LOGINRésumé – Casanova des temps modernes Il a le charme dans le regard, l’assurance dans le pas, et cette aura magnétique qui fait tourner toutes les têtes. Peu importe où il entre, les conversations s’interrompent, les regards se figent et les cœurs vacillent. Lui, c’est Léo Marceau. Beau, élégant, cultivé… et irrésistiblement dangereux pour l’âme. Les femmes le désirent, même celles qui ne devraient pas. Épouses fidèles, fiancées modèles, célibataires endurcies : toutes cèdent, un jour ou l’autre, à son jeu de séduction. Mais derrière ses sourires et ses conquêtes, se cache un homme que personne ne semble vraiment connaître. Jusqu’au jour où une femme différente entre dans sa vie. Une femme qu’il ne peut pas séduire. Une femme qui, sans le vouloir, va changer les règles du jeu. Dans un monde où les apparences règnent, où la tentation est reine, Léo devra choisir entre poursuivre l’illusion… ou affronter ce qu’il fuit depuis toujours : aimer pour de vrai.
View MoreLéo
— Je suis maudit. Maudit par une odeur de Chanel et un soupir d’ennui conjugal.
Je l’ai dit tout haut, sans vraiment m’adresser à elle. Juste pour le plaisir d’entendre ma voix flotter entre deux éclats de rire forcé. Le genre de phrase qui fait lever un sourcil ou croiser une jambe.
La femme en face de moi ne m’a pas déçu.
Elle a souri ce petit sourire carnivore, bien poli, bien appris. Puis elle a replongé ses lèvres glossy autour de sa paille comme si elle suçait le doigt du diable lui-même. Je me suis senti visé. J’ai toujours été un peu possessif avec les pailles.
Elle était belle. Spectaculairement. Du genre à se faire offrir des coupes de champagne sans rien demander, à faire tourner les têtes même quand elle fait semblant de chercher son téléphone au fond de son sac. Le brushing avait dû lui coûter la moitié de mon salaire mensuel. Et la robe ? Une œuvre d’art. Rouge incendie. Échancrée avec la précision d’un chirurgien esthétique. Elle avait tout compris.
Mais ce qui m’a arrêté net, ce n’est pas son sourire ni ses jambes croisées à la perfection. C’est l’alliance.
Fine, en or blanc, à peine visible si on ne sait pas quoi chercher.
Mais moi, je sais toujours où regarder.
Elle brillait sous la lumière du bar comme un secret bien gardé.
— Et vous êtes… ? m’a-t-elle demandé avec une voix mielleuse et un soupçon de provocation.
— Léo, ai-je répondu.
Pas mon vrai prénom, bien sûr. Je n’étais pas d’humeur à faire du service après-vente. L’expérience m’a appris qu’avec les femmes mariées, mieux valait rester flou. Elles aiment qu’on les devine. Et moi, j’aime disparaître au petit matin.
Elle a souri, lèvres entrouvertes, mascara impeccable.
— Vous êtes dangereux.
— Non. Je suis disponible. Ce qui, vous en conviendrez, est bien plus rare.
Elle a gloussé. C’était gagné. Je n’avais plus qu’à dérouler le tapis rouge. Elle allait me raconter que son mari était en voyage, qu’elle s’ennuyait, qu’elle n’avait pas prévu ça. Elle allait parler comme si je l’avais ensorcelée, comme si c’était moi qui avais franchi la ligne. Mais c’est elle qui m’avait vu en premier. C’est elle qui s’était approchée, le pas hésitant mais l’intention claire.
Je l’écoutais parler, mais dans ma tête, je savais déjà comment ça finirait : dans un Uber trop silencieux, une porte qu’elle refermerait doucement pour ne pas réveiller les enfants, des draps trop propres et un parfum d’interdit.
J’allais l’embrasser. Dans quelques minutes. Elle le sentait. Moi aussi.
Et pourtant…
Quelque chose clochait.
Pas elle. Elle cochait toutes les cases.
