La canicule refusait de lâcher prise sur Bonapriso. Chaque jour, le soleil semblait plus lourd, plus proche, comme s’il voulait faire fondre les tôles et cuire la boue rouge jusqu’à la faire craqueler. L’air vibrait, chargé d’humidité et d’une tension presque palpable. Même les mouches semblaient paresseuses, tournant lentement autour des restes de poisson braisé que les voisins jetaient dans la ruelle.Ngaba marchait maintenant sans canne la plupart du temps, même si sa démarche restait légèrement boiteuse. La cicatrice sur sa cuisse était encore rose et sensible, mais elle ne s’ouvrait plus à chaque effort. Son épaule gauche, en revanche, restait raide et douloureuse, surtout le matin. Il s’entraînait chaque jour avec Shana et les hommes, réapprenant à combattre avec un corps abîmé, transformant ses faiblesses en atouts inattendus.Ce matin-là, il était assis sous le manguier avec Kofi. L’enfant, torse nu et couvert de boue jusqu’aux genoux, avait les deux mains
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