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Sa main descend dans le bas de mon dos, plus bas que les convenances ne le permettent, et je sens ses doigts effleurer la naissance de ma colonne vertébrale. Je devrais le repousser, mais je ne veux pas. La musique continue, et nous dansons toujours, chaque pas un défi lancé au roi des Ombres. Je sens la chaleur de ses doigts sur ma peau, la pression de sa main qui me tire un peu plus près de lui. — Vous êtes un provocateur, Kael. — Je suis un homme qui veut ce qu'il veut, Aelys. Et ce que je veux, c'est vous. La musique se termine, et il me tient encore, ses bras autour de moi, son souffle sur mes lèvres. Je sens son cœur battre contre le mien, et je sais que je suis perdue. — Trouvez-moi dans les jardins plus tard, murmure-t-il. J'ai des choses importantes à vous dire. Il s'éloigne, et je reste au milieu de la piste, le cœur battant, le corps brûlant de la chaleur de sa danse. Je sens toujours les yeu
Sa main s'arrête dans le bas de mon dos, ses doigts s'enfoncent dans la chair. Je sens mon corps se cambrer malgré moi, une réaction que je ne contrôle pas, un abandon qui me terrifie. Ma respiration s'accélère, mes lèvres s'entrouvrent, et je me déteste pour cette faiblesse. — Tu le veux, dit-il, et ce n'est pas une question. Je le vois dans tes yeux. Je le sens dans le frémissement de ta peau. Tu peux me haïr autant que tu veux, mais tu ne peux pas nier cela. Il s'écarte brusquement, si brusquement que je vacille et manque de tomber. Il me regarde, les yeux brillants, une lueur sauvage dans son regard. Sa poitrine se soulève et s'abaisse rapidement, et je vois la lutte qui se livre en lui, la tentation et le contrôle qui s'affrontent. — Va-t'en, Aelys. Avant que je ne fasse quelque chose que tu ne pourras pas oublier. Je ne me le fais pas dire deux fois. Je fuis sans un regard en arrièr
Il s'avance vers moi, et à chaque pas, l'air se raréfie un peu plus. Je recule instinctivement, mais je sens le mur derrière mon dos. Je suis piégée, prise au piège comme un animal. — Je t'ai donné des privilèges, Aelys. Je t'ai laissée errer dans le palais. Je t'ai épargnée quand tu aurais dû mourir. Et voilà comment tu me remercies ? En te donnant à mon frère ? Sa voix est un grondement, un tonnerre qui gronde dans la pièce. Il est devant moi maintenant, si près que je sens la chaleur de son corps, que je respire l'odeur de sa peau , musc et colère et quelque chose de plus âpre, comme la fumée d'un incendie. — Je ne me donne à personne, Cassian. Je ne t'appartiens pas. Les mots sortent avant que je puisse les retenir. Ils sont une provocation, un défi, et je les regrette immédiatement. Je vois l'éclair dans ses yeux, la fureur qui s'embrase, et je sais que j'ai franchi une ligne que je n'aurais pas dû franchir.
Je prends sa main, et il me tire vers lui. Pendant un instant, je suis si près que je sens la chaleur de son corps, l'odeur de son parfum - bois de santal et agrumes, quelque chose de frais et de chaud à la fois. Puis il relâche mon étreinte et s'éloigne, me laissant seule dans le jardin avec un cœur qui bat trop vite et une promesse qui pèse sur mes épaules. Cette nuit-là, je rêve de Kael. Je rêve de ses mains sur ma taille, de ses lèvres sur ma nuque, de sa voix qui murmure mon nom. Je me réveille en sursaut, les draps en désordre, le corps en feu, et je ne sais pas si ce rêve est un espoir ou une malédiction. Je me tourne et me retourne dans mon lit, incapable de trouver le sommeil, le corps brûlant du souvenir de ses doigts sur ma peau. Les jours suivants, je ne vois pas Kael. Il est retenu par des obligations, des réunions avec son frère, des audiences qu'il ne peut pas éviter. Mais je sens sa présence dans chaque petit détail - le
Alors que je longe la galerie haute, j'entends des voix. Je me plaque contre le mur, dissimulée par une tenture, et je retiens mon souffle. Mon cœur s'arrête un instant, puis repart plus vite.— Tu as été trop loin aujourd'hui, Kael. La dame n'est pas un jouet.C'est Cassian. Sa voix est un grondement à peine contenu, une colère qui cherche une fissure pour exploser. Je l'imagine, les poings serrés, les mâchoires crispées, luttant contre l'envie de frapper son frère.— Un jouet ? Non, elle n'est pas un jouet. Elle est une femme. Une femme que tu gardes prisonnière, que tu effraies, que tu humilies. Je me demande ce qu'elle voit en toi, mon frère.Le rire de Kael est un éclat de verre dans la nuit, mais il y a dans sa voix une dureté que je ne lui ai pas encore entendue.— Elle ne voit rien en moi. Elle me hait.— Et tu préfères cela à l'indifférence ?Un silence. Le plus lourd de tous. Un silence chargé de dix ans de rancœur, de toutes les choses non dites entre deux frères que tout s
AelysLe prince Kael est une tempête qui traverse le palais sans jamais s'arrêter. Trois jours ont passé depuis son retour, et déjà il a conquis la cour entière. Les dames rougissent quand il passe, les seigneurs s'inclinent plus bas qu'ils ne le font pour Cassian, les servantes trouvent des prétextes pour traîner dans les couloirs qu'il emprunte. Il est partout à la fois, sa présence lumineuse dissipe les ombres que son frère a patiemment tissées. L'air lui-même semble plus léger quand il entre dans une pièce, comme si le soleil s'était invité dans cette forteresse de pierre et de ténèbres.Moi, je suis une spectatrice privilégiée de ce charme opéré. Je ne suis plus confinée à mes appartements , les gardes me laissent errer librement depuis que Cassian a ordonné qu'on me laisse tranquille et j'observe Kael depuis l'ombre des colonnades, depuis les recoins où je peux me faire oublier. Je le regarde charmer, conquérir, désarmer. Il a un don pour cela, un don que son frère n'a jamais po







