Ils restèrent ainsi, enlacés, à se dire « papa » et à pleurer. Moi, je les regardais, le cœur débordant.– Tu es jalouse ? demanda Julien.– Non.– Il n’a pas dit « maman ».– Il le dira.– Bientôt ?– Quand il sera prêt.– Tu patientes ?– Je patiente.– Tu es une bonne mère.– Tu es un bon père.– On a de la chance.– On a du mérite.– C’est la même chose.– Non. C’est différent.Il rit. Je ris.Le soir, Louis dit « maman ». J’étais en train de le border. Il me regarda, ses grands yeux noisette, et il dit : « Maman. » Je pleurai. Julien pleura. Élodie, qui nous regardait de la porte, dit : « Louis parle. Louis est grand. » Elle avait raison.***Les années passèrent. Élodie grandit, Louis aussi. La maison était pleine de leurs rires, de leurs pleurs, de leurs disputes. Julien travaillait moins, pour être plus avec eux. Moi, j’écrivais, je donnais des cours de danse, je m’occupais de la fondation. La vie était simple. La vie était pleine.Le matin, je me levais la première. Je prépar
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