Le retour à la boutique me parut plus difficile que d’habitude.D’ordinaire, je passais d’un monde à l’autre sans trop y penser : l’hôpital, ses couloirs blancs, ses odeurs trop propres, sa lenteur inquiète ; puis la rue, la vitrine, les seaux d’eau, les tiges à couper, les clients à accueillir avec un sourire même quand mes jambes suppliaient qu’on les laisse enfin en paix.Mais ce matin-là, quelque chose résistait en moi.Je marchais vite, les mains dans les poches, l’esprit encore accroché à une chambre d’hôpital et à une voix rauque qui m’avait arrêtée dans un couloir.C’est vous… qui m’avez sauvé ?Je secouai légèrement la tête en arrivant devant la boutique, comme si ce simple geste pouvait chasser le souvenir.N’importe quoi.Je sortis mes clés, ouvris le rideau métallique, poussai la porte. La clochette tinta doucement, familière, rassurante. L’odeur des fleurs m’accueillit aussitôt. Une odeur fraîche, vivante, presque maternelle. Je respirai profondément.Ici, au moins, tout
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