ArisL'aube est grise, sale, comme un matin de gueule de bois. Je n'ai pas dormi. Depuis quatre nuits, je ne dors plus, ou si mal que le sommeil n'est qu'un long combat contre des ombres informes. Je me lève avant le soleil, je m'habille dans le noir, je descends à mon bureau. Mes hommes dorment encore pour la plupart. Le Dôme est silencieux, parcouru seulement par le pas des sentinelles et le ronronnement de la ventilation. C'est l'heure que je préfère. L'heure où personne ne me parle, où personne n'attend rien de moi.Mais ce matin, même le silence ne m'apaise pas.Elle est partout. Dans les couloirs qu'elle traverse, dans l'embrasure des portes où je l'ai vue, dans le frôlement de son regard qui ne me quitte plus. Je la croise sans la chercher. Hier encore, je l'ai aperçue dans le jardin intérieur, assise sur un banc de pierre, le visage tourné vers le ciel. Elle ne faisait rien. Elle était là, simplement, immobile, les yeux fermés, les mains posées sur les genoux. Je me suis arrêt
Last Updated : 2026-06-25 Read more