J’avais posé le bouquet dans un grand vase transparent, au fond de la boutique, là où je pouvais le voir sans avoir l’air de le surveiller.C’était ridicule.Il ne bougeait pas. N’allait pas révéler soudain son origine dans un éclair dramatique. Et pourtant, depuis la veille, mon regard y revenait sans cesse. Les roses ivoire commençaient à s’ouvrir légèrement, les lisianthus gardaient encore leur souplesse, et l’ensemble demeurait aussi juste qu’au premier instant.Trop juste.Quelqu’un avait pensé ce bouquet. Vraiment pensé.Pas comme on jette une dépense dans un geste automatique, mais comme on essaie de dire quelque chose sans les mots.Le problème, c’est que les silences coûtent parfois plus cher que les phrases.— Tu le regardes comme si tu attendais qu’il t’épouse, fit la voix de ma grand-mère.Je relevai brusquement la tête.— Mamie !J’étais venue la voir entre midi et deux, emportant avec moi quelques branches fraîches pour lui refaire un petit vase. Le bouquet d’Alex, lui,
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