Ses yeux gris, si souvent froids ou absents, s'animent. Ils pétillent, ils brillent, ils dansent. Ses lèvres esquissent une courbe qui transforme tout son visage, qui efface la fatigue et les soucis, qui le fait paraître plus jeune de dix ans. Il ressemble à l'adolescent des carnets de croquis, celui qui souriait devant la Victoire de Samothrace, celui qui croyait encore que la vie pouvait être belle.Mes jambes se mettent à trembler. Je m'appuie contre le mur du couloir, les mains plaquées sur la tapisserie pour ne pas tomber. Je savais qu'il aimait Victoria. Il me l'a dit, il me l'a répété, il me l'a prouvé par chacun de ses actes, chacun de ses silences. Mais le savoir et le voir, c'est deux choses différentes.Le savoir, c'est abstrait. C'est une phrase dans une conversation, un aveu dans un jardin d'hiver, une absence dans un baiser. Le voir, c'est concret. C'est ce sou
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