L’article de Sarah Melki, publié en une du journal local puis repris par la presse nationale, avait fait l’effet d’une bombe dans le milieu feutré de l’art contemporain. Sous le titre cinglant « Le collectionneur aux deux visages », la journaliste détaillait par le menu la double vie de Raphaël Delcourt, alias Dumont, ses escroqueries successives, ses manipulations amoureuses, ses complicités douteuses. Des photos de lui, prises lors de vernissages mondains, illustraient l’article, et le contraste entre son sourire charmeur et les accusations portées contre lui était saisissant. Dans les galeries, les salles des ventes, les fondations, on ne parlait plus que de cela. Certains collectionneurs, qui avaient acquis des œuvres par son intermédiaire, s’empressaient de faire expertiser leurs achats. D’autres, qui avaient envisagé de travailler avec lui, remerciaient le ciel d’avoir échappé au piège. Quelques-uns, plus rares, tentaient de le défendre, invoquant la présomption d’innocence ou d
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