Non, ce qui clochait, c’était moi.
Mon attention, mon envie. Quelque chose me glissait entre les doigts.
Alors j’ai levé les yeux.
Et je l’ai vue.
Un peu plus loin, à la table du fond. Une femme seule. Une robe noire — sobre, élégante, sans rien de criard. Pas de bijoux voyants. Pas de décolleté exagéré. Elle était l’opposée parfaite de celle qui me faisait face.
Et pourtant, elle m’a percuté comme une gifle silencieuse.
Elle tenait un livre dans les mains. Un vrai. Pas un gadget pour paraître intellectuelle. Elle lisait vraiment.
Et elle souriait.
Pas à moi.
Pas à personne.
Aux mots.
Comme s’ils lui soufflaient quelque chose d’intime à l’oreille.
Une femme qui lit dans un bar, seule, sans téléphone à la main, sans regards jetés autour… ça n’existe pas. C’est un mirage. Une apparition.
Et elle ne me regardait pas.
Je l’ai sentie avant de la comprendre. Cette tension sous ma peau. Cette envie de me redresser, de me montrer, d’attirer son attention.
Mais elle ne bougeait pas. Ne levait pas les yeux.
Et moi, j’avais soudain l’impression d’être transparent.
J’ai dégluti. Lentement. Comme si quelque chose en moi se remettait en question.
Ce n’est pas qu’elle était plus belle.
Elle était plus mystérieuse.
Et moi, j’ai toujours été accro à ce que je ne peux pas avoir tout de suite.
— Excusez-moi, ai-je soufflé à ma compagne de la soirée.
— Déjà ? s’est-elle étonnée, vexée. On n’a même pas commencé.
Je lui ai souri.
Un sourire désolé. Mais pas trop. Juste ce qu’il faut de cruauté pour lui faire comprendre qu’elle ne comptait déjà plus.
— C’est vrai. Mais j’ai… mieux à faire.
Je me suis levé. Lentement. Avec la désinvolture de ceux qui savent exactement ce qu’ils font. Elle m’a regardé partir, les lèvres entrouvertes, la main toujours sur son verre à moitié vide. Elle ne comprenait pas.
Mais dans ma hiérarchie à moi, l’indifférence valait bien plus que la disponibilité.
Et ce soir, j’avais vu une femme qui ne me regardait pas.
Et putain, ça, c’était un problème que j’avais très envie de résoudre.
LysandreDix ans. Une décennie entière. J'ai du mal à réaliser quand je prononce ce chiffre. Dix ans de mariage, de vie commune, de bonheurs et de tempêtes. On a changé de maison, quitté l'appartement pour une maison plus grande, avec un jardin, à la périphérie de la ville. Il y a un cerisier qui donne des fruits acides en juin, que les oiseaux picorent avant qu'on ait le temps de les cueillir. Une balançoire un peu rouillée, suspendue à une branche maîtresse. Un potager que Léo entretient avec plus d'enthousiasme que de talent, malgré les innombrables tutoriels qu'il visionne sur internet. Les tomates sont minuscules, les courgettes monstrueuses, et c'est lui tout craché. De l'énergie, de la bonne volonté, et un résultat toujours surprenant.Je suis dans la cuisine, je prépare le dîner. Une soupe de butternut, son plat préféré quand l'automne arrive et que les feuilles du cerisier commencent à tomber. La maison sent le potiron, la muscade, la chaleur du four. Par la porte entrouverte
LéoOn rentre épuisés, heureux, un peu ivres de champagne et de joie. L'appartement est silencieux, tout nous paraît différent maintenant qu'on est mariés. Comme si les murs avaient changé de couleur, comme si l'air était plus léger. Les mêmes meubles, les mêmes tableaux, la même odeur de lessive et de café. Mais tout est nouveau. On est nouveaux.Je la porte pour franchir la porte. Un vieux rite idiot, un truc de film américain des années cinquante, mais je tiens absolument à le faire. Elle rit, proteste pour la forme, donne des petits coups de pied dans le vide.— Tu vas te casser le dos, Léo, pose-moi. Je suis lourde, tu as trop bu.— Jamais. Je te porterai jusqu'au bout du monde s'il le faut.Nos chaussures volent dans l'entrée, atterrissent dans un coin. La robe tombe dans un bruissement soyeux, une flaque de mousseline blanche sur le parquet. Nos gestes sont lents, presque solennels. On n'est pas pressés. On a toute la vie devant nous.On fait l'amour lentement, avec une intensi
