout ce que j'avais. Et toi, tu m'as jetée comme une vieille chaussette pour un homme qui a l'âge d
Raphaël DelacroixCe mot. Ce simple mot de trois lettres, prononcé doucement, sans défi, sans arrogance. Juste un constat. Une évidence. Je n'ai pas envie de fermer les yeux. Je veux vous voir. Et soudain, c'est moi qui ai envie de détourner le regard, de me cacher, de fuir. Parce que ce qu'il cher
Raphaël DelacroixLa chambre est plongée dans une semi-obscurité calculée. C'est ainsi que je les préfère, ces corps de passage, ces silhouettes anonymes qui défilent dans mon lit comme des figurants dans un théâtre vide. La pénombre efface les détails, gomme les particularités, transforme chaque v
Livio MorettiSa voix est grave, profonde, posée. Sans chaleur, mais sans hostilité non plus. Juste un ordre poli. Je franchis le seuil, et il me semble que je franchis bien plus que le seuil d'une suite de luxe. La porte se referme derrière moi avec un claquement sourd qui me fait sursauter. La su
Livio MorettiMais une autre partie de moi, une partie que je refuse d'écouter parce qu'elle est dangereuse et stupide, espère autre chose. Espère qu'il sera différent. Espère qu'il me regardera vraiment, qu'il verra autre chose qu'un corps à consommer. C'est stupide. C'est dangereux. C'est le meil






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