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Chapitre 8 : La chaleur d'été

ผู้เขียน: Déesse
last update วันที่เผยแพร่: 2026-07-28 18:23:46

Camille

L'air est immobile. Pas un souffle, pas un frémissement. Les feuilles du grand tilleul pendent, molles, écrasées par un soleil de plomb qui transforme le jardin en fournaise. L'ombre elle-même est chaude, épaisse, moite. Ma robe en coton léger me colle à la peau, l'ourlet remonte sur mes cuisses nues, et le livre que j'ai emporté repose ouvert sur mes genoux sans que j'en aie lu une seule ligne. Je ne peux pas. Mes yeux refusent d'obéir. Ils glissent, ils dévient, ils retournent toujours vers lui.

Vincent est torse nu au fond du jardin, près de la terrasse fracassée par l'orage du mois dernier. Il reconstruit la pergola, pièce par pièce, avec cette patience méthodique qui caractérise chacun de ses gestes. Le bois crisse sous la scie, des échardes volent dans la lumière éclatante, et la sueur ruisselle sur sa peau comme de l'huile sur du bronze. Ses épaules sont larges, épaisses, striées de muscles qui se déploient et se contractent au rythme du travail. Je vois chaque détail avec une précision chirurgicale, comme si le monde s'était réduit à ce seul corps en mouvement. Les omoplates qui saillent lorsqu'il soulève une poutre. La colonne vertébrale creusée en un sillon profond où la sueur s'accumule avant de déborder et de couler lentement jusqu'à la ceinture de son jean. Le jean est vieux, délavé, taché de peinture et de sciure. Il descend dangereusement bas sur ses hanches étroites, dévoilant la naissance de ses reins, cette ligne oblique qui pointe vers l'avant, vers ce que je n'ose pas nommer mais que je ne peux pas m'empêcher d'imaginer.

Je suis malade. Je suis possédée. Je suis en train de me consumer de l'intérieur pour un homme qui ne me touchera jamais.

Mon ventre se serre. Une crampe chaude, liquide, qui pulse au creux de mes cuisses. Je les presse l'une contre l'autre, discrètement, cherchant une pression qui ne fait qu'attiser le feu. C'est plus fort que moi. C'est animal, primitif, totalement étranger à la raison. Cet homme est mon beau-frère. Le veuf de ma sœur. Le père de ma nièce de trois ans que je suis venue aider après le drame. Il m'a ouvert sa maison, il me fait confiance, il compte sur moi pour veiller sur sa famille brisée, pour être une présence féminine rassurante dans cette maison endeuillée. Et moi, assise à l'ombre comme une petite fille sage, je le dévore des yeux, je bave sur son corps comme une chatte en chaleur. L'image est crue. Elle est exacte. Ma culotte est déjà trempée, la dentelle détrempée colle à mes lèvres intimes comme une seconde peau. Je peux sentir mon propre parfum qui monte, musqué, animal, et je prie pour que le vent ne le porte pas jusqu'à lui. Je suis en train de me noyer dans mon propre désir, dans la culpabilité de désirer l'homme qui aimait ma sœur, et lui, là-bas, il continue de scier son bois comme si de rien n'était.

Je repense à la semaine dernière. Au canapé. À sa main sur ma cuisse. À ses mots : « Regarde ce que je ne te donnerai jamais. » À Ludivine qui a tout vu. Depuis ce jour, quelque chose s'est brisé en moi. Ou peut-être s'est libéré. Je n'essaie même plus de lutter. Je me suis abandonnée à ce désir impossible, à cette frustration permanente, à cette humiliation délicieuse d'être la belle-sœur qu'il ne baisera jamais mais qu'il fait jouir en pensée.

Il s'arrête un instant, s'étire, les bras levés vers le ciel. Les muscles de son dos se déploient comme des ailes, ses abdominaux saillent sous la peau luisante de sueur, et la ligne sombre de poils qui descend de son nombril jusqu'à la ceinture de son jean se tend vers le bas comme une invitation obscène. Un trait d'encre qui pointe vers l'interdit. Je fixe cette ligne. Je la grave dans ma mémoire. Dans ma tête, une image s'impose, fulgurante, interdite, plus précise que toutes les précédentes.

