Les semaines passent. Les mois passent. Chaque mois, mes règles arrivent. Chaque mois, avec la même régularité désolante, je saigne pour rien, pour personne, pour aucun projet. Chaque mois, je me dis que c'est le stress, que c'est la fatigue, que ce sera pour le mois prochain, que je dois persévérer. Chaque mois, je meurs un peu.Mais ce soir-là, ce premier soir où j'ai décidé, ce premier soir où j'ai jeté ma pilule, ce premier soir où je me suis endormie avec l'image d'une petite main dans la mienne, ce soir-là, je m'endors heureuse. Je m'endors comme je ne me suis pas endormie depuis très longtemps. Avec une raison. Avec un espoir. Avec un plan.C'est tellement bon d'avoir un plan, même un plan bâti sur un sable qui va bientôt s'effondrer sous moi. C'est tellement bon d'avoir cru, l'espace d'une nuit, que j'étais libre.
Read more