Elle s’assit, posa son sac sur ses genoux, et attendit. Raphaël resta debout près de la fenêtre, les bras croisés, le regard perdu au loin. Et il parla. Il raconta sa première arnaque, à vingt-deux ans. Sa rencontre avec Irina Volkova, qui lui avait appris les ficelles du métier. Les sociétés-écrans, les comptes offshore, les fausses factures. Il raconta Marianne Forestier, sa première grande victime, qu’il avait séduite, dépouillée, ruinée. Il raconta les autres femmes, les autres proies, toutes celles qui avaient croisé son chemin et qu’il avait broyées sans remords. Puis il en vint à Elena. – Tu étais la plus belle, la plus brillante, la plus prometteuse de mes proies. Et en même temps, la plus vulnérable. Tu sortais d’un divorce douloureux, tu te reconstruisais à peine, tu avais besoin qu’on t’aime, qu’on te protège, qu’on te valorise. J’ai exploité chacune de tes failles, chacun de tes doutes, chacune de tes peurs. Je t’ai façonnée à mon image, comme un sculpteur façonne l’arg
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