Je suis à genoux devant lui, dans l'herbe brûlante, les genoux écorchés par le chaume sec. Mes doigts défont son jean avec une lenteur délibérée, je descends la fermeture Éclair, le tissu rêche glisse sur ses cuisses. Sa queue est là, énorme, dressée, le gland violet et gonflé qui pulse dans ma main. Je passe ma langue sur cette ligne de poils sombres, je goûte le sel de sa transpiration mêlé au musc de son désir. Je descends plus bas, ma bouche s'ouvre, j'avale son sexe tout entier, je le sens durcir encore contre mon palais, je l'entends grogner, ses mains dans mes cheveux, ses hanches qui poussent en avant pour s'enfoncer plus profond dans ma gorge. Il me prend par les cheveux, il me baise la bouche, il utilise ma gorge comme si j'étais un objet, un réceptacle, une chose à lui. Et j'aime ça. J'adore ça. Je suis sa chose, sa pute, sa salope, et il jouit dans ma bouche, un flot de sperme chaud et épais que je déglutis goulûment, sans en perdre une goutte. Je lève les yeux vers lui, fière de moi, et il pose sa main sur ma tête. « Bien, ma chienne. Très bien. »

La réalité me rattrape comme une gifle. Il se retourne. D'un coup. Sans prévenir.

Ses yeux gris me transpercent à travers la pelouse, à travers l'ombre du tilleul, à travers le livre que je fais semblant de lire. Il m'a vue. Depuis combien de temps sait-il que je l'observe ? Depuis combien de temps me laisse-t-il faire, exhibant son corps comme on expose un appât ? Sait-il que j'étais en train de fantasmer sur lui, de m'imaginer en train de le sucer comme une putain, à genoux dans l'herbe ? La honte me brûle les joues, descend dans mon cou, embrase ma poitrine. Je devrais détourner le regard, faire semblant, me replonger dans ma lecture inexistante. Mais je ne peux pas. Son regard me cloue sur place, me paralyse, me transforme en statue de sel et de désir. Il ne cille pas. Il attend. Et puis, sans un mot, il lève la main et me fait signe d'approcher. Un geste lent, impérieux, qui n'admet aucune discussion.

— Viens ici.

Sa voix traverse l'air brûlant comme une lame. Grave, calme, autoritaire. Elle ne porte pas, elle n'a pas besoin de porter. Elle est une extension de sa volonté, et cette volonté m'atteint directement au ventre. Mon corps se lève avant ma volonté. Mes jambes flageolent, mes pieds nus foulent l'herbe sèche et piquante. Chaque pas me rapproche de lui, de sa chaleur, de son odeur de bois coupé et de transpiration virile. Plus j'avance, plus je sens sa présence m'envelopper, m'aspirer, me dévorer. Quand j'arrive à sa hauteur, je lève les yeux vers lui. Il me domine de toute sa hauteur, masse de muscles et d'autorité, et je me sens minuscule, fragile, totalement à sa merci. Je pourrais disparaître dans son ombre. Ma culotte est une catastrophe, je sens la mouille qui coule le long de mes cuisses, et je me demande s'il le voit, s'il le sent. Mon Dieu, faites qu'il ne voie rien. Mais en même temps, je voudrais qu'il voie. Je voudrais qu'il sache à quel point je suis trempée pour lui, à quel point je suis prête, offerte, suppliante.

Il se penche, ramasse une serviette en coton rêche qui traîne sur le tas de planches, et me la tend.

— Essuie-moi.

Un ordre. Pas une demande. Pas une prière. Un ordre sec, précis, qui ne laisse aucune échappatoire. Ma main tremble quand je saisis le tissu. Le coton est épais, rugueux contre ma paume moite. Je lève les yeux vers lui, cherchant une indication, un sourire, quelque chose qui ressemblerait à de la tendresse ou de la complicité. Mais il n'y a rien. Son visage est impassible, ses mâchoires serrées, ses yeux gris fixés sur moi avec une intensité brûlante. Il n'est pas seulement le mari de ma sœur décédée. Il est un homme. Un homme qui regarde une femme. Et cette femme, c'est moi. Une femme qu'il ne touchera jamais, mais qu'il peut faire ramper rien qu'avec un regard. Et cette idée, au lieu de me révolter, m'excite au-delà de toute raison.

Je commence par son épaule droite. La serviette absorbe la sueur, glisse sur le deltoïde dur comme du marbre taillé. Mes doigts tremblent, ma respiration s'accélère, mes seins se soulèvent contre le coton léger de ma robe. Je sens mes tétons pointer, durcir, et je sais qu'il les voit à travers le tissu. J'effleure à peine, je tamponne, j'ose à peine appuyer. Mais sous mes doigts, sa peau est brûlante, vivante, parcourue de frissons imperceptibles. Dans mon esprit, je laisse tomber la serviette. Je pose mes lèvres sur son épaule. Je goûte le sel de sa peau, je descends, je suis du bout de la langue la courbe de son pectoral jusqu'à son téton plat et brun. Je le prends dans ma bouche, je le suce jusqu'à ce qu'il durcisse entre mes lèvres, j'entends son gémissement sourd, ses doigts qui s'enfoncent dans mes cheveux.

— Plus bas.

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