AvaL’air de la galerie possédait cette neutralité stérile, propre aux cubes blancs destinés à sanctifier l'art. Une odeur de peinture fraîche, de vernis à retoucher et de cire d'abeille flottait sous les hauts plafonds, un espace de lumière et de silence que Vincenzo m’avait offert pour en faire mon royaume. Ici, au cœur de la Galerie Ava Bellini, le sang de Naples ne coulait pas.Mes talons aiguilles claquaient sur le béton ciré, un bruit sec, métronomique, qui trahissait l'électricité nerveuse parcourant mes veines depuis l'aube. Vincenzo m’avait ordonné de rester cloîtrée au manoir. Il avait exigé une captivité dorée entre les murs de sa forteresse, sous l'œil lourd et protecteur de ses soldats.Mais le Parrain De Luca, malgré toute sa prescience et la terreur qu'il insufflait à cette ville, oubliait une chose fondamentale : je n’avais pas survécu à l’enfer, aux humiliations, ni à la folie obsessionnelle de Michaël pour me transformer aujourd'hui en une madone silencieuse, recluse
Last Updated : 2026-06-04 Read more