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AryaL'aube est encore loin quand Soren me réveille.— Debout, petite. L'entraînement commence maintenant.Je me frotte les yeux, encore engourdie de sommeil. La grotte est plongée dans la pénombre, éclairée seulement par les braises mourantes du feu de la veille. Mes enfants dorment paisiblement dans leur berceau, leurs petites poitrines se soulevant au rythme d'une respiration régulière.— Maintenant ? murmuré-je. Il fait encore nuit.— Les guerriers s'entraînent avant le lever du soleil. C'est à ce moment que l'esprit est le plus clair, que le corps est le plus réceptif. Allez, debout.Je m'extrais des fourrures avec un grognement de protestation. Mes muscles sont encore endoloris par l'accouchement récent, mes articulations raides de froid. Mais je me lève, parce que je n'ai pas le choix. J'ai accepté ce destin, j'ai accepté cet entraînement, je ne peux pas reculer maintenant.Nous sortons de la grotte, et le froid de la nuit me saisit immédiatement. La neige crisse sous nos pieds
AryaLes mots de Soren résonnent encore dans la grotte, lourds de sens et de conséquences. La prophétie, la Lycan Suprême, la guerre contre la Déesse Sombre. Tout cela tourne dans ma tête comme un tourbillon, et plus j'essaie de comprendre, plus je m'y perds.Mes enfants dorment paisiblement dans le berceau de fortune que Soren a fabriqué avec des branches et des fourrures. Kael, Lya, Ronan. Les Trois Flambeaux. Les sauveurs du monde. Je les regarde, ces petits êtres si fragiles, si vulnérables, et je ne peux pas croire ce que Soren vient de me révéler. C'est impossible. C'est absurde. C'est une erreur.Je me lève brusquement, malgré la fatigue qui pèse encore sur mes membres. Mes jambes tremblent, ma tête tourne, mais je tiens debout. Je fais les cent pas dans la grotte, les bras croisés sur ma poitrine, essayant de mettre de l'ordre dans mes pensées.— Non, dis-je finalement, ma voix plus forte que je ne l'aurais voulu. Non, ce n'est pas possible. Vous vous trompez.Soren me regarde
Arya Soren déroule le parchemin sur le sol de la grotte, près du feu. La peau est ancienne, craquelée, tachée par le temps et l'humidité. Mais les runes qui la couvrent sont encore nettes, brillantes, comme si elles avaient été tracées hier. — Cette prophétie est plus vieille que la meute du Nord, plus vieille que la plupart des meutes actuelles, dit-il. Elle remonte aux temps anciens, quand les dieux marchaient encore parmi nous, quand la Lune et les Ténèbres étaient sœurs. — Sœurs ? La Déesse de la Lune et la Déesse Sombre étaient sœurs ? — Oui. Avant la jalousie, avant la trahison, avant la guerre. Elles régnaient ensemble sur le monde, l'une apportant la lumière, l'autre les ombres. Mais la Déesse Sombre est devenue avide, jalouse du pouvoir de sa sœur. Elle a voulu plonger le monde dans une nuit éternelle, pour régner seule, sans partage. — Que s'est-il passé ? — La Déesse
Arya Les semaines qui suivent sont les plus paisibles de mon existence. Jamais je n'aurais imaginé pouvoir vivre ainsi. Sans corvées, sans coups, sans humiliations quotidiennes. Sans craindre chaque ombre, chaque bruit, chaque regard. Sans avoir faim, sans avoir froid, sans avoir peur. Soren prend soin de moi comme un père prend soin de sa fille retrouvée après une longue absence. Il prépare mes repas avec des plantes et des gibiers qu'il chasse dans la forêt. Il change mes pansements, nettoie mes blessures, veille sur mon sommeil. Il me raconte des histoires du temps passé, de ses années d'Alpha, de mes parents quand ils étaient jeunes et amoureux. — Ta mère avait un rire magnifique, me dit-il un soir, alors que nous sommes assis près du feu. Un rire qui résonnait dans toute la maison, qui faisait tourner les têtes, qui rendait les gens heureux rien qu'à l'entendre. Et ton père... ton pè
Mes doigts tremblent en soulevant le couvercle. À l'intérieur, sur un lit de velours usé par le temps, repose une pierre. Une pierre veinée d'argent, lisse et froide, qui émet une lueur pâle dans la pénombre. Exactement comme la mienne. Exactement comme celle que ma mère m'a glissée dans la main avant de mourir. — La Pierre de Lune, dit Soren. Une relique sacrée, transmise dans ta famille depuis des générations. Ta mère m'a confié celle-ci avant d'être arrêtée. Elle savait qu'elle allait mourir, et elle voulait que la pierre soit en sécurité jusqu'à ce que sa fille vienne la chercher. Je sors ma propre pierre de ma poche, celle qui ne m'a jamais quittée depuis dix ans. Je la compare à celle du coffret. Elles sont identiques. Mêmes veines argentées, même lueur intérieure, même chaleur au creux de la main. Deux sœurs de pierre, réunies après une décennie de séparation. — Il y en a deux ? —
Il s'interrompt, cherchant ses mots. Ses yeux dorés brillent d'une émotion qu'il ne cherche pas à cacher. — Tu es la personne que j'attendais depuis vingt-cinq ans, reprend-il. Sans le savoir, sans le comprendre. La fille de mon amie la plus chère. La preuve que tout n'est pas perdu. Il se lève brusquement, comme s'il en avait trop dit, et va chercher une écuelle en bois près du feu. Il revient avec un bouillon fumant, odorant, qui me fait saliver rien qu'à le sentir. Des herbes flottent à la surface, des morceaux de viande tendre, des légumes racines qui ont mijoté pendant des heures. — Bois, dit-il en m'aidant à me redresser, calant des fourrures derrière mon dos pour me soutenir. C'est un bouillon de lièvre et d'herbes médicinales. Cela te redonnera des forces, et cela ne risque pas de te rendre malade après un si long jeûne. Je bois à petites gorgées, savourant chaque goutte de ce nectar. C'est la première nourriture digne de ce nom que j'avale depuis des semaines. La chaleur