LéoLa veille du mariage, je ne dors pas chez nous. Tradition idiote que Mathias a insisté pour respecter. Je suis chez lui et Nathan, dans leur maison à la campagne, et j'envoie des messages à Lysandre jusqu'à trois heures du matin. Des messages idiots, des déclarations, des souvenirs, des promesses.— J'ai peur. Pas de me marier. De ne pas être à la hauteur. De tout gâcher.— Moi aussi, j'ai peur. On a peur ensemble, c'est mieux que d'avoir peur tout seul.— Tant mieux. Comme ça on a peur ensemble. C'est rassurant.— Je t'aime, Léo. Depuis le premier jour, même quand je ne savais pas encore que je t'aimais.— À demain pour toujours.Je ne dors presque pas. Trop d'émotions, trop de pensées qui tournent en boucle. Au petit matin, je regarde le plafond de la chambre d'amis, et je repense à tout le chemin parcouru. L'homme que j'étais, celui qui fuyait, qui sabordait, qui avait peur de l'amour comme d'autres ont peur du vide. La thérapie, les rechutes, les victoires minuscules, les nuit
LéoLe mariage de Mathias. Mon meilleur ami, mon frère de cœur, celui qui m'a conseillé la thérapie quand j'étais au fond du trou, qui m'a ramassé à la petite cuillère plus de fois que je ne peux compter, qui m'a écouté pleurer au téléphone à trois heures du matin sans jamais me juger. Il épouse Nathan, son compagnon depuis huit ans, un architecte doux et brillant qui a su dompter le tempérament volcanique de Mathias. La cérémonie est magnifique, sobre, remplie d'amour, dans une grange rénovée au milieu des vignes, décorée de guirlandes lumineuses et de fleurs sauvages.Pendant la soirée, je danse avec Lysandre. Elle porte une robe bleue, celle qui fait ressortir ses yeux, la même qu'elle portait au concert, mais ce soir elle est différente, plus lumineuse, plus sereine. La piste est presque vide, les gens sont au bar, au buffet, mais on s'en fout complètement. Je la fais tourner, elle rit aux éclats, elle pose sa tête contre mon épaule, et je sens son corps qui s'abandonne contre le
Il se lève, docile, et l'accompagne jusqu'à la porte. Je les regarde partir. Lui, grand, voûté, marchant un pas derrière elle comme un valet derrière sa maîtresse. Elle, droite, raide, ne se retournant pas, ne lui accordant pas un regar
Je soupire. Un long soupir qui en dit plus que tous les mots. Elle a raison. Bien sûr qu'elle a raison. Mes amis sont importants. Ils font partie de ma vie, de mon histoire, de ma chair. Ils sont la famille que j'ai choisie, celle qui ne m'a jamais abandonnée. Et si Léo doit vraiment faire partie d
Son ordinateur portable a élu domicile sur la table du salon. Il est entouré d'une constellation de papiers, de dossiers, de post-it colorés qui ressemblent à des petits drapeaux plantés dans le territoire de notre vie commune. Il travaille souvent
Je ris. Le son s'échappe de ma gorge, léger, cristallin, et il emplit la petite salle de bain. Il sourit plus largement, fier de son effet. Il aime me faire rire. Il me l'a dit une fois, une nuit, dans le noir, comme on avoue un secret honteux. "Je n'ai jamais fait rire personne ava












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