Chapitre 105 Lucas La douleur me réveille. Une douleur sourde, lancinante, qui pulse dans mes tempes, descend le long de ma nuque, irradie dans mes épaules. Mes paupières sont lourdes, collées par le sommeil artificiel, et je lutte pour les ouvrir, pour émerger du brouillard chimique qui embrume mon cerveau. L'odeur est la première chose que je perçois vraiment. Une odeur de moisi, de terre humide, de pierre suintante. Et dessous, plus âcre, plus métallique, l'odeur de la peur. La mienne. La sienne. Isabelle. J'ouvre les yeux, et la lumière jaune de l'ampoule me fait cligner, m'arrache une grimace de douleur. Je suis dans une cave. Une cave froide, humide, aux murs de pierre brute couverts de salpêtre. Le sol est en terre battue, inégal, parsemé de gravillons qui s'enfoncent dan
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